BUFFALO - Parce qu’ils sont gros, grands et forts autant à l’attaque qu’à la ligne bleue, on pourrait croire que les Sabres étaient bien plus dans leur élément en première ronde face aux Bruins qu’ils ont éliminés en six parties.
Qu’on croiserait dans le vestiaire des Sabres un brin inquiets et deux brins vulnérables à quelques heures de la deuxième ronde qui les opposera au Canadien à compter de mercredi.
Pas vraiment non!
« Nous sommes capables de nous adapter à tous les styles de jeu. Mais à mes yeux nous sommes à notre meilleur quand le jeu est rapide », a souligné Bowen Byram qui complète un duo dynamique et efficace avec Owen Power.
Les convictions du défenseur sélectionné en première ronde (4e sélection) par l’Avalanche du Colorado – il a été échangé aux Sabres en retour de Casey Mittelstadt – sont mieux d’être fondées. Car quand son entraîneur-chef Lindy Ruff défile les trois raisons qui expliquent le succès du Canadien en saison et en première ronde, la vitesse et le talent occupent une place prépondérante.
« Le Canadien a du succès parce que leur gardien (Jakub Dobes) est excellent devant son filet; parce que leur premier trio rivalise avec les meilleurs premiers trios de la Ligue; parce qu’ils ont une défensive très mobile », a défilé Ruff sans toutefois identifier Lane Hutson comme étant le principal responsable de cette mobilité à la ligne bleue.
Derrière Ramus Dahlin et Mattias Samuelsson qui composent le premier duo, Byram et Power, bien que plus jeunes, affichent une grande efficacité.
Tout premier choix de la cuvée de 2021, Owen Power a terminé la première ronde avec quatre points et un différentiel de +5. Son partenaire Byram (trois buts, cinq points, +6) le couvre d’éloges et n’hésite pas à le comparer à son capitaine Rasmus Dahlin, lui aussi sélectionné au tout premier rang du repêchage, mais en 2018.
« Il a toutes les qualités pour réussir. Il est gros, il patine, il se sert bien de son bâton, il est rapide et intelligent. C’est un plaisir de jouer à ses côtés. »
Tout un premier trio
Aussi bonne soit la brigade défensive des Sabres, et elle est très bonne, elle compte sur quatre trios responsables et sur des gardiens qui les ont aidés toute l’année. Du moins à partir du 9 décembre lorsque la saison à viré bout pour bout.
Le premier trio des Sabres, celui pivoté par Tage Thompson avec Alex Tuch à sa droite et Peyton Krebs à sa gauche, est le parfait exemple de ce haut niveau de responsabilité.
Un trio plus gros, mais tout aussi efficace que le premier trio du Canadien. Beaucoup plus même après la première ronde.
Thompson (2 buts, 7 points), Tuch (4 buts, 7 points) et Krebs (2 buts, 6 points) ne sont pas seulement les trois meilleurs marqueurs des Sabres après la première ronde. Ils présentent aussi les différentiels les plus positifs du club. Un différentiel combiné de +23.
L’échec avant de ce trio imposant physiquement, presque intimidant, est à la base de ses succès.
« Alex est gros et fort. Il a aussi une très grande portée avec son bâton pour briser des jeux. La vitesse est le principal atout de Peyton. Cette vitesse et sa grande combativité lui permettent de gagner des batailles et de voler des rondelles en zone ennemie. J’ai aussi une bonne portée avec mon bâton et en plus, nous avons tous les trois développé une très bonne capacité de lecture du jeu. Ça hausse notre efficacité », a analysé Tage Thompson.
Débarqué à Buffalo en même temps que Rasmus Dahlin en 2018 – il est passé des Blues aux Sabres dans le cadre de la grosse transaction qui a envoyé Ryan O’Reilley à St Louis –, Thompson reconnaît qu’il était plus que temps qu’il puisse goûter aux séries.
« Ça nous a pris plus de temps qu’on l’aurait voulu. C’est clair. Mais maintenant que nous y sommes, maintenant que nous avons gagné une première ronde, notre but est de nous rendre le plus loin possible », a convenu celui qui a marqué 40 buts et amassé 81 points cette saison.
« On connaît le Canadien, nous avons eu de bonnes batailles contre eux cette année (les deux équipes ont gagné et perdu deux fois), mais c’est du passé. Les séries n’ont rien à voir avec la saison et chaque ronde de séries est une nouvelle saison qui commence. Nous les respectons beaucoup. C’est une très bonne équipe », a conclu Thompson.
Le roi Lyon
Si Jakub Dobes a joué un rôle de premier plan dans la victoire du Canadien en première ronde aux dépens du Lightning à qui il a volé la victoire dans le septième et dernier match, les Sabres comptent sur Alex Lyon.
Bon! Lyon n’est pas le genre de gardien à empêcher ses adversaires de dormir la veille d’un match. Adjoint de carrière, il a connu de bonnes séquences ici et là au fil des ans. C’est d’ailleurs lui qui a conduit les Panthers de la Floride en séries éliminatoires il y a deux ans. Ses performances en relève à Sergei Bobrovsky avaient permis aux Panthers d’enfiler les victoires en fin de saison. Et chacune de ces victoires était saluée dans le vestiaire des Panthers par le thème musical du film « Le Roi Lion ». Rien de moins.
Après avoir partagé le travail avec Ukko-Pekka Luukkonen en saison régulière, Lyon semble avoir pris la pôle en première ronde. Il a donné aux Sabres trois de leurs quatre victoires aux dépens des Bruins. Il a surtout maintenu une moyenne exceptionnelle de 1,14 but alloué par match et une efficacité plus exceptionnelle encore de 95,5 %. Pour être plus précis, disons qu’il a stoppé 106 des 111 tirs des Bruins.
Est-ce que Lyon sera en mesure de maintenir cette cadence difficile à maintenir? Surtout que Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky, s’il retrouve ses compagnons de trio dès mercredi face aux Sabres, ont des dettes à rembourser à leurs coéquipiers sur le plan offensif après une première ronde très timide à forces égales.
La réponse à cette question aura une très grande influence sur l’issue de la série.
Le Canadien m’a fait mentir en chassant le Lightning en sept matchs alors que je croyais que c’est le Lightning qui l’emporterait en sept.
Pour donner la chance au Tricolore de me faire mentir une deuxième fois de suite, je favorise les Sabres en six.
À vous de jouer!











