MONTRÉAL – Comme les joueurs de ligne offensive aiment si bien le faire, Chris Schleuger préfèrent passer inaperçu auprès des partisans et des journalistes. Il avait réussi jusqu’au moment où les entraîneurs ont décidé de lui confier le poste de bloqueur à droite partant sur la ligne offensive en prévision du premier match.
 
L’Américain de 24 ans est apparu dans ce rôle lundi matin alors que le congédiement de Mike Sherman retenait encore toute l’attention. Il a hérité de cette mission étant donné que Tyler Johnstone est encore ennuyé par une blessure à un genou.
 
Celui qui a participé à quatre matchs préparatoires avec les Steelers de Pittsburgh en 2018 ne sera pas si facile à déloger s’il poursuit son rendement inspiré du camp d’entraînement. Ses coéquipiers avaient de la misère à se souvenir des confrontations individuelles durant lesquelles il s’est incliné face à son opposant.
 
« Voilà ce qui arrive dans les camps. On n’en connaissait pas beaucoup sur lui, mais il a constamment été à la hauteur. Il ne laisse pratiquement jamais son adversaire le battre. On assiste toujours à quelques surprises dans un camp et il se classe clairement parmi les révélations », a confirmé l’entraîneur Khari Jones.  
 
« Il est toujours au bon endroit et il se replace bien quand ce n’est pas le cas. Il est fort, il ne parle pas beaucoup, mais il exécute le travail ; j’aime ça », a ajouté Jones.
 
« Je dirais que je suis discret, je n’aime pas tant parler. Je suis l’exemple classique du gars qui préfère parler par ma façon de jouer », a confirmé Schleuger à propos de sa personnalité.
 
Le joueur originaire d’une petite ville de l’Iowa s’est donc intégré à merveille au sein de son unité.
 
« C’est un gars tranquille, c’est un joueur de ligne offensive après tout. Outre Tony (Washington), on est tous des gars tranquilles. Mais quand il joue, on voit son côté hargneux qui ressort. Il est capable de se dresser devant les autres », a vanté Kristian Matte.
 
Ce qui étonnant d’abord, c’est que Schleuger n’a jamais été en mesure d’accéder à la première unité de la ligne offensive lors du camp d’entraînement.
 
« Ce n’est pas si important ton endroit sur l’organigramme. Quand tu te débrouilles bien sur tes répétitions, ça finit par rapporter. Ce que je retiens, c’est où je suis à la fin et non au départ », a convenu l’athlète de six pieds quatre pouces et 305 livres.  
 
« Ce n’est pas lui qui va te surprendre avec sa grosseur, il n’est pas le plus costaud, mais il se reprend très bien par sa façon de jouer », a constaté Matte.  
 
Et ce qui étonne encore plus, c’est justement cela. Il est loin de pouvoir miser sur le physique le plus imposant surtout à la position de bloqueur. La Ligue canadienne de football pourrait ainsi devenir une terre d’accueil idéale pour lui.
 
« C’est l’occasion de démontrer aux gens que je peux jouer au football. J’ai pratiquement toujours été sous-estimé, je devrai maintenant profiter de cette ouverture au maximum », a indiqué le numéro 54.

« Il a beaucoup de talent, c’est un super joueur de football. Il ne s’est pas trop fait remarquer pendant le camp d’entraînement parce qu’il évoluait sur la deuxième ou la troisième unité. Mais c’est un jeune extrêmement patient, il travaille fort avec une bonne technique. On sent son désir, il veut prouver qu’il est un bon joueur de football », a remarqué Matte avec justesse.
 
Au niveau universitaire, Schleuger a majoritairement évolué à la position de garde à gauche et à droite, mais il a également disputé des matchs comme bloqueur des deux côtés. Durant les entraînements, il s’est aussi familiarisé avec le rôle de centre.
 
Sans surprise, la NFL demeure dans sa mire à long terme. Ça se comprend surtout qu’il a adoré son passage avec les Steelers.
 
« C’était vraiment génial, j’ai apprécié le groupe de joueurs. Les vétérans ont été bien gentils pour partager leur vécu avec les plus jeunes. Je serai toujours reconnaissant d’avoir appris de joueurs et en particulier Maurkice Pouncey. »
 
Une belle compétition interne entre Evans et Campbell
 
La personnalité de Schleuger ne ressemble en rien à celle de Ciante Evans, un ajout défensif de taille pour les Alouettes.
 
Le demi de coin revient d’une tentative dans l’infructueuse Alliance American Football après quatre saisons avec les Stampeders de Calgary. Même s’il n’a pas participé aux pratiques pendant le camp d’entraînement en raison d’une blessure, c’était une évidence qu’un poste de partant lui revenait.
 
À Montréal, il retrouve ses deux bons amis, et anciens coéquipiers à Calgary, Patrick Levels et Tommie Campbell.
 
« Je viens du même coin (près de Dallas) que Patrick, on passe du temps ensemble durant la saison morte. Notre chimie s’observe autant sur le terrain qu’à l’extérieur. Tommie est un bon ami aussi et ça aide. Parfois, en me regardant, Tommie pourra faire des choses d’une autre manière parce qu’il y aura une compétition interne. Si je ne cède rien à mes adversaires, il voudra s’assurer d’en faire autant. Ça rend juste l’équipe plus forte », a exposé Evans.
 
Puisqu’il évoque déjà une compétition entre les deux demis de coin, lequel obtiendra le plus d’interceptions a demandé le collègue Didier Orméjuste ?
 
« Tout le monde connaît la réponse à cette question, ce sera moi. Chaque fois que je suis dans une équipe, je suis le meneur à ce chapitre », a réagi Evans sans réfléchir.
 
L’athlète de 26 ans détient également une humilité qu’il ne veut pas cacher.  
 
« Ça n’ira pas toujours bien pour moi non plus. J’aurai besoin de support et je vais aider les autres à mon tour. Je trouve que c’est la communication qui est le plus important surtout à notre position. Je préfère des gars qui discutent trop que pas assez, on doit s’assurer d’être sur la même longueur d’onde », a évoqué Evans.

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