MONTRÉAL - Le Canadien a confirmé que ses années noires étaient bel et bien terminées avec un début de saison étincelant marqué de neuf victoires à ses 12 premiers matchs.
Le Canadien s’est sorti du rouge dans lequel il s’enlisait en battant coup sur coup les Leafs, le Mammoth et les Golden Knights.
Le Canadien a aussi réalisé qu’en dépit de sa progression évidente sur la patinoire et de son ascension au classement, le plus difficile reste encore à faire pour se rapprocher du ciel d’un bleu magnifique qui surplombe la ville de Denver et le Ball Arena où évolue la meilleure équipe de la LNH.
Un bleu qui ravivait, samedi après-midi, les souvenirs des Nordiques à qui l’Avalanche rendait hommage pour la deuxième de sept fois cette saison en endossant l’uniforme des « Bleus » pour souligner qu’après 30 ans, Denver se souvient toujours de ses origines québécoises.
Oui, Nick Suzuki, Lane Hutson et leurs coéquipiers du Tricolore ont été hachés finement par Nathan MacKinnon, Cale Makar et une équipe qui a démontré de mille et une manières pourquoi elle n’a perdu qu’une seule fois en temps réglementaire en 25 matchs disputés depuis le début de la saison.
Mais ce revers de 7-2, aussi cuisant soit-il, aussi démoralisant et peut-être un brin humiliant puisse-t-il être de prime abord, ne doit pas être balayé du revers de la main, être vite effacé des souvenirs ou pire encore, être qualifié de simple accident de parcours.
Comme plusieurs l’ont peut-être fait après les revers cuisants aux mains des Kings (5-1), des Stars (7-0) et des Capitals (8-4) au cours des dernières semaines.
Une base de référence
Ce revers doit servir de base de référence. Il doit servir de trampoline pour permettre à Nick Suzuki de comprendre ce qu’il doit faire pour se rapprocher le plus possible de Nathan MacKinnon qui, en ce moment, est le meilleur joueur de hockey au monde. Il doit permettre à Lane Hutson de comprendre que ce ne sont pas seulement les points qu’il multiplie qui assurent Cale Makar du titre de meilleur défenseur de la LNH et du trophée Norris qui le confirme. Il doit permettre au reste de l’équipe de comprendre ce que veut dire suivre la voie pavée par le leader et tout faire pour le suivre et l’épauler.
Au lieu de mettre à la poubelle le fichier contenant les hauts de l’Avalanche et les bas de ses joueurs qui ont été incapables de composer avec le manque à gagner en matière de talent, d’expérience et de profondeur face à un adversaire trop fort, Martin St-Louis devrait convoquer ses joueurs en salle vidéo chaque fois qu’il sentira sa troupe tomber dans une forme dangereuse de complaisance après quelques victoires.
On pourra insister autant que l’on voudra sur le bon début de rencontre du Canadien samedi. Car il est vrai que Zachary Bolduc et Brendan Gallagher ensuite ont frappé à la porte du filet de l’Avalanche lors de la première des deux attaques massives obtenues lors du match.
Mais Mackenzie Blackwood a fait, comme le fait aussi Scott Wedgewood depuis le début de la saison, les arrêts nécessaires pour donner une chance à son équipe de gagner.
Au-delà de ces deux bonnes occasions de marquer en début de rencontre, le Canadien n’a rien généré ou à peu près. Les buts d’Ivan Demidov et Lane Hutson ont permis d’un peu panser les plaies, mais ils sont venus alors que l’issue du match était scellée depuis un bon moment.
Le Canadien a été battu rondement aux cercles des mises en jeu. Nathan MacKinnon (10-5, 67%) et Jack Drury (12-2, 86 %) ont gagné 22 des 29 mises en jeu qu’ils ont disputées.
L’Avalanche qui a très souvent, trop souvent pour aider la cause du Canadien, commencé des séquences avec la rondelle a ensuite battu le Tricolore dans toutes les autres facettes du jeu. MacKinnon, Nelson, Necas et le reste des joueurs des Nordiques d’un jour arrivaient avec tellement de vitesse en zone du Tricolore que les défenseurs devaient reculer et reculer encore au lieu de contester la ligne bleue.
Avec les résultats qui ont suivi : une domination totale en zone du Canadien et sept buts bien comptés pour le prouver.
L’Avalanche a donné une leçon de hockey au Canadien samedi. Et c’est justement ce que le Canadien doit tirer de ce revers cuisant : des leçons qui le serviront dans sa quête de se rapprocher le plus possible de l’Avalanche à défaut de pouvoir rejoindre ou dépasser cette puissance de la LNH.
Du moins, pas à court ou à moyen terme.
L’importance d’un deuxième centre
La dégelée de samedi doit aussi servir à confirmer à l’état-major – qui le sait déjà depuis longtemps – l’importance de faire l’acquisition d’un deuxième centre digne de ce titre, d’un centre à l’image de Brock Nelson que Chris MacFarland a acquis à la date limite des transactions le printemps dernier.
Nelson a joué un rôle de premier plan avec ses quatre points, dont deux buts récoltés aux dépens du Canadien. Ce qui est loin d’être une surprise pour cet ancien leader des Islanders qui revendique maintenant 20 buts et 31 points en 33 matchs disputés contre le Tricolore.
L’Avalanche a donné aux Islanders un choix de première ronde en 2026, un choix conditionnel de troisième ronde en 2028, le jeune espoir de premier plan Calum Ritchie, et Oliver Kylington, un vétéran défenseur suédois échangé quelques heures plus tard aux Ducks d’Anaheim et qui a été libéré en début de saison par les Hurricanes de la Caroline.
Calum Ritchie, un jeune centre repêché en première ronde (27e sélection) par l’Avalanche en 2023, revendique deux buts et trois points en 15 matchs avec les Islanders cette année.
Est-ce que le Canadien a l’équivalent à offrir au sein de son organisation? Sans l’ombre d’un doute. Et je suis convaincu que l’état-major n’hésiterait pas une seconde à conclure le même genre de transaction pour un centre de l’envergure de Nelson.
Pour Ryan O’Reilly, genre, comme!
Bon dimanche à tous et à toutes.
Mes Steelers en auront plein les mains contre des Bills qui voudront faire oublier leur défaite aux mains des Texans lors du dernier match. Mais bon! Comme pour le Canadien samedi à Denver contre les Nordiques, on peut se replier sur la grande vérité selon laquelle : à l’impossible nul n’est tenu.
On reconnecte plus tard.






