Passer au contenu principal

RÉSULTATS

Jason Maas se réjouit pour ses joueurs qui charment la NFL

Publié
Mise à jour

MONTRÉAL – La rançon de la gloire, pour les Alouettes de Montréal, débute avec la perte du receveur Austin Mack qui retourne dans la NFL. Mais pour l'entraîneur-chef, Jason Maas, c'est impossible de voir le tout négativement. 

En s'appropriant la coupe Grey, grâce à la contribution de plusieurs nouveaux joueurs, les Alouettes et Maas comprenaient bien qu'il y aurait un prix à payer. Inévitablement, plusieurs piliers de l'escadron montréalais ont attiré l'attention au sud de la frontière. 

Outre Mack, quelques joueurs comme Reggie Stubblefield, Mustafa Johnson et Lwal Uguak ont participé à des essais au cours des derniers jours. 

Lundi, Mack a obtenu une autre chance de retourner dans la NFL en apposant au griffe au bas d'un contrat offert par les Falcons d'Atlanta. Dans son cas, il devait seulement prouver qu'il pouvait endurer, physiquement, les rigueurs d'une saison de football. Son talent ne faisait aucun doute lors de son passage avec les Giants de New York, les Titans du Tennessee et les 49ers de San Francisco, mais il avait souvent été embêté par des blessures. 

On a abordé le dossier avec Maas avant que l'embauche de Mack soit annoncée

« Je suis fier qu'ils obtiennent leur chance, je suis excité pour eux. On sait tous, dans le milieu du football, que la NFL est le roi de la jungle en quelque sorte ou l'aspiration pour pratiquement tous les joueurs. Et ce n'est rien contre la LCF qui est une très bonne ligue avec d'excellents joueurs. Le but ultime demeure d'aller la NFL et empocher beaucoup de sous », a réagi Maas en marge des réunions hivernales de la LCF qui se tiennent à Nashville. 

« Je suis donc vraiment excité pour eux, même si ça nous ferait mal de les perdre. Il faut l'accepter et c'est là que la confiance en notre département du recrutement importe pour trouver les prochains joueurs s'ils décidaient de quitter. Mais je ne vais jamais regarder cela comme un élément négatif », a-t-il ajouté. 

Rien n'est banal toutefois dans le saut effectué par Mack grâce au tremplin fourni par les Alouettes. Car, il y a un an, l'inquiétude était élevée envers la position de receveurs chez les Oiseaux. En perdant Eugene Lewis et Jake Wieneke, la tâche semblait colossale pour rebâtir cette escouade. 

Maas a raconté que l'état-major des Alouettes y est parvenu en établissant des plans A, B et C pour ne pas manquer de ressources. Le plus grand mérite revient, selon lui, à ce département du recrutement qui a été en mesure de dénicher plusieurs joueurs qui ont su s'imposer dans la NFL sans tarder comme Mack et Tyler Snead, chez les receveurs, ou bien Stubblefield en défense.  

« Je trouve que ça renforce le fait que notre département du recrutement a accompli de l'excellent boulot et qu'il faut se fier sur ce groupe. Il faut croire en nos employés. On veut tous de bons joueurs, mais ils doivent cadrer dans notre équipe et sous le plafond salarial », a ciblé l'entraîneur. 

Un an plus tard, avec les Snead, Tyson Philpot, Kaion Julien-Grant et Cole Spieker, les Alouettes ont déjà une base très intéressante du côté des receveurs. 

Des attentes qui n'effraient pas Maas 

L'autre conséquence de remporter le championnat se remarque par la hausse considérable des attentes envers l'organisation. Voilà tout un contraste pour les Alouettes qui devaient, d'après plusieurs experts, finir à la traîne dans la LCF. 

Cette pression, Maas l'accueille avec le sourire. 

