MONTRÉAL – Plus de peur que de mal à propos de Davis Alexander qui avait brièvement retraité au vestiaire pendant le dernier match des Alouettes de Montréal. Si Alexander pouvait éviter les blessures pendant quelques années, on peine à imaginer l’ampleur de ce qu’il pourrait accomplir.
Avant d’extrapoler sur son potentiel, précisons qu’Alexander a effectué toutes les répétitions avec la première unité, mercredi. Parfois, il a choisi de ne pas courir inutilement, mais il a procédé à quelques sprints.
« Je n’ai pas eu peur, ce n’était pas comme les blessures précédentes. C’était plutôt que j’ai ressenti de la raideur », a assuré Alexander.
Tout de même, mercredi, l’entraîneur-chef Jason Maas a été très clair à ce sujet : les Alouettes se limitent dans la sélection des jeux puisqu’Alexander n’est pas rétabli à 100%.
Ça devient donc difficile de ne pas songer à ce qu’il pourrait accomplir sans cette contrainte. Pourquoi ? Parce qu’Alexander a franchi le plateau des 300 verges aériennes dans ses cinq départs en 2026 et ce, avec un cahier de jeux prudent. Le but demeure de limiter ses courses à haute intensité étant donné que la crainte d’une récidive persiste.
« On a été prudents depuis le début de la saison et ça ne changera pas. Davis a été très intelligent dans sa gestion et sa manière de jouer. Il a été très bon pour jouer dans les limites de ce qu’il peut faire. Ce n’est pas son premier rodéo, ça dure depuis deux ans. Plus il aura de l’expérience à jouer ainsi, meilleur il deviendra », a expliqué Maas.
« Je veux le voir tout faire sur le terrain. Mais il y a des choses qu’on ne fait pas et qu’on ferait s’il n’y avait aucun enjeu, donc on ne le place pas dans des situations trop risquées. Toutes les équipes connaissent sa situation et il demeure très difficile à arrêter », a poursuivi l’entraîneur.
Cette prudence va à l’encontre de son tempérament ultra-compétitif, mais Alexander s’est ajusté.
« J’ai joué tous les matchs en pensant que ça pouvait revenir n’importe quand parce que c’est la prudence que je dois avoir et le sérieux que je dois avoir », a noté Alexander avec maturité.
Cela dit, Alexander n’a pas voulu admettre que certaines stratégies sont écartées pour le protéger.
« Je n’ai pas l’impression qu’on est limités, j’ai couru à l’extérieur de la pochette plusieurs fois pour prolonger les jeux. C’est probablement plus son opinion », a réagi Alexander.
On en arrive à la question qu’Alexander ne voulait pas entendre, mais qui s’imposait : devra-t-il composer avec cette blessure pendant toute sa carrière ?
« Je ne sais pas, j’en n’ai aucune idée. Je fais de mon mieux », a répondu Alexander en perdant son sourire une fraction de seconde.
« Il devra surtout être toujours vigilant de bien préparer son corps », a plutôt ciblé son entraîneur avec réalisme.
Le souhait des partisans, et des dirigeants des Alouettes, était que cette blessure soit complètement chassée durant la saison morte. Mais c’était utopique.
« Il a subi une blessure sérieuse et il a eu besoin de toute la saison morte pour guérir. Ces blessures sont récurrentes, ça prend beaucoup de temps pour s’en débarrasser. Mais ça n’a rien à voir avec notre travail, on a tout fait pour l’aider. C’est simplement difficile de guérir de cette blessure », a décrit Maas.
Les Alouettes ont eu la bonne idée de remplacer la pratique prévue, mardi, par une journée de préparation. Alexander, plus particulièrement, a pu bénéficier de traitements supplémentaires.
Après tout, les Alouettes ont réalisé, l’an dernier, que leur puissance s’effrite sans Alexander.
Une attaque très créative, Calvillo inspire Alexander
Ça fait des lunes que l’attaque des Alouettes n’a pas été autant divertissante à regarder. Avec un quart aussi doué et puissant qu’Alexander, le coordonnateur offensif Anthony Calvillo peut s’éclater.
« Offensivement, on sent qu’on peut contrôler le match au lieu de s’ajuster à ce que la défense adverse effectue; on a atteint ce niveau. Avec toutes nos options par la course et la passe, ça nous rend épeurants. De plus, on évite les revirements ces temps-ci, ça doit être frustrant de nous affronter », a déclaré Alexander.
Les jeux truqués, les longues passes, les rendements épatants de Tyson Philpot et Tyler Snead sont liés à Alexander, mais également à Calvillo.
« J’en parle tout le temps, mais son éthique de travail est phénoménale et ça m’inspire. Sans parler de sa carrière qui est, elle-même, très inspirante. Tu vois son visage partout dans le vestiaire, tu réalises la légende qu’il représente pour cette organisation et cette ville. J’ai la chance de travailler avec lui chaque jour. Il nous fait confiance, il sent qu’il peut sélectionner les jeux parce qu’on effectue les choses comme il le souhaite », a précisé Alexander à propos de Calvillo.
Alexander se permet parfois de rêver en pensant aux exploits de Calvillo qui a amassé 79 816 verges aériennes et 455 passes de touché.
« Tout le monde rêve d’être le meilleur. Bien sûr, ma carrière ne fait que commencer alors je demeure très loin de ses exploits. Mais quand tu le côtoies au quotidien, tu en apprends plus et j’ai toujours admiré son jeu », a confié Alexander.
Le football a changé et Calvillo a joué pendant plus de 20 ans. Mais Alexander peut se fier sur des coéquipiers comme Philpot pour écrire son chapitre dans l’histoire de la LCF.
« Je lui fais tellement confiance, il a été exceptionnel jusqu’à présent (719 verges en 5 matchs). L’une des raisons, c’est qu’on a chacun une personnalité féroce. Il a grandement gagné en maturité au niveau de ses connaissances de football. Il a la confiance que personne ne peut le contrer à un contre un », a conclu Alexander.
En terminant, le receveur Cole Spieker pourrait être retiré hâtivement de la liste des blessés de six matchs. Il a été en mesure de multiplier les répétitions mercredi.





