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La fleur pour Caufield

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Cole Caufield - François Gagnon
Cole Caufield - François Gagnon (Getty Images)

Contre des Capitals qui avaient joué à Washington vendredi soir, des « Caps » qui en étaient à un troisième match en quatre soirs, le Canadien se devait de frapper vite et fort.

Il l’a fait!

Et sans surprise aucune, c’est Cole Caufield qui a lancé le Tricolore en avant 1-0 dès la 30e seconde du match. C’est d’ailleurs le but le plus rapide marqué par le Tricolore jusqu’ici cette saison.

Pourquoi sans surprise? Parce qu’avec ce premier but et le deuxième qu’il a marqués plus tard au premier tiers – après qu’Alex Ovechkin eut créé l’égalité 1-1 – Caufield a donné les devants au Tricolore pour les 20e et 21e fois déjà cette saison.

Ce total éclipse l’ancien record du Canadien. Un record (20) que détenait le très grand Guy Lafleur depuis la saison 1977-1978.

Ce n’est pas rien.

En fait, c’est énorme quand on pense que 21 des 35 buts de Cole Caufield ont permis de lancer le Canadien en avant dans un match.

Je sais bien qu’en principe tous les buts sont importants. Mais en réalité, les buts qui brisent une égalité ou qui permettent de la créer alors que ton équipe tirait de l’arrière par un sont bien plus importants que les buts enfilés quand ton club profite d’une avance de trois, quatre ou cinq buts ou que les autres marqués dans une cause perdue quand ton club tire de l’arrière par trois, quatre ou cinq buts.

Cole Caufield ne se contente donc pas de marquer. Il marque des buts importants. Des buts qui font la différence. Comme les deux qui ont propulsé le Canadien vers un gain ô combien important – ils le seront tous d’ici la fin de la saison – de 6-2 aux dépens des Capitals qui s’accrochent à leurs espoirs d’accéder aux séries. Comme les quatre qu’il a marqués en prolongation jusqu’ici cette saison. Les quatre autres qui lui permettent d’afficher huit buts gagnants cette année, et un autre, décisif celui-là, qui a donné au Tricolore une de ses deux victoires en tirs de barrage.

Caufield est aussi l’homme des grandes occasions alors qu’il a gonflé, aux dépens du gardien Charlie Lindgren et des Capitals venus de Washington, à quinze, sa récolte de buts enfilés au fil des 17 matchs disputés les samedis soirs depuis le début de la saison.

Cette statistique tient plus de l’anecdote qu’autre chose. J’en conviens. D’autant plus que Caufield, avec un brin de sagesse et d’humilité, a convenu avec les journalistes qui l’entouraient dans le vestiaire des gagnants qu’avec la vie que le hockey lui permet de profiter, «c’est pas mal samedi tous les jours.»

Temps d’arrêt opportun

Martin Saint-Louis a d’abord insisté sur son intention de reposer Nick Suzuki lorsqu’il a réclamé un temps d’arrêt même si son équipe était en avant 4-2, et qu’elle venait de se faire offrir une attaque massive avec 6 min 27 s à faire au match.

Vrai que le capitaine venait de compléter une longue présence sur la glace. Ce qui justifiait d’emblée le temps d’arrêt.

Mais St-Louis ne s’est pas contenté de faire les cent pas derrière le banc pendant que Suzuki reprenait son souffle. Loin de gaspiller les 30 secondes à sa disposition, St-Louis a regroupé ses joueurs et distribué les directives, les mises en garde, les conseils.

Après avoir vu son équipe gaspiller l’avance d’un but dont elle profitait aux dépens des Islanders, jeudi, St-Louis a pris les moyens pour éviter une catastrophe plus grande encore.

« Je voulais que Lane (Hutson) soit conscient du fait qu’ils (les Capitals) pourraient profiter d’un tir bloqué ou d’un tir raté pour se lancer à l’attaque même si on était en avantage numérique. Je voulais qu’il soit prêt à partir lui aussi. Mais je voulais aussi que les gars ne se contentent pas de contrôler la rondelle juste pour écouler du temps », a expliqué St-Louis.

Oui, le Canadien menait alors par deux buts. Une avance qui semblait plus que « confortable » alors qu’Alexander Ovechkin, ses chums et même leur entraîneur-chef Spencer Carbery semblaient avoir levé le pied. Une avance qui a beau être « la pire avance au hockey », mais qui demeure une avance quand même.