« Dès le premier jour du camp, on a établi qu'on voulait gagner, on l'a dit clairement (aux joueurs). Mais ce n'était pas notre priorité au quotidien, on voulait avant tout travailler fort. Pourquoi ça changerait même si on a gagné, on doit conserver la même approche. Si on s'éloigne de cette recette, on ne gagnera pas. Alors, peu importe les attentes extérieures, les nôtres sont très élevées à l'interne et je suis bien content d'aborder la prochaine saison en tant que champions en titre », a exposé Maas qui ne se gênera pas pour rappeler ses hommes à l'ordre si nécessaire. 

Plongé dans l'aventure de la LCF depuis 2000, Maas a désormais soulevé la coupe Grey comme joueur, comme entraîneur adjoint et comme entraîneur-chef. Puisqu'il était réserviste lors de ses deux victoires comme joueur, ce triomphe avec les Alouettes se classe au sommet. 

« Je ne sais pas si quelque chose peut surpasser de remporter le titre comme entraîneur-chef en étant au cœur de chaque décision, en moulant le groupe pour créer la cohésion recherchée », a exprimé l'Américain de 48 ans. 

D'ailleurs, comme entraîneur, il aurait rêvé de pouvoir garder tous les joueurs de l'édition 2023. 

« Ce serait mon souhait, mais ce n'est pas la réalité. Il faut que les décisions cadrent financièrement », a convenu l'entraîneur. 

À ce propos, Maas se dit reconnaissant que le quart-arrière Cody Fajardo ait accepté un contrat moins lucratif que les gros canons de la LCF pour le bien du club. 

« Est-ce que ça aide que ton quart joue bien sans être le mieux payé? Bien sûr », a lancé Maas en vantant l'altruisme de Fajardo et le retour apprécié de meneurs sur les unités spéciales comme Alexandre Gagné et Frédéric Chagnon. 

La fin du « jeu Antwi »?

Maas a abordé quelques autres sujets comme le remplacement de Tyrell Sutton, à titre d'entraîneur des porteurs de ballon, par Dave Jackson qui a collaboré sur les unités spéciales et auprès des centres-arrières en 2023. 

« Ce n'est pas que Tyrell n'apportait pas certains trucs, c'est plutôt que Dave Jackson possède une vaste expérience d'entraîneur dans la LCF. C'est un bon enseignant et je l'ai vu accomplir un excellent boulot avec les centres-arrières, un groupe proche des porteurs de ballon et pour lequel la protection est un élément important. On a des restrictions (un plafond salarial) avec ce qu'on peut faire avec notre personnel d'entraîneurs donc il faut identifier ceux qui peuvent accomplir plusieurs tâches », a justifié Maas. 

Au sujet des porteurs de ballon, la réflexion se poursuit alors que William Stanback, Walter Fletcher et Jeshrun Antwi ont écoulé la dernière année de leur contrat. 

« C'est une décision difficile, il faudra prendre la bonne et on a encore du temps », a noté Maas puisque le marché de l'autonomie s'enclenchera le 13 février. 

Sans surprise, le « jeu Antwi » sera abordé lors des réunions hivernales de la LCF. Pour ceux qui l'ont oublié, il s'agit du règlement inusité permettant d'obtenir un premier jeu en effectuant un minuscule botté derrière la ligne de mêlée tout en reprenant le ballon ensuite et ce même quand une équipe est en situation de deuxième essai et 20 verges à franchir.

« C'est le premier sujet à l'ordre du jour par rapport aux règlements donc ça vous donne une idée », a répondu Maas qui s'attend ainsi à perdre cette arme particulière. 

« J'aime les règlements dans la LCF et leur côté unique, je ne suis pas en faveur de les changer. Je vais accepter la décision, on est une démocratie et on va voter », a exposé Maas en ajoutant, comme argument, que ce jeu a été très populaire sur les réseaux sociaux. 

En terminant, Maas dit aimer la direction dans laquelle le circuit canadien avance. S'il adore le football excitant qui s'y joue, il reconnaît que ce serait bien plus facile de retirer quelques irritants en ajoutant une 10e équipe.