GATINEAU – La transition de la NCAA à la Ligue américaine de hockey a paru facile pour Luke Mittelstadt, et ce, même s’il est arrivé avec le Rocket de Laval en fin de saison alors que le niveau est fort relevé.
Depuis qu’il avait été repêché en septième ronde (197e au total) en 2023 par les Canadiens de Montréal, Mittelstadt avait exposé une progression captivante.
Francis Bouillon, entraîneur au développement des joueurs, avait vanté quelques fois les qualités de cet espoir qui évoluait avec l’Université du Minnesota. D’ailleurs, outre le volet physique, Mittelstadt possède des atouts similaires à ceux de Bouillon qui a joué 776 matchs dans la LNH en dépit d’un petit gabarit.
Tout de même, Mittelstadt a agréablement surpris les entraîneurs et les dirigeants de l’organisation montréalaise avec son adaptation rapide.
« Mon premier match a été un réveil un peu brutal, je devais assimiler certaines choses. Je suis devenu plus à l’aise et les gars m’ont énormément aidé. Je voulais progresser. »
— Luke Mittelstadt
Il a été blanchi dans ce premier match, qui a eu lieu le 20 mars, et ce fut aussi le cas à sa deuxième sortie. Cependant, Mittelstadt a enchaîné en récoltant un but et quatre aides dans les sept matchs suivants.
Quand on évoque son adaptation facile, sa réponse est digne du rôle de capitaine qui lui a été confié pour le Défi des espoirs à Gatineau.
« Je dirais que c’est grâce aux joueurs autour de moi, ils m’aidaient sur la patinoire et les entraîneurs ont été très utiles. J’ai aidé ma cause, mais je dirais surtout que c’est l’appui des autres, si ça fait du sens », a noté le défenseur gaucher de cinq pieds onze pouces et 185 livres.
Sans tarder, Mittelstadt a vu son utilisation grimper, devenant même le partenaire de David Reinbacher en plus d’évoluer en avantage numérique.
Daniel Jacob, qui pilotait les défenseurs du Rocket la saison dernière, avait insisté sur cet aspect.
« Ne pas craindre d’anéantir un jeu adverse à notre ligne bleue. Je redoutais un peu de me faire déjouer ou d’écoper d’une punition. La confiance a été importante, il est un merveilleux enseignant », a mentionné l’Américain de 23 ans.
Mittelstadt avait préféré demeurer au niveau universitaire pour une quatrième saison alors qu’il aurait pu accéder au niveau professionnel. Force est d’admettre qu’il était prêt quand il est arrivé avec le Rocket en mars avec son diplôme en poche.
« Il a grandi dans une famille de hockey, c’est sûr que ça doit aider. Dès son arrivée, il était organisé, il connaissait son plan et il avait la tête tranquille. C’est un travaillant, mais il est ouvert d’esprit. Ce que j’ai trouvé cool avec lui, c’est qu’il y avait de nouveaux concepts. Au premier match, ce n’était pas parfait, mais il avait essayé. On lui a montré de nouveau et il a été capable d’assimiler l’information », a souligné Jacob qui a été promu entraîneur-chef du Rocket.
« C’est un petit gars intelligent aussi qui gère bien la pression et la gestion des risques. Il a aussi été une belle découverte en avantage numérique. Il était prêt à embarquer dans notre folie. J’ai hâte de voir la suite, c’est excitant. »
— Daniel Jacob
Être plus petit ne l’affecte pas
Ce week-end, à Gatineau, les espoirs du CH, des Maple Leafs, des Jets et des Sénateurs étaient réunis. Il était normal que Mittelstadt parvienne à s’imposer et son aisance avec la rondelle sautait aux yeux contre cette opposition moins aguerrie.
Mittelstadt a également exercé son rôle de meneur sur la patinoire en multipliant les indications pertinentes à ses coéquipiers.
Pour lui, le grand enjeu dans sa route vers la LNH sera de déployer ses habiletés contre des adversaires plus costauds que lui.
« Au niveau junior, j’étais plus dans la moyenne. À l’université, j’étais plus petit que d’autres. Désormais, je suis vraiment plus petit, a-t-il admis avec le sourire. Mais honnêtement, ça ne m’affecte pas. Quand je me dirige dans le coin de la patinoire, je ne me dis pas que mon adversaire est plus gros que moi. Ça m’arrive d’y penser, mais pas quand je joue. »
L’imposant Tyler Thorpe (six pieds cinq pouces et 230 livres) l’a vanté en le décrivant comme un défenseur toujours bien positionné et envers lequel il a toujours confiance pour réussir ses jeux.
Son autre défi sera de se faufiler quand il y a déjà une certaine congestion à la ligne bleue montréalaise. Mais Mittelstadt a tenu à être fidèle au CH alors qu’il aurait pu explorer d’autres options.
« Absolument, ils ont investi un choix en moi. J’ai bien aimé travailler auprès de Rob Ramage et Francis Bouillon a été merveilleux. »
Son grand frère, Casey, a déjà joué plus de 500 matchs dans la LNH, mais il comprend qu’il ne peut pas précipiter les choses.
« Je ne regarde pas trop loin. Je veux progresser et utiliser les ressources à notre disposition », a conclu Mittelstadt avec sagesse.



