MONTRÉAL – Durant une saison de 18 matchs, c’est pénible de ronger son frein sur la liste des blessés pendant six parties. Ce sort est arrivé à plus d’une douzaine de joueurs des Alouettes en 2026.
On ne parle pas de joueurs de soutien, mais plutôt de nombreuses pièces importantes comme Stevie Scott, Travis Theis, Micah Awe, Devonte Dedmon, Cole Spieker, Jerreth Sterns, Kabion Ento, David Dallaire et Justin Lawrence.
La première bonne nouvelle, c’est que le quart-arrière Davis Alexander a su éviter cette galère cette saison.
La suivante, c’est que plusieurs joueurs ont été en mesure de quitter cette liste à l’aube des éliminatoires. C’est le cas de Louis-Philippe Bourassa, le spécialiste des longues remises, qui a renoué avec l’action la semaine dernière pendant le duel en Saskatchewan.
« C’est sûr que tu te sens revivre. C’était la première fois de ma carrière que j’étais à l’écart aussi longtemps. J’ai travaillé fort et j’aurais pu revenir plus tôt, mais dans notre situation, les dirigeants n’ont pas voulu pousser la note et j’ai pu revenir de manière adéquate », a décrit Bourassa avec son grand sourire.
Pour un athlète de 34 ans comme lui, qui a parcouru la majorité de sa carrière, cette longue attente jouait inévitablement dans sa tête.
« Oh oui, parce que t’as juste ça à faire attendre et penser. C’est frustrant, c’est sûr. Au début, tu es juste fâché après tout. Ensuite, tu n’as pas le choix d’y aller au rythme que tes choses guérissent. C’était assurément un défi au niveau mental. »
— Louis-Philippe Bourassa
Bourassa a composé avec ce contexte comme un professionnel. « Je passais littéralement mes journées au Stade olympique », a précisé le Québécois qui ne voulait pas négliger les traitements et les séances en gymnase.
Ce qui a fini par alléger le moral de Bourassa, c’est que sa saison n’était pas bousillée. Il disposait de suffisamment de temps pour reprendre son poste et il ne devait pas renoncer aux éliminatoires et la possibilité de se rendre à la coupe Grey.
« Je me disais que j’avais au moins un but, la motivation était là. Si ma saison avait été finie, ça aurait été différent peut-être. Mais là, au moins, c’était une grosse motivation et j’ai attaqué le tout de cette façon », a exposé Bourassa qui évolue dans la LCF depuis 10 ans.
Pendant qu’il était sur la touche, son ami Alexandre Gagné a assumé la relève pour les longues remises. Évidemment, le retour de Bourassa a permis de replacer Gagné à sa position habituelle.
Remonter dans le temps grâce à Ward
Pour le dernier match de la saison régulière, les Alouettes ont accordé un contrat au vétéran botteur Lewis Ward. Jose Maltos-Diaz a été opéré au bras gauche mardi et il devrait pouvoir disputer la finale de l’Est, le 7 novembre.
En attendant, Ward agira comme police d’assurance. Bourassa et lui ont été coéquipiers de 2018 à 2022 avec le Rouge et Noir d’Ottawa.
« On sait ce qu’il a fait, il a réussi 69 placements consécutifs étalés sur un an et demi. Il a battu tous les records. Il est aussi un coéquipier incroyable. Quand on est arrivés sur le terrain tantôt, on s’est regardés en se disant ‘Regarde ce qui se passe, on est réunis de nouveau’. Je suis bien content qu’il soit ici pour nous dépanner », a confié Bourassa.