MONTRÉAL — Les unités défensives ne l’ont pas toujours eu facile dans la Ligue canadienne de football, et alors que l’on s’apprête à conclure le premier tiers du calendrier, ça ne semble pas près de changer. Or, Davis Alexander et les Alouettes de Montréal y sont pour quelque chose.
Au fil de leurs cinq premières sorties cette saison, les Alouettes (4-1) ont marqué 170 points — pour une moyenne de 34 points par match — ce qui les place à égalité au troisième rang dans la LCF avec les Roughriders de la Saskatchewan, un point derrière les Argonauts de Toronto.
Les Stampeders de Calgary, que les Alouettes affronteront samedi prochain en Alberta, sont les plus productifs avec 194 points.
La formation de Jason Maas a inscrit au moins 30 points dans quatre de ses cinq parties, et 29 dans l’autre. C’est la seule qu’elle a perdue, d’ailleurs.
Sur le plan individuel, Alexander connaît un remarquable départ. Il a accumulé des gains par la passe de 1779 verges depuis le début de la campagne, un total que seul Chad Kelly (1804), des Argonauts, a surpassé jusqu’à maintenant.
Alexander a amassé au moins 300 verges par la voie des airs lors de chacun de ses cinq départs jusqu’à maintenant cette saison.
S’il maintient le rythme actuel, il pourrait s’ajouter à un groupe très restreint de quarts-arrières dans l’histoire de la LCF à avoir accumulé au moins 6000 verges par la passe lors d’une même saison.
Ils ne sont que quatre en fait — Doug Flutie a réussi le tour de force en deux occasions, avec 6619 en 1991 et 6092 en 1993 — et le dernier à avoir réalisé l’exploit est Anthony Calvillo, actuel coordonnateur à l’attaque des Alouettes, avec 6041 verges en 2004 avec la formation montréalaise.
Les deux autres sont Kent Austin (6225) en 1992 et David Archer (6023) en 1993.
Jeudi, Calvillo a rendu hommage aux efforts déployés par Alexander pendant l’entre-saison pour se préparer, et aussi à son travail hebdomadaire, tant mental que physique, pour afficher la constance nécessaire dans son jeu.
« Il sait ce qu’il faut faire et je suis ravi de le voir s’y attarder. Et puis, on a d’excellents joueurs qui l’aident vraiment beaucoup aussi. C’est donc toute cette combinaison qui nous permet de faire ce qu’on fait en ce moment », a expliqué Calvillo après la dernière séance d’entraînement de l’équipe avant son départ en direction de Calgary, vendredi.
Par ailleurs, Alexander n’a été victime d’aucune interception non seulement en 2026, mais depuis le deuxième quart du match du 17 juillet 2025 — ça va faire un an vendredi — contre les Argonauts.
Il s’agit d’une séquence de 304 passes qui n’ont pas abouti dans les mains d’un rival, ce qui représente le deuxième plus haut total de l’histoire de la ligue, derrière le record de 323 de Darian Durant, réalisé entre juillet 2014 et août 2016.
Durant et Alexander sont les deux seuls quarts-arrières dans l’histoire de la LCF à avoir franchi le plateau des 300 passes à ce chapitre.
C’est l’aspect du rendement d’Alexander qui lui apporte le plus de satisfaction.
« Il faut continuer sur cette lancée, n’est-ce pas? C’est ce qui nous donne les meilleures chances de gagner des matchs », a lancé l’Américain de 27 ans en ricanant, lorsqu’il a été invité à commenter ce chiffre zéro sous la colonne des interceptions.
«J’ai côtoyé certains des meilleurs quarts-arrières de la ligue aujourd’hui, et certains des meilleurs quarts-arrières de tous les temps, et tout ce qu’ils ne cessent de répéter, c’est de protéger le ballon», a-t-il ajouté, plus sérieusement.
« On voit bien à quel point un match peut basculer lorsqu’il y a un jeu décisif comme une interception. Donc, tant que nous prenons soin du ballon, nous estimons que cela nous donne les meilleures chances de gagner. »
Des touchés plus nombreux
Ce qu’il faut par ailleurs mentionner, c’est que les Alouettes ne représentent pas la seule équipe dans la LCF à franchir la ligne des buts avec régularité.
Jusqu’à maintenant en 2026, il s’est marqué 60,9 points par match dans la LCF. Dans toute l’histoire de la ligue, il ne s’est inscrit plus de points par partie que lors de deux saisons, soit 61,9, en 1990, et 64,2, en 1991.
Selon d’autres statistiques fournies par la LCF, le nombre de touchés est en hausse de 26% par rapport à 2025, et 23% de toutes les séries à l’attaque se terminent par des majeurs. Il s’agit du plus haut pourcentage dans l’histoire de la Ligue.
Enfin, le taux de conversion de deuxièmes essais en premiers essais est présentement de 51,3%. Le record de la ligue est de 48,3%, établi en 2016.
« Je pense que le niveau des quarts-arrières dans cette ligue est extrêmement élevé. Les partants sont tous des vétérans. Ils ont tous déjà évolué dans ces systèmes. Ils connaissent tous les défenses auxquelles ils font face. Ça favorise donc une très bonne prise de décisions », s’est d’abord avancé à expliquer Maas.
« Si vous me demandez mon avis, c’est ce qui se passe selon moi. Je pense que le jeu des quarts-arrières a été extrêmement bon. Mais s’ils jouent bien, c’est aussi grâce aux joueurs qui les entourent, et je crois qu’il y a une bonne complicité. »
« Les quarts-arrières connaissent bien le système, les coordonnateurs savent sur qui ils peuvent compter, les lignes offensives jouent bien, il y a d’excellents receveurs canadiens, et il y a du talent partout. Ceux qui sont aux commandes en ce moment jouent tous extrêmement bien. »






