Il est rare d'entendre un athlète professionnel, et encore plus un entraîneur, admettre que les blessures commencent à affecter son équipe.
Pourtant, après le cuisant revers de 34-6 des Alouettes face aux Roughriders de la Saskatchewan, samedi soir au stade Percival-Molson, des membres du club montréalais n'ont pas pu s'empêcher de reconnaître que l'accumulation de blessures avait joué un rôle dans le résultat.
Les Alouettes savaient déjà qu'ils seraient privés d'éléments importants, comme les receveurs Tyson Philpot et Austin Mack et le demi défensif Najee Murray. Ils espéraient toutefois que les retours au jeu des joueurs de ligne défensive Dylan Wynn et Shawn Lemon aient un impact positif.
Puis, avant la rencontre, l'équipe a annoncé que le demi de coin Kabion Ento n'était pas en mesure de jouer après s'être blessé à un mollet durant un entraînement cette semaine.
Une fois le match commencé, le maraudeur Marc-Antoine Dequoy est vite tombé au combat. Le centre Justin Lawrence a aussi quitté le match tard au deuxième quart.
Questionné sur la performance de l'unité défensive après le match, le secondeur Geoffrey Cantin-Arku n'est pas passé par quatre chemins.
« Ils (les Roughriders) ont tiré avantage du fait que plusieurs joueurs devaient jouer à différentes positions », a dit le Québécois âgé de 26 ans.
D'autres joueurs ont refusé de se servir de cette situation pour expliquer le résultat final. Cependant, quand même l'entraîneur-chef souligne que l'accumulation de blessures fait mal à son équipe, il devient impossible de le nier.
« Quand les joueurs blessés évoluent à la même position, c'est là que ça devient problématique », a dit l'entraîneur-chef des Alouettes, Jason Maas.
« Personne n'a la profondeur pour surmonter une situation où vous commencez un match en perdant un joueur à une position, puis un autre », a-t-il ajouté.
S'il y a une position où une blessure fait particulièrement mal chez les Alouettes, c'est au poste de quart.
L'équipe présente un dossier de 4-0 quand Davis Alexander est son quart partant, et de 1-3 quand McLeod Bethel-Thompson obtient le départ.
Bethel-Thompson avait démontré des signes encourageants en limitant les erreurs et en accumulant plus de 210 verges de gains aériens pour une première fois cette saison dans une victoire de 23-21 face aux Stampeders de Calgary la semaine dernière.
Maas s'était dit encouragé par cette performance durant la semaine et avait affirmé qu'il voyait un joueur plus confiant à l'entraînement. Rien de cela n'a paru face aux Roughriders.
Bethel-Thompson a récolté seulement 126 verges de gains et a été victime d'une quatrième interception cette saison. Il a souvent semblé lent et hésitant dans ses lectures, bien qu'il n'a pas été aidé par le fait qu'il s'est souvent retrouvé sous pression.
« En fin de compte, il y a des choses qu'il pourrait et devrait faire, mais il a aussi réussi des jeux, a dit Maas. Ça revient aux 12 joueurs sur le terrain de mieux exécuter les jeux. »
Après le match, Bethel-Thompson a parlé comme un joueur qui sait qu'il se retrouve sous pression.
« Je sais que je ne suis pas ce joueur qui a joué ce soir, que je suis bien meilleur que ça », a-t-il dit.
Maas a brièvement envoyé Caleb Evans derrière le centre tard au troisième quart dans l'espoir de provoquer une étincelle.
Questionné afin de savoir s'il était possible qu'Evans obtienne le départ la semaine prochaine face aux Elks d'Edmonton, Maas n'a pas voulu offrir une réponse précise.
« La réponse courte est: probablement pas, a dit Maas après la rencontre. Cependant, nous évaluons tout notre personnel en début de semaine.
« Mais pour l'instant, je ne veux pas penser à ça », a-t-il ajouté.
Maas va préférer réviser la rencontre pour essayer de comprendre ce qui n'a pas fonctionné. Espérons pour lui que le contenu ne lui fera pas trop perdre sommeil.





