Les quatre rondes de l’Omnium britannique seront présentées sur RDS et sur le RDS.ca.
C’est déjà le dernier tournoi majeur de la saison de golf.
Les meilleurs golfeurs au monde sont au Royaume-Uni pour s’attaquer au Royal Birkdale Golf Club, tout juste au nord de Liverpool.
L’Omnium britannique est de retour au Royal Birkdale pour la première fois depuis 2017, alors que Jordan Spieth avait remporté le Claret Jug avec un pointage cumulatif de moins-12.
Les trois premiers majeurs cette saison ont été remportés par Rory McIlroy (Tournoi des Maîtres), Aaron Rai (Championnat de la PGA) et Wyndham Clark (Omnium des États-Unis).
Que nous réserve maintenant la 154e édition de The Open?
Pour mettre la table à la semaine, associons un mot à chacun des golfeurs du top-10 mondial à l’aube de ce dernier majeur.
SCOTTIE SCHEFFLER : Orgueil
Permettez-moi de voler une page du livre d’analyse de mon collègue Jean-Sébastien Légaré pour parler d’orgueil.
D’orgueil bien placé.
Le no 1 mondial Scottie Scheffler arrive non seulement à The Open comme champion en titre, mais il se présente surtout au Royal Birkdale après un de ses plus grands échecs en quatre ans.
Vous pensez vraiment que le meilleur joueur au monde acceptera cette erreur de parcours?
RORY McILROY : Constance
Disons que le double champion en titre du Tournoi des maîtres est un autre animal en tournoi majeur.
Depuis 2019, McIlroy a subi la coupure uniquement quatre fois en 30 tournois majeurs, il a signé deux victoires et il compte 17 présences dans le top-10, soit dans près de 60 % de ses tournois.
McIlroy est le synonyme parfait de constance et il n’a toujours pas subi la coupure en dix tournois cette saison, inscrivant quatre tops-10 au passage.
Dans les quatre dernières éditions de The Open, McIlroy a essuyé une coupure, mais il a aussi terminé dans le top-10 à chacune des trois dernières occasions.
En 2017 au Royal Birkdale, il avait terminé en quatrième place.
Serait-ce un présage de ce qu’on verra cette semaine?
MATT FITZPATRICK : Art
C’est un art de jouer aussi bien que Matt Fitzpatrick cette saison et on pourrait dire que l’Anglais se retrouve présentement aussi au sommet de son art.
Dès qu’il a remporté le US Open en 2022, il était clair que Fitzpatrick avait le potentiel pour devenir un des meilleurs joueurs de la planète.
Mais ça semble réellement être cette saison qu’il a pris son envol, avec trois victoires déjà jusqu’ici.
Fitzpatrick n’a jamais été victime d’une coupure en 17 tournois cette saison et il compte un impressionnant total de dix tops-10 jusqu’ici.
Le golfeur de 31 ans est parmi les plus précis sur ses coups de départ et il est le golfeur le plus dominant au chapitre des coups gagnés avec ses fers et autour du vert.
La dernière fois que Fitzpatrick a raté les rondes de la fin de semaine à The Open, c’était en 2018. Il a depuis pris la quatrième position l’an dernier.
Ça semble être un parfait mélange pour une belle pièce d’art cette semaine.
CAMERON YOUNG : Outillé
Un tournoi comme The Open présentement est difficile à évaluer pour Cameron Young.
Parce que sur le fond, Young possède des atouts importants qui peuvent lui permettre d’avoir du succès.
La puissance de frappe de Young pourrait bien sûr l’aider sur une normale-70 qui se jouera à plus de 7200 verges. Il pourrait tirer profit de la courte normale-4 de 321 verges au cinquième fanion pour atteindre le vert en un coup, ou encore bénéficier du très long par-3 de 241 verges au 15e trou pour avoir un avantage sur certains concurrents.
On peut aussi ajouter le bon jeu d’approche de Young comme un point qui lui permet d’être bien outillé.
Mais aussi bien outillé soit-il, il y a tout de même des points d’interrogation pour Young.
Après un incroyable milieu de saison entre février et mai, ponctué de deux victoires et six tops-10 en sept tournois, Young connaît des ennuis.
Il n’a pas intégré le top-25 d’un tournoi depuis début mai et il a été écarté du top-40 lors de ses trois dernières sorties.
Il a les outils, mais saura-t-il les utiliser pour exceller?
RUSSELL HENLEY : Sournois
Ce n’est pas un long fleuve tranquille pour Russell Henley.
Ses résultats sont parfois en montagnes russes, mais il sera toujours une menace.
C’est ce qui est intéressant avec Henley.
Ses trois coupures en 15 tournois ne représentent pas très bien sa cinquième position au classement mondial.
Ce qui représente bien ce qu’il peut accomplir, c’est sa troisième place au Tournoi des maîtres ou encore sa victoire au Challenge Charles Schwab.
Et cette certaine inconstance s’applique aussi à ses 11 présences à The Open. Il a été victime de cinq coupures, mais il a inscrit une cinquième position en 2024 et une dixième place en 2025.
CHRIS GOTTERUP : Insouciance
Voyez ce mot dans le bon sens du terme.
