MONTRÉAL – Dans la fleur de l’âge, parmi l’élite à sa position, Pier-Olivier Lestage aurait suscité un grand intérêt sur le marché de l’autonomie, mais il a préféré la stabilité et le potentiel des Alouettes de Montréal.
En obtenant un pacte de trois saisons – une rareté dans la LCF – le tour était joué pour Lestage.
« Je voulais cette durée, c’est sûr. C’est important pour moi d’avoir un peu la paix d’esprit, de ne pas négocier un contrat chaque saison », a admis le garde à gauche de 28 ans.
« Est-ce que j’ai laissé de l’argent sur la table ? Je voulais jouer pour les Alouettes, je ne me voyais pas vraiment jouer pour une autre organisation. D’aller voir ce qui était à ma portée sur le marché, ce n’était pas vraiment une option. Je suis content d’avoir obtenu ce contrat et je ne me compare pas trop les autres », a répondu Lestage.
Quelques minutes plus tôt, on avait posé la même question au directeur général Danny Maciocia.
« Je ne sais pas s’il a laissé de l’argent sur la table, mais il est bien payé pour sa position. On le respecte énormément et c’est un contrat qu’il mérite. On est à l’aise avec ce contrat », a précisé Maciocia.
Selon les montants de la saison 2025, Lestage était déjà dans le top-15 des athlètes les mieux rémunérés de la ligne offensive dans le circuit canadien. Avec l’augmentation obtenue, il devrait dépasser le plateau de 200 000$ annuellement.
D’ailleurs, la pression a augmenté autour de la LCF pour que les salaires des joueurs soient divulgués. Lestage ne serait pas contre cette idée qui a permis aux athlètes d’améliorer leurs conditions dans les sports majeurs.
« Que les gens connaissent mon salaire, ça ne me dérangerait pas. J’ai grandi avec ça via la NFL et la LNH. Ça pourrait être bon pour les joueurs », a noté Lestage en réponse à notre curiosité.
Le retour de Lestage était une priorité pour l’état-major des Alouettes.
« Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point P-O est important pour nous. C’est l’un de nos meneurs, en attaque, et en particulier sur la ligne offensive. Il a démontré un engagement envers nous et on voulait lui témoigner la même confiance », a indiqué le DG montréalais.
Les coéquipiers de Lestage ne pouvaient guère imaginer un scénario qui impliquait de le laisser quitter le nid.
« C’était une évidence de le garder, il est dominant. Il représente notre culture, c’est un Alouette. C’est un véritable professionnel », a exposé l’ailier défensif Isaac Adeyemi-Berglund.
De son propre aveu, Lestage n’est pas celui qui s’exprime le plus dans le vestiaire montréalais. Cela dit, il prêche d’abord par l’exemple. Même si cet exemple implique de jouer à la frontière de l’esprit sportif.
« Il est tellement gentil à l’extérieur du terrain, mais il est un autre personnage sur le terrain. On l’adore ce personnage. Je fais souvent des blagues avec lui. Je ne veux pas qu’il traverse cette ligne, mais je veux qu’il soit très proche », a admis son patron qui a aussi été son entraîneur chez les Carabins de l’Université de Montréal.
Ce cadre ravit Lestage et encore plus le contexte des Alouettes.
« Depuis l’arrivée de Jason Maas (l’entraîneur-chef), on voit vraiment qu’il y a quelque chose de spécial qui se passe chez les Alouettes. Les pièces du casse-tête sont présentes. C’est intéressant de pouvoir jouer pour les Alouettes en tant que Québécois, mais ce l’est encore plus quand l’équipe est compétitive », a ciblé Lestage qui ne joue pas au football pour les statistiques personnelles.
À ce sujet, il sait déjà que la motivation de 2026 sera axée autour de la défaite à la coupe Grey.
« Ça fait mal, ça fait de la peine de perdre le match ultime, mais ça fait partie du football d’apprendre à perdre et travailler pour la prochaine saison. Il faut garder conserver ce souvenir en tête, ce sera utile quand ça se présentera. J’ai envie d’inscrire mon nom sur la coupe Grey, c’est certain. C’est ma motivation », a cerné Lestage qui était blessé pour le match ultime de 2023.
Philpot, la grande priorité des Alouettes
Puisque le court terme prône dans la LCF, Maciocia sera encore très occupé dans les prochaines semaines.
Son autre dossier majeur se nomme Tyson Philpot.
« On négocie, j’ai échangé avec son agent, mais je n’ai pas de nouvelle à partager. C’est un autre dossier très important pour nous et il y en a d’autres. On a identifié nos priorités et on va se concentrer d’abord sur ces dossiers en sachant que ça peut signifier que d’autres joueurs ne seront malheureusement pas de l’édition 2026 des Alouettes car il y a un plafond à respecter », a réagi Maciocia.
Le directeur général a cité Philpot, Tyrell Richards, Charleston Rambo et « quelques joueurs » parmi les noms au sommet de sa pile. Le maraudeur Marc-Antoine Dequoy se retrouve probablement dans cette suite et on peut aussi penser à Alexandre Gagné, le spécialiste des unités spéciales.
Difficile de prédire si le secondeur Darnell Sankey sera de retour à Montréal.
Maciocia l’a répété, il veut conclure la plupart des contrats avant les Fêtes puisque le mois de janvier est consacré à du voyagement de recrutement au Texas, en Floride et en Californie. Il s’agit d’un moment propice pour dénicher des candidatures intéressantes avant l’ouverture de l’autonomie dans la LCF en février.
Durant cette saison morte, personne n’a fait de cachette chez les Alouettes. Le but sera de trouver un solide réserviste pour le quart-arrière Davis Alexander. Reste à voir s’il évolue déjà dans la LCF ou s’il arrivera d’une équipe américaine.






