MONTRÉAL – Une semaine avant d’égaler un record de la LCF avec un match de sept plaqués sur les unités spéciales, en juin 2025, Alexandre Gagné avait songé accrocher ses crampons. Voici un retour en 10 questions/anecdotes sur les 10 ans de carrière de ce pilier des Alouettes de Montréal.
La fois que tu as mal paru sur le terrain
Il y a un peu plus d’un an, en mai, les Alouettes ont affronté le Rouge et Noir d’Ottawa dans un match préparatoire et Gagné n’a pas joué à la hauteur de ses standards.
« Ça faisait deux plaqués que je manquais dont un qui était assez flagrant. En revenant en auto avec ma femme, je me suis dit ‘Peut-être que je ne l’ai plus, je viens peut-être de vivre le moment que les professionnels réalisent que ça va trop vite pour eux’. J’ai eu cette discussion avec ma femme et, le match suivant, j’ai égalé le record. Ç’a ramené les pendules à l’heure », a confié Gagné qui a justement réussi une longue carrière en étant exigeant envers lui-même.
Le plus beau jeu de ta carrière
« J’aurais aimé te dire mon touché », a réagi Gagné qui a récemment failli marquer le premier de sa carrière, le 12 juin, après le botté bloqué par son coéquipier Micah Awe. Donc je dois y aller plutôt avec ce match de sept plaqués. C’était un beau moment où tout fonctionnait. »
Une anecdote amusante ou particulière : la Terre est plate?
On entend souvent que, dans une équipe de football, avec plus de 50 joueurs et de nombreux entraîneurs, les personnalités et les croyances varient énormément.
« En 2017, avec les Roughriders de la Saskatchewan, je vivais mes premiers moments dans un vestiaire professionnel. Il y avait Duron Carter, qu’on connaît bien à Montréal, qui s’obstinait à dire que la terre est plate. Ç’a été une longue conversation, pas avec moi, mais que je m’amusais à écouter. Je me disais ‘C’est là que ça se passe, on est rendu là’. Au fil des ans, il y a eu plein de moments, mais c’en est un qui m’a marqué. Quand je suis revenu à la maison, j’ai dit à mes chums ‘Vous ne savez pas que j’ai vécu…’ »
Une histoire spéciale avec un entraîneur : apprendre à aimer Byron Archambault
« Ce serait ma relation avec Byron (Archambault, coordonnateur des unités spéciales et adjoint à l’entraîneur-chef) qui a beaucoup évolué à travers les années. On a joué contre pendant trois ou quatre ans au niveau universitaire. On ne s’aimait pas. On reconnaissait le travail de l’autre, mais on ne s’appréciait pas en tant que joueur. Il y a eu de belles grosses confrontations. Maintenant, je suis prêt à dire que notre amitié va perdurer après le football parce que je le respecte énormément. »
Plus belle relation avec un coéquipier
« C’est avec mes cochambreurs à travers les années. J’ai été trois ans à Saskatchewan avec Alexandre Chevrier et on a joué ensemble à l’université. Il y a eu Frédéric Chagnon pendant quelques années et Louis-Philippe Bourassa depuis deux ans. Ce sont de belles relations que tu construis, on a nos petites routines et ça crée de beaux souvenirs. J’ai été chanceux, tous des gars assez tranquilles qui ne ronflent pas. »
Le plus gros défi surmonté
« Quand j’ai changé d’équipe, tu dois regagner la confiance d’une organisation. J’avais établi quelque chose de solide en Saskatchewan avec les entraîneurs, la haute direction et mon entourage. Tu dois être capable de bien jouer dans une équipe différente, un contexte différent, une philosophie différente… »
Un moment mémorable tôt dans ta carrière
« C’est la première fois que je suis arrivé en Saskatchewan. J’avais fait le camp d’entraînement là-bas, mais on m’avait retourné à la maison en me disant que je reviendrais avec l’équipe après le premier match de la saison qui avait lieu à Montréal. Je suis embarqué dans l’avion, on est arrivés vers 5 h du matin. Tu te réveilles, mais tu ne sais pas trop où tu es. T’as 25 ans, mais tu te sens comme un petit garçon, c’est le sentiment que ça commence pour vrai. »
En quoi la Coupe Grey a été spéciale pour toi
« Ma femme, mes enfants, ma mère, mon père et mes frères étaient là. Tout comme des amis qui avaient fait le voyage. J’ai joué avec eux au Cégep. On en a parcouru des hauts, des bas, des questionnements. Tu penses au nombre d’années pour vivre ce moment-là. Ça exige beaucoup d’efforts, beaucoup de temps en auto, beaucoup de questionnements, beaucoup de sacrifices au niveau de la famille. Ça fait remonter l’émotion de te dire que c’est pour ça que tu le fais. C’est bien le fun d’avoir gagné, mais on a gagné ensemble. »
Le moment le plus difficile
« Le questionnement après la défaite à la coupe Grey l’an passé, mais encore plus après la finale de l’Est (en 2024) à Montréal qui a touché une corde sensible de le perdre à la maison et en commettant des revirements ce qui est à l’encontre de notre identité. Ça m’a pris du temps à d’en remettre. Je n’ai jamais réécouté la partie non plus. C’est venu chercher le petit gars en moi, comme si on m’avait enlevé mon moment. Je croyais qu’on allait gagner un deuxième titre de suite. »
Un autre souvenir précieux avec ta famille
« J’ai la chance que ma famille vienne à tous les matchs. Ma femme, mes gars, ma mère, ils sont contents de me voir. Parfois, c’est chaotique un peu, il y a beaucoup de partisans, je ne passe pas énormément de temps avec eux. Mais juste notre marche du stade vers l’auto - on prend le temps de se déposer - c’est vraiment un beau moment et j’espère que mes gars vont s’en souvenir. »