Car malgré cinq victoires, dont trois cette saison, Chris Gotterup demeure un très jeune joueur sur le circuit, à 26 ans, avec une expérience très limitée.
Gotterup n’a participé qu’une fois à l’Omnium britannique, la saison dernière, et il a terminé en troisième position.
Ce ne sera que la huitième fois de sa carrière qu’il participe à un tournoi majeur, et cinq des occasions passées ont eu lieu dans les 13 derniers mois.
Alors pourquoi donc parler d’insouciance?
Parce qu’avec aussi peu d’expérience et du succès à son seul passage à The Open, Gotterup pourra arriver au Royal Birkdale la tête libre.
Pas de suranalyse. Pas de pression non nécessaire. Pas de questionnements en trop.
Simplement la fougue d’un jeune joueur qui n’a pas froid aux yeux.
Gotterup mériterait davantage d’attention qu’il en a, il est actuellement un des meilleurs golfeurs de la planète.
COLLIN MORIKAWA : Résilience
La saison de Collin Morikawa n’a pas été particulièrement reposante.
Après un excellent début de saison qui lui a permis de mettre la main sur un premier titre depuis 2023, l’Américain a dû se retirer du Championnat des joueurs en raison d’une blessure au dos.
Les inquiétudes sur sa santé sont depuis une source d’inquiétude, mais Morikawa n’a malgré tout jamais raté les rondes de la fin de semaine depuis.
Il a obtenu sa part de succès lors des trois premiers tournois majeurs et ses statistiques indiquent qu’il est toujours aussi efficace.
Malgré un petit passage à vide au printemps, Morikawa s’est relancé au US Open avec une 17e place et il a enchaîné une troisième position lors de sa dernière sortie, signe d’une belle résilience dans les temps plus durs.
Le jeu de fer de Morikawa risque de bien le servir cette semaine et il en aura besoin puisque son historique à The Open est très instable : cinq participations, trois exclusions des rondes de la fin de semaine, un triomphe et une 16e place.
WYNDHAM CLARK : Dangereux
Dangereux.
Le genre de menace à laquelle on ne pense pas immédiatement, mais qui peut frapper à tout moment.
Malgré sa place dans le top-10 mondial, Wyndham Clark est rarement le premier nom qui vient en tête. Mais dans les faits, il est le genre de joueur qui peut surprendre.
Clark a gagné le deuxième tournoi majeur de sa carrière cette année, encore une fois à l’Omnium des États-Unis.
Et depuis qu’il a raté les rondes de la fin de semaine au Championnat de la PGA, il est un homme nouveau.
En six sorties, Clark compte deux victoires, quatre tops-5... et son pire résultat est une 13e position.
Il est au huitième rang de la PGA pour les coups gagnés totaux et au 21e rang pour les coups gagnés sur les verts. S’il peut garder ses coups de départ hors du pétrin cette semaine, il faudra garder un oeil sur lui.
En date du 14 juillet, le mot parfait pour décrire Clark est bel et bien « dangereux ».
TOMMY FLEETWOOD : Réputation
Il y a en quelque sorte un double sens à l’utilisation du mot réputation pour Tommy Fleetwood.
Le premier, c’est celui de presque toujours savoir à quoi s’attendre de l’Anglais. Il n’a pas été écarté d’un top-15 depuis la mi-mai et en général, on peut toujours le retrouver dans les prétendants tournoi après tournoi.
Fleetwood est un golfeur régulier en qui on peut avoir confiance.
Et le second sens du mot « réputation », c’est celui dont Fleetwood aimerait bien se défaire.
Parce qu’il a la réputation de ne jamais être en mesure de gagner.
Ce n’est pas pour rien qu’il n’a qu’une victoire depuis le début de sa carrière, même s’il est considéré comme un des meilleurs golfeurs du monde.
Aussi bon soit-il, il semble toujours manquer un petit quelque chose à Fleetwood pour les honneurs.
Mais si le premier sens du mot a le dessus sur le second, Fleetwood pourrait bien entrer dans le cercle des gagnants en tournoi majeur.
Et considérant que Fleetwood a grandi à sept minutes de voiture du Royal Birkdale, on peut s’attendre à une belle semaine.
JUSTIN ROSE : Expérience
Il n’y a que très peu de joueurs avec une expérience aussi riche que Justin Rose cette semaine.
À 45 ans, Rose en sera déjà à une 24e participation à The Open, après une première présence en 1998, qui se tenait d’ailleurs au Royal Birkdale.
Ce sera donc la quatrième fois de la carrière de Rose qu’il va disputer un Open au Royal Birkdale, un bel avantage en soi.
Rose n’a jamais été victime d’une coupure sur ce parcours et il avait terminé en 4e place à sa première présence, en 1998.
Avec les années, Rose a certainement connu toutes les situations dans lesquelles il pouvait se trouver, entre les coupures et les deuxièmes positions.
Il ne lui manquerait en fait qu’une victoire.
Rose, qui vieillit comme le bon vin, est sans doute le golfeur le plus régulier en tournoi majeur cette saison en obtenant une 3e place à Augusta, une 10e place au Championnat de la PGA et une 11e place à l’Omnium des États-Unis.





