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Danièle Sauvageau, une visionnaire avant-gardiste

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Une carrière d’exception couronnée par l’immortalité

Une carrière d’exception couronnée par l’immortalité

Le parcours remarquable de Danièle Sauvageau

Le parcours remarquable de Danièle Sauvageau

« Le fait que Danièle soit la première ça veut tout dire »

« Le fait que Danièle soit la première ça veut tout dire »

« Le fait de voir trois femmes intronisées c'est incroyable »

« Le fait de voir trois femmes intronisées c'est incroyable »

TORONTO — Lorsque viendra le temps de prononcer son discours de remerciements lors de son intronisation au Temple de la renommée du hockey, lundi soir, Danièle Sauvageau se trouvera en belle compagnie. Il y aura bien sûr les membres de sa famille immédiate mais aussi de grandes amies et complices qui lui vouent une admiration et un respect sans borne.

Si Sauvageau établira un fait sans précédent en entrant dans le grand cercle des immortelles du hockey à titre de bâtisseuse, l’une de ces complices avait également écrit une nouvelle page d’histoire du Temple de la renommée du hockey en devenant la première gardienne de but à y accéder, en 2020.

Aujourd’hui, Kim St-Pierre étale toute sa gratitude à l’endroit de la personne qui l’a aidée à littéralement mordre – comme l’illustre une célèbre photo – dans la médaille d’or que le Canada a gagnée au tournoi de hockey féminin des Jeux olympiques de Salt Lake City, en février 2002.

Kim St-Pierre Kim St-Pierre

« Mes premières années avec l’équipe nationale, je les dois beaucoup à Danièle. C’est elle qui m’a donné les opportunités. J’ai été chanceuse qu’elle voit un potentiel en moi. Sans elle, je n’aurais pas eu une carrière du tout avec l’équipe nationale. Parfois, ça prend juste une personne qui croit en nous. Pour moi, ça a été Danièle », affirme St-Pierre, qui travaillera de près avec Sauvageau, dorénavant, dans son nouveau rôle de directrice des opérations commerciales de la Victoire de Montréal.

Marque de confiance

Cette foi envers le potentiel d’autres femmes, cette aptitude à procurer des opportunités à autrui, Sauvageau les a aussi démontrées envers Isabelle Leclaire, qui est à la tête du programme de hockey féminin de l’Université de Montréal depuis sa création, en 2008.

« S’il y avait une actrice du monde du hockey féminin qui méritait d’avoir sa place au Temple de la renommée, c’était Danièle. Puis ça m’a encore plus fait chaud au cœur quand j’ai vu sa réaction, à quel point ça semblait être émouvant pour elle et important dans sa carrière », affirme Leclaire.

Comme St-Pierre, Leclaire se montre reconnaissante à l’endroit de Sauvageau.

« Danièle, c’est quelqu’un qui a toujours fait en sorte de donner le plus d’opportunités possible à des Québécois, à des femmes aussi, dans le monde de hockey et du sport en général. Ç’a toujours été important pour elle, et elle ne s’est jamais arrêtée aux préjugés ou aux barrières qui pouvaient exister pour une femme dans le sport », souligne Leclaire, dans un premier temps.

« Elle m’a donnée une opportunité immense, celle de diriger les Carabins, et ç’a forgé ma vie professionnelle. Je voulais être impliquée au départ, mais jamais je n’aurais pensé que j’allais être nommée entraîneuse-chef. Je n’avais pas le curriculum vitae qui justifiait ça, mais elle, elle le voyait. Je suis encore là-dedans aujourd’hui, et il y a d’autres opportunités qui ont découlé de ça», ajoute celle qui fera partie de l’équipe de diffusion des matchs du tournoi de hockey féminin des Jeux olympiques d’hiver en 2026.

Mais pour Leclaire, Sauvageau est d’abord et avant tout une visionnaire. Une visionnaire aux idées tellement avant-gardistes qu’elle s’est parfois demandée comment Sauvageau allait mener certains de ses projets à bon port.

« Je prends l’exemple du Centre 21.02. Ça fait depuis 2003 que je côtoie Danièle assez régulièrement sur une base professionnelle, et elle parlait depuis longtemps de cette idée d’un centre de haute performance pour le hockey féminin qui pourrait éventuellement héberger une équipe professionnelle. Elle en parlait, et même moi qui vis là-dedans, j’avais du mal à saisir ce qu’elle voulait dire et ce qu’elle voulait faire exactement », décrit Leclaire.

« C’est quelqu’un qui va au-devant des choses, qui a toujours des projets qui, des fois, semblent avant leur temps, ajoute-t-elle. J’ai l’impression qu’elle a toujours une vision pour faire avancer les choses. Quand je pense à Danièle, je pense à quelqu’un qui n’accepte pas un non comme une réponse et, aussi, à une personne très généreuse. »

France St-Louis, qui se classe certainement parmi les plus grandes complices de Sauvageau, est également épatée par son côté visionnaire et son pouvoir de conviction.

Ce sont des traits de caractère qu’elle a constatés il y a longtemps chez Sauvageau, notamment lorsque le temps a été venu de créer une formation de hockey féminin à l’Université de Montréal.

« Elle voyait tout le potentiel du hockey féminin. Danièle était capable de mener (ses idées) à un autre niveau. Quand elle a voulu lancer les Carabins, c’était quand même visionnaire. Il y avait McGill, Concordia, mais on n’avait pas d’université québécoise francophone en hockey féminin », s’est souvenue St-Louis.

« Je ne tenais pas vraiment à être l’entraîneuse-chef, mais elle m’a dit, ‘j’aimerais ça que tu viennes la première année et entraîner les filles’. J’ai été impliquée pendant huit ans. Danièle avait cette capacité à dire les bonnes choses pour faire avancer ses idées. »

De tels commentaires, surtout qu’ils viennent de femmes qui partageaient la même passion, ne laissent évidemment pas Sauvageau indifférente.

« Ça me fait chaud au cœur parce que dans le fond, la vision était de servir », a-t-elle réagi, samedi, en marge de la cérémonie de remise de la bague commémorative de son intronisation au Temple de la renommée.

Équipière de Sauvageau lors des Jeux de 2002 et maintenant l’une des principales dirigeantes de la Ligue professionnelle de hockey féminin, Jayna Hefford parle de Sauvageau comme d’une femme qui a toujours cherché à faire avancer la cause de ce sport.

« Nous avons passé de nombreuses années ensemble, à commencer par des championnats du monde, les Jeux olympiques, et maintenant, notre relation qui s’est étendue à la LPHF. Je sais à quel point (cette intronisation) est importante pour elle et sa famille, et on sait à quel point son parcours a été difficile. Qu’elle soit reconnue de cette manière, et en particulier en tant que première femme bâtisseuse, c’est encore plus spécial, car je pense que c’est ainsi qu’elle se voit, comme quelqu’un qui a cherché faire évoluer ce sport pendant toutes ces années. »