MONTRÉAL – On peut vous promettre que Davis Alexander et le Québécois Mathieu Betts ne sont pas allés souper ensemble après la victoire, difficilement acquise, des Alouettes de Montréal contre les Lions de la Colombie-Britannique.
Même si un grand pays, ou presque, sépare Montréal de Vancouver, il y a une puissante rivalité qui s’est installée entre les Alouettes et les Lions. Ça promet pour le duel retour, samedi prochain, en Colombie-Britannique.
L’exemple le plus probant de cette tension a été la confrontation, physique et verbale, qui s’est déployée entre Alexander et Betts.
Après la partie, quand on a lancé à Alexander qu’il n’y avait pas d’amour entre lui et Betts, le quart des Alouettes s’est imposé la loi du silence.
« Je n’ai rien à dire, désolé », a simplement réagi Alexander pour éviter de regretter ses paroles puisque l’adrénaline l’habitait encore.
Cette relation tendue avec les Lions n’a rien à voir avec la distance. Elle s’explique d’abord par le fait que les Alouettes ont trop souvent peiné à les vaincre. D’ailleurs, Jason Maas n’avait jamais battu les Lions depuis qu’il a pris les rênes du club en décembre 2022.
« C’était une dure bataille… », a d’emblée reconnu l’entraîneur-chef des Alouettes au terme de la victoire (37-30) des siens.
La résilience des Alouettes a été testée à tous les points de vue. L’équipe ne voulait pas tomber dans l’indiscipline, mais elle devait surtout renverser la vapeur au tableau indicateur.
« Peu importe le pointage, on voit la force de notre équipe, on a toujours la chance de revenir dans la partie », a rappelé Geoffrey Cantin-Arku après le premier gain en sept matchs face aux Lions.
« On en devait une aux Lions. On va les retrouver la semaine prochaine donc on devait laisser une bonne image pour qu’ils soient prêts à nous recevoir », a ajouté Cantin-Arku avec un sourire en coin.
En plus d’obtenir leur 10e victoire de la saison, les Alouettes ont accédé aux éliminatoires de manière hâtive. Tout ça est bien beau, mais la troupe de Maas s’est assurée de penser au prochain choc contre le clan de Nathan Rourke.
« Ce sera très exigeant, deux matchs de suite contre eux, traverser le pays et ils seront contents de retrouver leurs partisans. Mais c’est un beau défi surtout que la Coupe Grey est présentée dans l’ouest cette année. Tu veux affronter les meilleurs, on grandit de ça », a retenu Isaac Adeyemi-Berglund qui a excellé dans cet affrontement.
« Notre match n’était pas parfait, mais l’adversité dévoile notre caractère », a-t-il noté au passage.
Quand ça se corse, les Alouettes ont toujours pu compter sur Tyler Snead même s’il est l’un des plus petits joueurs sur le terrain.
« Je le dis depuis plusieurs années, Snead est le meilleur de la LCF. Il est tellement dynamique, il réussit de gros jeux tous les jours à l’entraînement », a vanté Adeyemi-Berglund.
Si la tension régnait jusqu’au sifflet final, on a pu constater, de nouveau le grand respect des joueurs des Alouettes envers leur ancien coéquipier Darnell Sankey qui a effectué neuf plaqués pendant ce duel.
Cantin-Arku, Davis Alexander et une tonne d’autres joueurs des Alouettes sont allés le saluer chaleureusement. Sankey a contribué à bâtir la culture gagnante chez les Alouettes et elle continue de se transmettre.
On a pu l’entendre dans les propos de Cantin-Arku qui a accompagné son ami Tyrice Beverette jusque dans la zone des buts quand il a réussi son interception déterminante.
« Il est comme mon frère, je l’aime d’amour. Quand il fait un jeu, c’est comme si je le faisais moi aussi », a conclu Cantin-Arku avec joie.




