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Gagner sa place, une corvée quotidienne : « Ça n’arrête jamais »

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BROSSARD – Le court camp d’entraînement du Canadien est entré dans une nouvelle phase mercredi. Avec un seul soir de match à l’horaire avant le début de la saison, les joueurs toujours présents à Brossard ont été divisés en deux groupes : ceux qui sont pressentis pour commencer la saison dans la LNH d’un côté et ceux qui retourneront assurément faire leurs classes dans la Ligue américaine ou l’ECHL de l’autre.

On retrouvait dans le groupe A quatre joueurs au destin toujours incertain. David Reinbacher et Adam Engström sont du lot de huit défenseurs qui visent l’un des six postes de titulaires à la ligne bleue en l’absence de Kaiden Guhle. À l’attaque, Florian Xhekaj et Owen Beck semblent toujours dans les discussions pour déloger un vétéran.

« C’était une occasion de leur donner des bonnes répétitions dans un environnement de la Ligue nationale, a dit Martin St-Louis. C’était le but visé. Chaque joueur interprétera probablement ça différemment, mais pour eux, chaque jour est important. Peu importe dans quel groupe tu te retrouves, il y a toujours une opportunité. Pour moi, c’est tout ce qu’il y a [à comprendre]. »

L’histoire de St-Louis est bien connue. Il a longtemps mangé son pain noir au bas de l’échelle avant de tomber dans l’œil des bonnes personnes et d’arriver au sommet de la chaîne alimentaire.

« Je me rappelle que quand l’équipe était divisée en deux, je n’étais certainement pas dans le groupe des joueurs de la LNH, s’est remémoré l’ancienne recrue des Flames de Calgary. Mais ça peut fonctionner. Il faut juste être fort mentalement. Ton mental doit être plus fort que tes sentiments. »

« C'est parfait comme ça, tu dois vivre de la compétition » À On Jase, Denis Gauthier avoue aimer la compétition à l'interne chez les Canadiens en vue de la progression.

Xhekaj en est à son quatrième camp avec le Canadien. Après avoir été repêché en quatrième ronde en 2023, il avait été retourné à son club junior au lendemain du match entre les Rouges et les Blancs au Centre Bell. Sa cote a monté dans les années subséquentes. Son nom est sur toutes les lèvres depuis quelques semaines.

« L’an dernier, j’avais accompagné l’équipe à Québec. On n’était encore que quatre “extras”, alors c’est une situation qui m’est familière », a-t-il noté mercredi.

Beck a encore plus d’expérience pour gérer les joies et les déceptions d’un camp de sélection. Le camp actuel est son cinquième. En 2022, il avait été si impressionnant qu’il avait joué un match dans la LNH avant d’être renvoyé à son club junior de Mississauga. Aujourd’hui âgé de 22 ans, il n’a toujours pas trouvé la sécurité d’emploi que tous recherchent au plus haut niveau.

Leur situation illustre bien le poids qui peut s’accumuler sur les épaules de ces joueurs qui se démarquent clairement de leurs pairs du même âge, mais qui ne sont pas assez talentueux pour être des contribuables indiscutables au plus haut niveau.

Même Lane Hutson, qui appartient à la classe des surdoués, s’impose cette pression inhérente à un milieu de travail ultra contingenté. « Il faut se faire remarquer, il faut y aller à fond à chaque jour. Ça n’arrête jamais. Ce que vous avez accompli en date d’aujourd’hui n’a pas vraiment d’importance, il faut continuer de le faire sur une base quotidienne, continuer d’apprendre, continuer de viser plus haut. »

Xhekaj veut « forcer la main » des dirigeants Florian Xhekaj parle de sa tentative de se mériter une place dans la formation des Canadiens pour débuter la prochaine saison.

La sauce secrète

Ses propos rejoignaient ceux de son entraîneur.

« À chaque jour, c’est à recommencer, prévient St-Louis. Tu as eu un bon match? Super, mais qu’est-ce que tu fais aujourd’hui? Tu as eu un mauvais match? Même chose. Ça serait mon conseil à tous les jeunes joueurs qui cognent à la porte ou qui tentent de la défoncer. Concentre-toi sur la prochaine journée. Il n’y a pas de sauce secrète. C’est juste la constance dans le travail et la discipline. »

St-Louis est allé plus loin : « Entre jouer un match dans la LNH et devenir un joueur régulier, il y a encore un autre niveau. D’où l’importance de suivre un processus constant pour maximiser tes chances d’avoir une carrière. Connaître un bon camp, c’est fantastique, mais ce n’est pas suffisant. »

Sur papier, les chances de jeunes joueurs comme Xhekaj et Beck de percer la formation semblent réduites par la congestion qu’ils peuvent observer à travers leur visière. Le Canadien compte présentement sur 13 attaquants dotés d’un contrat de la Ligue nationale et ils sont tous en santé.

Mais St-Louis a rappelé qu’un contrat en poche est un obstacle contournable et qu’il n’y a pas que ses recrues qui ont intérêt à être habité d’un sentiment d’urgence.

« Les contrats [font partie de l’équation], mais il y a des choses qui peuvent changer. Il y a différentes manières de faire de la place. Mais ça part toujours de l’individu. Il faut qu’il nous force la main. »

« Avec notre profondeur, on est dans une situation différente d’il y a deux ou trois ans. C’est pas juste de savoir si tu vas être dans la formation quand on va commencer la saison, mais c’est où tu vas être dans la formation. Il y a beaucoup de gars qui poussent. Je pense que c’est un bon problème. »