MONTRÉAL – Les Alouettes de Montréal ont visionné un jeu, en boucle, depuis leur victoire en demi-finale de l’Est. Oubliez les bombes de Davis Alexander, il s’agit plutôt du touché crucial orchestré par la ligne offensive. « J’en ressens encore des frissons. »
Ces paroles sont celles de Luc Brodeur-Jourdain, l’entraîneur de la ligne offensive. Il avait toutes les raisons d’être fier de son unité. Au quatrième quart, la tension était palpable au stade Percival-Molson alors que les Blue Bombers venaient de réduire l’écart à 32-30.
En deuxième essai, à la ligne de sept verges de Winnipeg, le porteur de ballon Stevie Scott semblait avoir été freiné. Mais les imposants Justin Lawrence, Nick Callender et Donald Ventrelli en ont décidé autrement. Ils ont littéralement transporté leur coéquipier jusque dans la zone des buts pour épater les partisans avec leur combativité.
« En tant qu’entraîneur, je me considère plus cérébral la journée d’un match. Mais quand un jeu de passion, comme celui-ci, survient, ça outrepasse les techniques du football, c’est une attitude. Les blocs n’étaient pas parfaits et on a failli se faire arrêter, mais les gars ont mis l’épaule à la roue, j’ai vraiment apprécié », a ajouté Brodeur-Jourdain.
Cette séquence était spectaculaire par sa rareté. Mais elle était surtout révélatrice du lien fort qui règne chez les Alouettes.
« Je l’ai regardé une tonne de fois. J’étais aussi excité que tous les autres. On n’abandonne jamais et on se serre les coudes », a réagi le quart-arrière Davis Alexander qui a justement aidé à insuffler beaucoup d’ardeur à son groupe.
« C’est ça qui allume les gens. Ce n’est pas quand tu es un robot sur le terrain. C’est un sport de passion. Quand tu es entraîneur, tu deviens presque partisan en regardant un tel jeu. Tu vois l’énergie que ça procure et ça scie les jambes à la défense adverse. C’est un jeu dont je vais me souvenir longtemps », a confié Brodeur-Jourdain.
Pour se faire plaisir, les joueurs des Alouettes ont regardé le touché avec les différentes descriptions francophones et anglophones autant à la télévision qu’à la radio.
« Je ne me souviens pas qui a utilisé cette formule pour résumer le tout, mais c’est ma préférée : le pouvoir de l’amitié. Voilà vraiment ce que ça représente », a cerné Callender avec le sourire aux lèvres.
En comprenant l’importance du moment, les joueurs de ligne offensive des Alouettes ont laissé leur instinct dicter la suite. Depuis le début de la rencontre, ils avaient été inspirés par le rendement de Scott qui était en mission pour son premier match éliminatoire dans la LCF.
« Exactement, on se nourrit de l’énergie de l’attaque. Stevie procure justement une tonne d’énergie à notre unité. On veut égaler son niveau d’intensité », a indiqué Callender.
Dire que les Alouettes avaient conclu la saison à l’avant-dernier rang de la LCF pour la production par la course. Scott et la ligne offensive ont surpris les Bombers avec leur aplomb menant à une récolte de 133 verges.
Pour Scott, qu’Alexander aime surnommer le Derrick Henry de la LCF, c’était enfin l’éclosion qu’il attendait après quelques moments prometteurs cette saison.
« Je me suis toujours vu comme un joueur complet qui réussit des jeux pour son équipe, un porteur dynamique. Je suis content que ça se concrétise, j’attendais ma chance de le montrer aux gens. J’ai conservé espoir et j’ai été patient en attendant mon tour », a raconté Scott qui a obtenu quatre chances dans la NFL sans pouvoir y demeurer.
À ne pas en douter, les Alouettes vont tenter de conserver cet équilibre offensif entre la course et la passe durant leur duel, samedi, contre les Tiger-Cats à Hamilton en finale de l’Est.
« Stevie a très bien accompli son boulot. De la manière dont les Bombers déployaient leur défense, ils nous laissaient des ouvertures pour courir et on en a profité même en deuxième essai », a vanté l’entraîneur-chef Jason Maas.
La course s’annonce également déterminante contre Hamilton puisque les Ti-Cats ont présenté la pire défense à ce chapitre en 2025.
« Quand on devient un monstre à deux têtes avec le jeu aérien et les courses, la défense doit prendre des décisions. Ce sera important pour nous d’avoir du succès avec la course pour avoir le maximum d’options offensives pendant la rencontre », a admis Brodeur-Jourdain alors que les Alouettes ont perdu les deux duels contre Hamilton cette saison.






