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Harris a amélioré sa réputation à Montréal

Publié le 

Trevor Harris (La Presse Canadienne)

WINNIPEG – En 2021, quand Trevor Harris a été acquis par les Alouettes de Montréal, sa réputation n’était pas extraordinaire. On parlait de tendances égoïstes et qu’il n’était pas un guerrier sur le terrain.

Mais c’est justement à Montréal que Harris a dissipé les doutes à son égard et voilà que le vétéran de 39 ans retrouvera son ancienne organisation, pour le match de la coupe Grey.

Il ne faudrait pas oublier qu’avant l’arrivée de Cody Fajardo et Davis Alexander, c’est Harris qui a stabilisé la position de quart-arrière chez les Alouettes. Cette fois, Harris voudra leur ravir la coupe Grey.

En se mesurant à Harris, Davis Alexander sera ainsi confronté à un troisième vétéran aguerri de la LCF en autant de semaines. Après avoir achevé la dynastie des Blue Bombers de Winnipeg et de Zach Collaros, Alexander a eu le dessus sur la référence Bo Levi Mitchell et les Tiger-Cats de Hamilton.

En 2022, Harris a été le premier vétéran duquel Alexander a pu apprendre dans le nid des Alouettes. En ce qui a trait à la personnalité, Alexander ressemble davantage à Fajardo qui a été son mentor en 2023 et 2024.

Alexander, qui est aussi intense que Fajardo, a adoré voir Harris s’exprimer avec plus de liberté récemment. La semaine dernière, le pivot des Riders était blasé des nombreuses questions au sujet du quart-arrière Nathan Rourke, si bien qu’il a manqué un peu de délicatesse dans une réponse.

« Les manchettes dans les médias ressemblaient à : ‘Harris dit à Rourke de se la fermer’. Mais c’était ma huitième question sur lui. Je suis allé lui parler avant le match pour lui expliquer le contexte », a raconté Harris à Winnipeg.

Pendant la finale de l’Ouest, les caméras ont capté Rourke criant que c’était « leur moment », mais c’est plutôt Harris qui a eu le dernier mot avec un touché décisif en fin de rencontre. C’était une réplique à Harris qui avait mentionné que le tour des Riders était arrivé.

« J’adore cette approche de Trevor, c’est un passionné. Mais on a le droit d’avoir notre opinion aussi et on sera prêts », a réagi Alexander qui a préféré ne pas ajouter d’huile sur le feu.

« Les Riders sont une équipe très bien dirigée qui déborde de talent, ce sera plaisant de jouer contre la meilleure équipe, selon les statistiques, de la LCF. On adore ce défi et Trevor est un merveilleux meneur, j’ai appris auprès de lui pendant une saison », a ajouté Alexander.

C’était agréable de renouer avec Harris au superbe stade des Blue Bombers. Il a tenu à démontrer qu’il s’amuse plus que jamais dans le monde du football.

« J’ai un peu plus de feu en moi et j’ai plus de plaisir que ça peut paraître. Quand je me vois à la télévision, ça ne paraît pas tant que je m’amuse, mais c’est le cas », a noté Harris qui a appris à connaître ses coéquipiers pour devenir un meilleur meneur au sein du groupe.

Son entraîneur, Corey Mace, qui a 39 ans lui aussi, l’a taquiné pour un autre changement.

« Il court plus, mais je ne sais pas si j’aime ça et les gars le taquinent », a lancé Mace, qui a vu son admiration grimper depuis qu’il le dirige.

Le secondeur A.J. Allen s’est également permis une petite touche d’humour.

« Trevor ne va jamais te laisser lui dire qu’il est vieux. À l’entraînement, il veut gagner toutes les répétitions, mais on est les premiers à lui dire quand il perd. Il est irremplaçable », a cerné le sympathique athlète.

Avant de traverser la frontière, Harris avait eu des essais dans la NFL et il arrivait avec une confiance débordante. C’est un certain Jason Maas qui l’a aidé à redescendre sur terre.

« Il m’a aidé à me remettre à ma place dans le sens que bien des joueurs arrivent au Canada en pensant qu’ils seront les meilleurs. J’ai compris rapidement que ce ne serait pas si facile », a admis Harris alors que Maas était l’entraîneur des quarts chez les Argonauts de Toronto.

« J’ai réalisé que personne n’allait travailler plus fort que Jason et je l’ai admiré dès le premier jour. Il sait que je l’aime, je lui dis chaque fois à quel point il a été influent pour moi », a poursuivi Harris, qui n’amadouera pas Maas avec de tels compliments.

Plus irritable dans sa jeunesse, Harris apprécie le privilège de sa longévité dans la LCF.

Et il n’a pas l’intention de se lancer dans une joute verbale avec les Alouettes.

« On a l’impression de se regarder dans un miroir quand on observe les Alouettes pour la robustesse, le dévouement et l’ADN de l’équipe. Ça deviendra une question d’exécution et de surmonter l’adversité. On aime chacun notre équipe », a conclu Harris.