GATINEAU – Il y a six mois, Mavrick Rousseau-Hamel et Thomas Rousseau avaient jeté les gants dans un match de la LHJMQ. La semaine dernière, ils étaient coéquipiers, et même partenaires de trio, au camp des recrues des Canadiens de Montréal.
Les deux ont pu en rire avant de se concentrer sur cette audition importante.
« On a joué un contre l’autre et on s’est battus un contre l’autre », rigolait Rousseau-Hamel après le premier match du CH au Défi des espoirs disputé au Centre Slush Puppie.
« C’est sûr que ça fait drôle de le côtoyer et d’être sur le même trio, mais c’est vraiment un bon gars donc on met ça de côté puis on joue ensemble », a, pour sa part, noté Rousseau.
Les deux « nouveaux amis » figuraient parmi les sept joueurs invités par le Tricolore à ce camp des recrues.
Au bilan des deux parties, on peut déduire que Rousseau-Hamel s’est démarqué davantage en appliquant à la lettre la consigne de Daniel Jacob, l’entraîneur-chef du Rocket de Laval, de laisser sa carte d’affaires.
Hargneux, dérangeant et rapide, Rousseau-Hamel a été en mesure de conserver son identité alors qu’il a écopé de 113 minutes de punition la saison dernière avec les Remparts de Québec.
Que dire de cette séquence cocasse durant la troisième période du deuxième match, c’était du vrai Rousseau-Hamel. Il était sur le point d’entamer un combat avec un adversaire des Sénateurs lorsque Jean-Samuel Daigneault a marqué un but. Rousseau-Hamel a renoncé à se battre pour aller célébrer le but de Daigneault avec ses coéquipiers.
Quant à Rousseau, il a exercé une influence plus modeste avec quelques bonnes actions en échec-avant et en infériorité numérique. Tout de même, le joueur du Phoenix de Sherbrooke était satisfait de son rendement.
« Je suis très content de ce que j’ai fait en fin de semaine. C’était vraiment cool de voir tout ce qui entourait ces matchs », a noté le droitier.
Les deux joueurs ne partagent pas uniquement le nom de famille et le statut d’invité au camp des recrues du CH, ils doivent s’imposer avec un gabarit pratiquement identique. Les deux athlètes mesurent cinq pieds dix pouces alors que Thomas Rousseau pèse une livre (171 livres) de plus que Rousseau-Hamel.
Carburer au statut de sous-estimé
Même s’il n’est pas le plus costaud, Rousseau croyait en ses chances de se faire repêcher, cet été, par une équipe de la LNH.
« J’ai vu ça (l’invitation du Canadien) comme une deuxième chance de me faire valoir. Je n’avais rien à perdre, c’était ma mentalité et ça me permettait de me faire voir par plusieurs personnes », a décrit Rousseau alors que de nombreux recruteurs des équipes de la LNH ont épié les matchs.
Justement, on a discuté avec Jonathan Deschênes, qui est entraîneur adjoint du Phoenix, et il a visé dans cette direction.
« Il a souvent eu l’étiquette d’« underdog » (sous-estimé) et cette mentalité l’aide à obtenir du succès. Parfois, il commence plus loin dans une formation et il grimpe les échelons. C’est la bonne approche pour lui mentalement, il est très déterminé », a noté Deschênes.
À sa deuxième saison dans la LHJMQ, Rousseau s’est vu confier d’importantes responsabilités.
« Si bien qu’offensivement, ça n’a pas été une saison (52 points en 60 matchs) comme il aurait espéré. Mais il n’y a pas beaucoup de joueurs de 17 ans qui avaient un tel rôle. Oui, il n’a pas été repêché, mais ce n’est pas une année perdue dans son parcours, il est devenu un joueur plus complet et ça l’aidera pour la suite », a souligné Deschênes.
Sans oublier que les nouvelles règles entourant la NCAA n’ont pas favorisé sa cause pour le repêchage de la LNH.
« Les équipes ont attendu pour le repêcher dans le but de voir à quoi il ressemblera à 20 ans. J’ai l’impression que ce changement lui a nui », a constaté Deschênes à propos d’une réalité à apprivoiser.
Ce sera à lui de conserver le même état d’esprit et soulignons que son grand frère, Samuel, a atteint un physique de six pieds et 194 livres dans la LHJMQ.



