Pendant plusieurs années, Joé Juneau a roulé sa bosse dans la LNH. Pendant 13 saisons avec diverses équipes, dont les Canadiens de Montréal, Juneau a disputé 828 matchs comme attaquant.
Son plus grand fait d’armes dans la LNH a probablement été d’atteindre le plateau des 100 points en une saison, en 1992-1993, avec les Bruins de Boston.
Mais depuis sa retraite, Juneau a réalisé une multitude d’accomplissements encore plus inspirants. Le natif de Pont-Rouge a lancé son programme de hockey-étude au Nunavik en 2006, un programme qu’il a piloté pendant 11 ans pour lutter contre le décrochage scolaire, inculquer aux jeunes de saines habitudes de vie et prévenir la criminalité.
Juneau était de passage à On Jase lundi pour discuter des réalités des membres des peuples autochtones dans le cadre de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
« Il y a énormément de travail à faire pour en arriver éventuellement à des guérisons. Je dirais que c’est ancré profondément pour plusieurs personnes. Il y a des gens qui doivent effectuer le travail pour comprendre ce qui se passe, que ce soit pour les gens des Premières nations eux-mêmes ou pour nous. On doit mieux connaître la réalité et arrêter d’avoir des jugements tellement négatifs et qui assurément, n’aident pas la situation », a admis Juneau dans une généreuse entrevue à cœur ouvert.
« Je pense que ça fait au moins 20 ans que je suis vraiment investi dans différentes communautés, ça a commencé au Nunavik et ç’a duré 11 ans. Pour moi c’est très spécial, car à travers ces années, j’ai développé des liens tellement forts. J’ai vu des choses qui sont plus que tristes, horribles à la limite. »
Juneau s’implique encore beaucoup dans diverses communautés, dont celle de Uashat près de Sept-Îles.
« On voit qu’il y a des jeunes qui ne l’ont pas facile. Juste d’être là et de rentrer dans la chambre de hockey, voir les jeunes de huit ans… la grande majorité n’ont pas de parents pour les aider à s’habiller. Une chance qu’il y a des programmes comme celui-ci pour faire en sorte que les jeunes aient l’opportunité de connaître ce sport et avoir le hockey pour les allumer sur le plan scolaire. »
L’expérience de Juneau est d’ailleurs racontée dans le plus récent roman de notre collègue Luc Gélinas, intitulé « Angut », paru le 25 septembre dernier par les éditions Hurtubise. Le journaliste de RDS a passé de nombreuses heures avec Juneau pour comprendre la réalité des communautés du Nunavik.
Dans ce livre, Luc Gélinas illustre la réalité d’un jeune de 10 ans qui aspire à atteindre la LNH.
« Ç’a été la personne idéale pour ce projet, a dit Juneau à propos de Gélinas. On s’est entendu no 1 depuis le départ. On a eu de belles sessions de travail. À mesure que je lui contais les choses qui sont arrivées pendant mes 11 années au Nunavik, Luc était devant moi et il avait de la difficulté à croire plusieurs choses que je racontais. »
« Ç’a été une belle façon pour moi de retourner dans ma tête dans ces années-là et de raconter de belles choses et d’autres trucs qui ont été plus difficiles, mais qui ont apporté un certain positif. L’importance du livre, c’est que ça témoigne de ce que les jeunes ont réussi à accomplir. Ça témoigne aussi que je n’étais pas seul et que j’étais entouré de très très bonnes personnes. Si le livre peut avoir 10 % du succès que le programme a eu, ce sera déjà ça, car ç’a été un programme grandiose. Ç’a été des années marquantes pour moi et de pouvoir le raconter, c’est merveilleux. »





