Quel cinéma!
Après un duel digne d’une finale d’association contre Tampa Bay, Montréal n’a pas le temps de souffler. Devant eux se dressent maintenant les Sabres de Buffalo, qui ont terminé au sommet de la division Atlantique et sont sur une vraie vague de momentum après avoir remporté leur première ronde depuis 2007. On peut s’attendre à une autre série chaudement disputée entre deux équipes qui ont le vent dans les voiles.
Montréal devra tout faire pour faire pencher la glace en leur faveur et deux aspects en particulier ressortent du lot pour moi.
Avant les séries, plusieurs questions étaient posées sur la capacité du Canadien à survivre au jeu physique des séries. Je crois que Montréal a passé le test avec brio. Les hommes de Martin St Louis ont distribué 300 mises en échec (72 de plus que le Lightning) et ont remporté 56 % de leurs batailles à 1 contre 1, deux marques qui mènent la LNH en première ronde.
Et si vous pensiez que le fait que la série Montréal-Tampa est la seule qui s’est rendue à sept matchs explique ce total élevé, Montréal mène aussi si on regarde plutôt les mises en échec par 60 minutes, avec un peu plus de 40. Ce n’est pas seulement la contribution de quelques employés de soutien non plus. Lors du décisif match no 7, un seul des 18 patineurs n’a pas obtenu au moins une mise en échec (Gallagher, limité à 6:48 de jeu).
Pour les curieux, Tampa a eu trois zéros dans la colonne des plaqués, dont un certain Nikita Kucherov. Intéressant, non?
La ligne bleue des Sabres est encore plus imposante que celle du Lightning, avec Bowen Byram (6’1), qui est le seul défenseur de moins de 6’3. Tage Thompson et Jordan Greenway (6’6) sont deux autres géants en attaque. Malgré tout, leurs totaux de mises en échec, autant en saison qu’en séries, reste plutôt modeste. Ça demeure tout un test, mais Montréal a prouvé que ses joueurs ne se laisseront pas intimider facilement.
En contrôle
Montréal est une équipe de possession, qui aime prendre son temps pour chercher la faille dans la défense plutôt que de diriger une tonne de tirs vers le filet dès qu’une occasion se présente. Contre le Lightning, le Canadien, et surtout le premier trio, a eu de la difficulté à avoir des présences soutenues en territoire adverse. J’ai hâte de voir comment Martin St Louis va attaquer la défense de Buffalo, mais en termes de gagner la possession de la rondelle, Montréal a un avantage considérable sur son adversaire : le cercle des mises en jeu.
C’est quelque chose qui a toujours été très important pour l’entraîneur du Canadien. L’acquisition de Phillip Danault en est une preuve, lui qui est souvent sur la glace pour les mises en jeu clé en fin de match aux deux bouts de la patinoire. On a aussi souvent vu Danault, Jake Evans, et anciennement Christian Dvorak, obtenir des mises en jeu clé en prolongation. C’est clairement une priorité pour St-Louis et Montréal n’aurait pas pu demander un meilleur adversaire à ce chapitre.
Je ne passerai pas par quatre chemins, les Sabres sont la pire équipe de la ligue dans le cercle des mises en jeu. En saison régulière, leurs sept joueurs de centre les plus utilisés ont tous remporté moins de 50 % de leurs présences, menant à un taux de réussite combiné de 45,9 % pour Buffalo, la pire marque de toute la ligue. Ça ne s’est pas amélioré contre les Bruins, à seulement 43,8 %. Même Ryan McLeod, qui s’est développé en excellent attaquant défensif et qui va fort probablement affronter Nick Suzuki régulièrement, n’est pas un as des mises en jeu, remportant seulement 47,7 % de ses tentatives pour la saison et le premier tour combinés. Pour Montréal, c’est tout l’opposé, avec 55,6 % de réussite contre le Lightning.
Chaque mise en jeu gagnée par Montréal force l’adversaire à commencer ses présences sur les talons. Ça te permet de mettre la rondelle sur le bâton des Hutson, Suzuki et autres menaces offensives plus souvent et plus rapidement, quelque chose qui pourrait faire pencher la balance en faveur du Tricolore.
Prédiction : Montréal en 6











