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Une décennie précieuse dans la LCF pour Bourassa

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MONTRÉAL – « Nos coéquipiers nous appellent les deux vieux oncles parce que ça fait 10 ans qu’on joue et qu’on est tout le temps ensemble. » Retour en plusieurs thèmes sur la décennie vécue par Louis-Philippe Bourassa dans la LCF.

Plus belle relation développée avec un coéquipier

« Il y en a plusieurs, mais je pense à Fred Chagnon. On a joué tout notre parcours universitaire ensemble et on a été repêchés la même année. Il a passé un an avec moi à Ottawa et on a eu la chance de jouer deux ans ensemble ici. On est des chums en dehors du terrain. Il y a Alexandre Gagné aussi, on est rendu vraiment super proches. Ce sont deux excellentes relations qui vont transcender le foot, c’est certain », a décrit Bourassa alors que Gagné est l’autre « vieil oncle » des Alouettes.

En quoi la coupe Grey a été spéciale pour toi

« Je t’en parle et j’ai des frissons parce que je revenais à la maison avec du monde comme Danny Maciocia (le directeur général) qui était mon entraîneur-chef à l’Université de Montréal où j’avais joué avec Régis (Cibasu) et Fred Chagnon. Tout ça après des années de misère à Ottawa. Puis ma mère, ma blonde et mon frère étaient au match à Hamilton. Je vais tout le temps m’en souvenir. J’ai une photo sur laquelle j’enlace tout le monde. Elle restera accrochée à mon mur jusqu’à la fin de ma vie. C’est vraiment le plus beau moment de les voir courir vers moi sur le terrain. J’ai des émotions en masse parce que c’est pour eux que je le fais. »

Histoire spéciale avec un entraîneur

« Byron (Archambault, coordonnateur des unités spéciales et adjoint à l’entraîneur-chef) et moi, on a joué ensemble (avec les Carabins de l’Université de Montréal) et on était des chums. Puis là, on a dû s’apprivoiser en tant qu’entraîneur et joueur. La première année, c’était un peu bizarre. On s’est ajustés de la bonne façon, mais c’était spécial au début, on ne pouvait pas être trop amis. On a un peu métamorphosé cette relation pour le bien de la cause. »

La période la plus difficile

« C’est sûr que les deux dernières années ont été vraiment difficiles avec les blessures (notamment des hernies discales au dos). Ce n’était pas super drôle, je ne tenais pas par grand-chose. Rendu là, ce n’était quasiment pas le fun de jouer au football parce que tu as tellement mal. Cette année, on va toucher du bois, ça va nettement mieux. Je suis content d’avoir surmonté ça. »

Le plus gros défi surmonté

« J’ai passé six ans à Ottawa. Tout devient conditionné donc tu dois t’ajuster. Il faut rebrancher les fils de façon différente pour cadrer avec les schémas et la culture des Alouettes qui est l’une des meilleures de toute ma carrière. Heureusement, j’avais quelques repères parce que j’avais déjà joué avec plusieurs gars et je connaissais plusieurs Québécois. »

Ton plus beau jeu

« C’est un peu ironique. Le moins qu’on entend parler de moi, mieux c’est. Je dirais donc tous les placements gagnants qu’on a réussis. Comme celui en finale de l’Est (à Hamilton) l’an dernier. Quand j’ai pu contribuer à un jeu qui fait gagner un match, c’est ma satisfaction personnelle. Ce placement a envoyé notre équipe à la coupe Grey. Même si je n’ai pas vraiment de statistiques à ma fiche, le ballon part entre mes mains. »

La fois que tu as mal paru sur le terrain

« En 10 ans, c’est sûr que c’est arrivé quelques fois. Mon travail, c’est de snapper le ballon, mais aussi de bloquer le front adverse. Quand un adversaire réussit un bon départ et que tu manges quelqu’un en-dessous du menton et que tu tombes sur le dos, ce sont des moments moins glorieux. »

Un souvenir mémorable tôt en carrière

« Je dirais mon premier match. Tu arrives au camp et tu essaies de faire ta place. C’était dans les bonnes années d’Ottawa devant une salle comble au TD Place, c’était quand même impressionnant. J’ai obtenu le poste de partant au deuxième match. Tu te dis ‘OK, c’est ça, on est là’. Tu regardes ça, quasiment 150 matchs et 10 ans plus tard, et je suis encore là. »

Un autre souvenir précieux avec ta famille

« J’étais chanceux de jouer aussi proche, à Ottawa, mais c’est sûr que tout le monde était vraiment content que je revienne au Québec avec les Alouettes. Pour ma mère, ça lui fait deux fois moins de route parce qu’elle est présente à tous les matchs et je lui dois tout. Je deviens un peu émotif parce que c’est plus simple pour elle. J’ai de la famille aussi à Montréal qui n’avait pas pu venir me voir jouer à Ottawa. D’être avec les Alouettes, ça m’a redonné un deuxième souffle en ayant ce support comme mes chums de Trois-Rivières et Shawinigan. Ça m’a redonné le goût de jouer au football parce que les dernières années à Ottawa avaient été difficiles. »

Louis-Philippe Bourassa Le spécialiste des longues remises des Alouettes de Montréal, Louis-Philippe Bourassa, entouré de ses proches. (Louis-Philippe Bourassa)