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Le prince est devenu roi en 2025

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Rory McIlroy

Chacune des revues de l’année de golf a été accompagnée d’un astérisque à côté du nom de Rory McIlroy dans les dernières années.

Un astérisque qui, par moments, semblait inscrit au marqueur indélébile tellement sa quête d’un veston vert ne menait pas au dénouement souhaité.

Mais 2025 a finalement livré le dimanche rêvé. Un dimanche qui est passé à l’histoire et qui a mené McIlroy à la Terre promise, avec une victoire au Tournoi des Maîtres.

Les émotions étaient fortes, le moment était historique. Pas seulement parce que McIlroy est devenu uniquement le sixième golfeur de l’histoire à remporter chacun des quatre tournois majeurs, mais aussi parce qu’il s’est enfin débarrassé de l’étiquette qui lui collait à la peau : celle de toujours s’écrouler au moment le plus important de sa carrière.

Et puisque c’était un peu l’histoire de sa carrière depuis quelques années, ce sacre n’a pas été simple à obtenir. McIlroy a raté un roulé de six pieds pour la victoire, il a poussé un soupir et il s’est dirigé vers la prolongation avec un boguey difficile à accepter.

McIlroy a toutefois saisi le moment pour établir un fait : mentalement, il était maintenant prêt à performer sous la pression. Son approche quasi parfaite en prolongation a fait rugir les partisans entassés au 18e trou et le court roulé qu’il s’est laissé a mené à l’extase.

Il a laissé tomber son bâton, il a placé ses mains sur sa tête et il s’est laissé tomber au sol sur les genoux.

La pression venait de tomber. Il était enfin champion du Tournoi des Maîtres.

« C’est le plus beau jour de ma vie de golfeur », a déclaré McIlroy. « J’ai littéralement réalisé mes rêves. »

Nous voilà en décembre et il n’y a aucun doute : c’est l’évènement le plus marquant de l’année 2025 dans le monde du golf.

Ce triomphe marquant a ouvert la porte à une belle saison du Nord-Irlandais, qui a remporté trois tournois et qui a conclu l’année au deuxième rang du classement mondial. McIlroy a aussi décroché un septième titre de champion du circuit DP World, un quatrième de suite.

Scheffler encore et toujours maître

Scottie Scheffler peut bien dire autant de fois qu’il le souhaite que « les comparaisons avec Tiger Woods sont stupides », n’empêche que sa dernière année l’a encore plus poussé vers ces comparaisons.

C’est maintenant 168 semaines au sommet du monde pour Scheffler, dont 134 consécutives. Dans un cas comme dans l’autre, il se place au troisième rang de l’histoire.

Et vous savez quoi?

Seul Tiger Woods le devance pour les semaines consécutives comme no 1 mondial, avec des séquences de 281 et 264 semaines. Globalement, le total de 168 semaines de Scheffler au sommet du monde le place au troisième rang, uniquement derrière Woods (683 semaines) et Greg Norman (331).

La saison 2024 de rêve de Scheffler a été suivie par huit tournois consécutifs sans victoire pour lancer l’année 2025.

Mais une fois la machine en marche, personne n’a été en mesure de l’arrêter.

Dès qu’il a remporté son premier tournoi cette année (la Coupe Byron Nelson), Scheffler a gagné 50 pour cent des compétitions officielles auxquelles il a participé afin de conclure la campagne avec six victoires, dont deux sacres en tournois majeurs. Mieux encore, jamais n’a-t-il été écarté du top-10 d’un tournoi depuis le 16 mars.

C’est d’une injustice incroyable pour les pauvres compétiteurs qui l’ont affronté semaine après semaine.

Avec une autre fantastique saison, Scheffler a maintenant porté ses gains totaux en carrière à 99,4 M$, uniquement derrière Woods (120,9 M$) et McIlroy (107,9 M$). Il a été élu Joueur de l’année pour la quatrième année de suite, un exploit qui n’avait été réalisé que par... vous aurez devinez : Tiger Woods.

Avec ses succès au Championnat de la PGA et à l’Omnium britannique, Scheffler risque d’être le prochain joueur à compléter son grand chelem puisqu’il ne lui manque que l’Omnium des États-Unis.