Et contrairement à jeudi, le Canadien a bien géré sa fin de match.

Nick Suzuki a marqué dans un filet désert. Jake Evans a bloqué deux tirs et a été « récompensé » comme l’a mentionné Martin St-Louis avec un but dans une cage déserte lui aussi.

Un mot, ou deux, sur Suzuki.

Dans l’ombre de Cole Caufield, qui s’approche du plateau des 40 buts et pourrait même flirter avec celui des 50 buts, le capitaine a une fois encore été impérial samedi.

Discrètement, il a récolté trois points, a complété ses 20 présences totalisant 18 min 25 s d’utilisation avec un différentiel de plus 4. Il a cadré deux des six tirs qu’il a décochés. Seule ombre au tableau : il a perdu huit des 13 mises en jeu qu’il a disputées.

Au-delà de cette efficacité de 38 %, Suzuki a encore abattu du gros boulot sur la patinoire. De fait, il abat pas mal toujours du gros boulot sur la patinoire où sa grande efficacité est inversement proportionnelle à sa grande discrétion.

Un mélange de discrétion et d’efficacité qui rappelle les Patrice Bergeron, Jonathan Toews et autres joueurs de centre de premier plan qui orchestraient les performances de leurs ailiers tout en s’assurant de bien les épauler. De les aider à bien paraître.

Cette grande discrétion dans le jeu de Suzuki l’empêche d’obtenir la reconnaissance qu’il mérite.

Pas auprès de ses coéquipiers, de ses adversaires et des dirigeants de la LNH qui l’ont d’ailleurs sélectionné pour défendre les couleurs du Canadien aux Jeux olympiques. Mais auprès des amateurs qui carburent souvent plus au spectaculaire qu’à l’efficacité.

Dobes gagne, il doit donc jouer

À l’image de Samuel Montembeault, jeudi soir, face aux Islanders de Mathieu Darche, Patrick Roy et Matthew Schaefer, Jakub Dobes a réalisé, samedi, quelques gros et très gros arrêts aux dépens des Capitals.

Mais contrairement à Samuel Montembeault, Jakub Dobes n’a pas accordé de but susceptible de soulever l’ire des partisans; de créer des cascades de doutes à son endroit.

Malgré des buts qui ont permis aux Islanders de revenir de l’arrière pour finalement gagner en prolongation, Samuel Montembeault a permis au tricolore de prolonger à six sa séquence de matchs consécutifs avec au moins un point (4-0-2).

Avec ses 27 arrêts, Dobes a non seulement prolongé cette séquence à sept, mais il a prolongé à 11 sa séquence de matchs consécutifs sans avoir perdu en temps réglementaire.

Une statistique qui milite en sa faveur et qui justifierait pleinement sa sélection sur une base plus régulière devant la cage du Tricolore. Tant qu’il gagne, Dobes devrait jouer, limitant ainsi les sorties de Montembeault aux séquences de deux rencontres en deux soirs. Comme vendredi et samedi prochain à Anaheim et Los Angeles. À moins que Dobes ne perde confiance, ne perde ses moyens et perde finalement le filet.

Spasiba Ovie!

Alexander Oveckin n’ayant pas encore levé le voile sur son avenir dans la LNH, il est impossible de lancer qu’il a donné, samedi, ses derniers coups de patin en carrière à Montréal.

Si tel est le cas, il aura maintenu le rythme effréné qui a marqué ses duels avec le Canadien au fil de sa carrière.

Avec ses deux buts enfilés samedi, alors qu’il s’est pas mal contenté de faire acte de présence au Centre Bell, Ovechkin a gonflé à 44 buts et 76 points sa faste récolte aux dépens du Tricolore qu’il affrontait pour la 63e fois en carrière en saison régulière. Ses deux buts lui ont aussi permis de devenir l’un des seulement 10 joueurs dans l’histoire de la LNH qui ont marqué au moins 20 buts dans sept amphithéâtres différents. Phil Esposito (neuf) et Wayne Gretzky (huit) dominent ce groupe de 10 joueurs…

Si c’était bel et bien le dernier affrontement d’Alexander Ovechkin contre le Canadien et sa dernière visite au Centre Bell, il est nécessaire de lui lancer « Spasiba Alexander » pour les performances sensationnelles offertes au fil de ses 21 saisons avec les Capitals.