MONTRÉAL – Après la victoire facile, mais ô combien nécessaire, acquise aux dépens des misérables Maple Leafs de Toronto, le défi qui se dressait devant le Canadien, à Salt Lake City mercredi, était beaucoup plus imposant!
Nick Suzuki et ses coéquipiers l’ont relevé, offrant une performance convaincante pour amorcer le voyage difficile - qui se poursuivra à Las Vegas et Denver - avec un gain de 4-3.
Bon! Ça n’a pas été évident par moments, alors que le Mammoth d’André Tourigny a fait payer cher au Tricolore une pénalité, des batailles perdues le long des bandes et des joueurs échappés autour du filet de Jakub Dobes.
Mais après avoir vu l’avance de 2-0 qu’ils s’étaient offerte au premier tiers en jouant du hockey solide, dynamique et inspiré se transformer en recul de 2-3 en période médiane, les joueurs du Tricolore sont demeurés dans le coup.
Ce contrôle, cette manière d’éviter l’implosion qui les guettait après les trois buts sans riposte marqués par le Mammoth en 249 secondes – ou 4 minutes 9 secondes si vous préférez – représente la plus grande source de satisfaction du Tricolore... à mes yeux.
Autant pour les joueurs que pour le gardien Jakub Dobes qui n’a pas perdu ses moyens après cette explosion du Mammoth.
Dobes plus convaincant
De fait, Dobes a permis à ses coéquipiers de revenir dans le match et de signer une victoire importante en réalisant ses meilleurs arrêts après qu’il eut été victime de trois buts sur six tirs. Ses 19 arrêts consécutifs suivant ce passage à vide de son équipe, en milieu de deuxième période, n’ont pas seulement permis à Dobes de donner une chance de victoire au Canadien. Ils lui ont permis de gagner en confiance et d’attiser la confiance à son égard.
Il sera maintenant intéressant de voir si Martin St-Louis lui offrira le droit d’aller battre les Golden Knights, vendredi, à Las Vegas, dans le cadre d’un troisième départ consécutif. Ce qui serait une première pour Dobes cette saison. Bien qu’ils forment une solide formation encore cette année et qu’ils aient retrouvé leur capitaine Mark Stone mercredi – les Sénateurs d’Ottawa ont toutefois gagné 4-3 en tirs de barrage – les Golden Knights représentent un défi moins imposant que l’Avalanche contre qui le Canadien terminera son voyage samedi.
Martin St-Louis maximisera-t-il ses chances de battre les Knights en utilisant le meilleur de ses deux gardiens – en ce moment – dans un match plus « prenable » pour offrir à Samuel Montembeault la « chance » d’aller se refaire une confiance en volant une victoire au Colorado?
Fera-t-il le contraire en misant sur Dobes contre la meilleure équipe de la Ligue?
Transgressera-t-il à sa règle de ne pas avoir recours au même gardien pour disputer deux matchs en deux jours?
Trois questions qui attiseront passion et débats avant que la réponse ne tombe. Et lorsque cette réponse tombera, la passion et les débats prendront plus d’ampleur encore...
Sources multiples de satisfaction
La tenue de Dobes s’inscrit parmi les sources de satisfaction au lendemain de sa huitième victoire de la saison. La douzième du Canadien.
Comme l’éveil de l’attaque massive qui a donné deux des quatre buts au Canadien mercredi. Deux buts enfilés en trois attaques massives contre une équipe qui affichait une efficacité de 85,7 % à domicile à court d’un homme avant le match.
Les deux buts de Nick Suzuki et la passe que le capitaine a récoltée pour atteindre et dépasser le plateau des 400 points en carrière sont plus que de simples statistiques. Ils confirment l’excellence de Suzuki sur la patinoire et l’ont récompensé pour la qualité de son jeu. Même que le capitaine aurait pu récolter une, deux et peut-être trois passes de plus si Cole Caufield n’avait pas bousillé quelques tirs sur réception, ce qu’il ne fait pas souvent, ou ne s’était pas fait stopper en échappée.
Le petit Cole se reprendra...
Zachary Bolduc, qui a la chance d’évoluer au sein du premier trio, a disputé une solide partie. Sa meilleure depuis qu’il a hérité de la place de Juraj Slafkovsky. Un but, deux passes dont l’une qu’il a récoltée après avoir racheté ce qui s’annonçait comme une catastrophe lors de la relance qu’il amorçait en zone défensive moussent ses statistiques personnelles.
Et c’est tant mieux.
Car on est en droit de s’attendre à beaucoup de ce joueur qui a tout pour réussir. Qui a surtout tout pour aider ses compagnons de trio à contribuer offensivement, autant qu’ils ne le faisaient avec le grand Slaf à leur droite.
L’impact du petit Xhekaj, la sortie du grand
Bien qu’ils n’aient pas récolté de points pour auréoler leur performance, il est important à mes yeux de souligner l’impact que le trio de Jake Evans, flanqué de Josh Anderson et Florian Xhekaj, a eu dans le match.
Surtout dans le cadre du début de match.
Rapides et teigneux, ces trois joueurs ont donné le ton au premier tiers. Ils ont inspiré leurs coéquipiers et déstabilisé leurs adversaires. Ils ont fait ce que tout tient à obtenir d’un trio d’énergie.
Pendant que son grand frère suivait le match des gradins, Florian a ajouté des notes positives à son dossier. Il a moins joué que les deux vétérans plus tard dans le match, mais Xhekaj fait, en ce moment, ce que Joshua Roy n’a, malheureusement pour lui, pas été en mesure de faire au fil de ses derniers rappels : il donne des motifs à l’état-major de le garder avec le grand club et, plus encore, donne des motifs à Martin St-Louis à lui donner de la glace.
Est-ce le plus jeune des frères Xhekaj est à Montréal pour de bon? Peut-être pas. Mais il est en voie de gagner une place alors que son grand frère doit défendre la sienne.
Chassé de la formation au profit d’Adam Engström, Arber Xhekaj sera de retour au sein de la formation à un moment donné. C’est clair.
Mais Xhekaj devra imiter son frère et offrir à Martin St-Louis ce qu’il attend de lui pour se camper dans le rôle de sixième défenseur du Canadien. Ce n’est pas parce qu’il a perdu – ou moins bien paru – lors de ses deux derniers combats qu’Arber Xhekaj a été écarté pour offrir une chance au défenseur suédois venu de Laval.
C’est parce que l’implication physique qu’il doit apporter ne faisait plus contrepoids aux lacunes en matière de hockey qui le limitent à des utilisations parcimonieuses quand les matchs sont serrés.
Adam Engström n’a rien cassé lors de son premier match. Mais il n’a pas mal paru non plus. Ce qui est en soi une note positive pour un arrière.
Pourrait-il aider en attente du retour de Kaiden Guhle, dont l’absence fait plus mal au Canadien que bien des partisans ne le croient?
Peut-être. Ce qui choquera sans l’ombre d’un doute l’armée de « fans » de l’ainé des frères Xhekaj.
Une fois Guhle de retour, si aucun autre défenseur ne tombe au combat d’ici là, Arber Xhekaj et Jayden Struble reprendront leurs rôles au sein de la formation alors qu’ils devront rivaliser pour obtenir le plus souvent possible le « privilège » de compléter la brigade défensive à la gauche d’Alexandre Carrier.
Mais avant de penser à ça, le Canadien doit se concentrer sur Vegas et le Colorado. Car bien qu’il ait gagné à Salt Lake hier, le Tricolore doit composer avec le fait que plusieurs de ses rivaux directs gagnent eux aussi.