Aura-t-il besoin d’autant d’années que McIlroy? Permettez-moi d’en douter…

Autre belle année de croissance pour le Canada

Le golf canadien a également connu une année très positive en 2025, après la tenue de la Coupe des Présidents à Montréal en 2024 et le titre incroyable de Nick Taylor en 2023 au Canada.

Au niveau féminin, Brooke Henderson a retrouvé le cercle des gagnantes en triomphant pour la deuxième fois de sa carrière à l’Omnium canadien au mois d’août.

Avec ce couronnement, qui a mis fin à une disette de deux ans sans victoire, elle a continué d’écrire l’histoire du golf canadien avec son 14e triomphe.

Le tournoi national a aussi permis de découvrir une jeune pépite de 15 ans en Aphrodite Deng, 20e au terme de la compétition. Deng a montré que l’avenir du golf féminin canadien était entre bonnes mains, se hissant même au deuxième rang à un moment de la troisième ronde, uniquement derrière Henderson.

Les premiers regards ont été tournés vers Deng quelques semaines plus tôt, quand elle a été couronnée championne du Championnat junior féminin des États-Unis.

Récemment, la Québécoise Maude-Aimée Leblanc a même décroché son droit de jeu pour la prochaine année grâce à une Q-School en Alabama.

Bref, une belle année qui met la table à 2026.

Du côté masculin, on retrouve maintenant trois Canadiens dans le top-60 mondial avec Corey Conners (30e), Taylor Pendrith (49e) et Nick Taylor (56e).

Taylor avait lancé sa saison en force en janvier dernier avec une victoire en prolongation à l’Omnium d’Hawaii, le cinquième triomphe de sa carrière sur la PGA.

La croissance du golf masculin canadien se poursuivra sans doute en 2026, avec sept golfeurs qui ont leur droit de jeu sur le meilleur circuit au monde. En plus des trois golfeurs mentionnés plus haut, il sera possible de suivre Mackenzie Hughes, A.J. Ewart, Adam Svensson et Sudarshan Yellamaraju.

En vrac

Impossible de parler de la quête de McIlroy sans glisser un mot sur celle de Tommy Fleetwood. Parce que même s’il était déjà considéré comme un membre de l’élite, il était aussi considéré comme le meilleur golfeur à ne pas avoir remporté de tournoi. L’attente a été longue – 164 tournois pour être exact –, mais la récompense a été délicieuse. Fleetwood a savouré un premier titre sur une des plus grandes scènes du golf, au Championnat du circuit, pour également mettre la main sur la Coupe FedEx.

JJ Spaun a été un des grands gagnants des 12 derniers mois, une année qui a certainement propulsé sa carrière vers les sommets, même à 35 ans. Spaun s’est non seulement offert une victoire improbable à l’Omnium des États-Unis, mais il a aussi brillé de manière constante avec deux autres revers en prolongation dans des évènements importants (Championnat des joueurs et Championnat St. Jude). Spaun est maintenant un membre du top-10 mondial, il a participé à la Coupe Ryder pour la première fois de sa carrière et le plus important : il est sans doute un adversaire redoutable.

Parlant de Coupe Ryder, elle a attiré l’attention majoritairement en raison des décisions à prendre par le capitaine américain Keegan Bradley, dont les performances sur le terrain lui auraient peut-être valu une place avec l’équipe. Bradley a finalement pilé sur son désir de jouer et il s’est contenté de son rôle de capitaine, mais il a été incapable de mener les États-Unis à la Terre promise. Soulignons tout de même la qualité de la compétition, alors que les États-Unis ont presque réussi l’impossible, après un retard de sept points à l’aube de la ronde finale.

Un mot sur le golf féminin pour conclure puisqu’à pareille date l’année dernière, Nelly Korda était la femme qui avait marqué 2024 avec ses performances extraordinaires. Cette année, la palme revient à la nouvelle no 1 mondiale, Jeeno Thitikul. La Thaïlandaise a offert un niveau de jeu sensationnel avec notamment 14 top-10 et trois victoires. Sa saison s’est terminée avec une bourse de 4 M$ grâce à sa victoire au Championnat du circuit CME Group.