MONTRÉAL – Travis Theis a d’abord été comparé à une boule de quilles parce qu’il renverse ses adversaires. Mais notre équipe de description lui a probablement trouvé le meilleur surnom en TNT pour Travis Nitro Theis parce qu’il est de la dynamite sur le terrain.
L’analyste Pierre Vercheval a visé juste avec ce surnom qui a été rapidement approuvé par le descripteur David Arsenault et les partisans des Alouettes.
S’il avait démontré des étincelles prometteuses en 2025, Theis est carrément explosif en 2026. Après 10 matchs, il a inscrit sept touchés et amassé 788 verges en 120 courses pour une moyenne de 6,6 verges par portée, un sommet parmi les porteurs de ballon de la LCF.
Puisque ça saute aux yeux que Theis a raffiné l’art de bloquer et de résister à plusieurs plaqués, on a demandé à l’entraîneur-chef Jason Maas de parler des qualités moins connues du numéro 5 des Oiseaux.
« Travis est vraiment un porteur de ballon très complet et j’aime dire qu’il est un joueur de football. Il est si énergique et intelligent. Il n’y a rien qu’il ne peut pas faire sur le terrain. On l’emploie de différentes manières en raison de ses habiletés. Travis est aussi merveilleux à l’extérieur du terrain, on ne peut jamais douter de son effort et il est tout un personnage en plus. Tout ce qu’on aime chez un joueur, il le possède », a souligné Maas.
Un personnage, c’est vague et intrigant à la fois. Voici comment Davis Alexander a pu décrire la version de Theis.
« Oh oui! Il est toujours en train de jouer au ping-pong ou au pickleball. Il sourit tout le temps et il adore passer du temps dans le vestiaire. C’est l’un des derniers à partir, pas seulement pour faire des jeux, je parle aussi des réunions et tout ça », a noté Alexander.
Ça amuse Theis quand on évoque son haut niveau d’énergie et sa personnalité divertissante.
« C’est simple, j’adore le football et tous mes coéquipiers. Je n’échangerais ce métier contre rien au monde. J’adore passer du temps dans le vestiaire, je suis très privilégié », a évoqué l’athlète originaire du Kansas.
Mais comment les Alouettes sont-ils parvenus à dénicher cet athlète taillé sur mesure pour le circuit canadien?
« On fouillait pour trouver un diamant », a résumé un dirigeant des Alouettes. Ça semble simple, mais les recruteurs des équipes de la LCF doivent fouiller plus profondément que les équipes de la NFL qui se concentrent à identifier les meilleurs joueurs universitaires.
« Je suis très reconnaissant, j’essaie de maximiser ma contribution. Je réalise que leur boulot est très exigeant, ils doivent identifier des joueurs qui n’accéderont pas à la NFL. En fin de compte, j’adore le football et ça se voit dans ma manière de jouer », a résumé Theis.
Futur enseignant ou entraîneur, mais pas tout de suite
Theis a été repéré grâce au boulot accompli avec les Coyotes de l’Université South Dakota. Après un rôle limité à ses deux premières saisons universitaires, en 2019 et 2020, Theis a véritablement exposé ses atouts de 2021 à 2024.
Mais en débarquant à South Dakota, l’athlète de cinq pieds neuf pouces et 215 livres n’avait pas gagné ses épaulettes à titre de bloqueur.
« Je n’avais pas vraiment eu la chance de bloquer quand j’étais plus jeune, parce qu’on me confiait très souvent le ballon. Mais, à l’université, j’ai eu l’occasion de jouer avec d’autres bons porteurs de ballon et j’ai développé cet aspect de mon jeu », a décrit Theis.
Quand a-t-il su que cette facette deviendrait une force dans son arsenal?
« Avec l’évolution de notre attaque à South Dakota qui a misé davantage sur la course, je devais contribuer avec des blocs. On avait d’autres bons porteurs de ballon (comme Shomari Lawrence venu le rejoindre à Montréal) et j’ai voulu exceller comme bloqueur pour qu’on ne puisse pas me retirer du terrain », a expliqué Theis.
Le retirer du terrain, c’est justement devenu très difficile à Montréal aussi. Cette saison, Theis a déjà été élu deux fois parmi les joueurs de la semaine et il a prouvé qu’il était en mesure d’assumer la charge d’un porteur de ballon numéro un.
Et Theis n’a pas l’intention non plus d’accrocher rapidement ses crampons.
« J’ai un diplôme pour enseigner l’éducation physique et une maîtrise en éducation. Alors je veux assurément enseigner et coacher éventuellement, mais je vais d’abord jouer aussi longtemps que possible », a témoigné Theis qui aime beaucoup trop la camaraderie sportive pour s’en éloigner de sitôt.
« Si les Alouettes m’accordent un contrat à long terme, je pourrais apprendre le français », a même lancé Theis avec intérêt pour le milieu québécois.
Ses parents, d’autres membres de sa famille et des amis d’enfance sont d’ailleurs venus le voir jouer cette saison et l’an dernier à Montréal. Theis n’a donc pas fini de faire voyager ses parents qui le trimballaient partout durant son enfance pour le baseball, le basketball et le football.



