MONTRÉAL – « On tire de l’arrière, mais on n’est pas morts. » Martin St-Louis peut encore réfléchir à son discours d’avant-match, mais on présume qu’il utilisera cette ligne alors qu’il s’attend aussi à une meilleure exécution individuelle.
Quelques heures après une deuxième défaite similaire face aux Hurricanes de la Caroline, le Tricolore tire de l’arrière seulement pour la deuxième fois dans ce parcours éliminatoire.
Le CH avait échappé le premier duel contre les Sabres de Buffalo avant de rebondir avec deux gains consécutifs. Contre les Hurricanes qui débordent d’énergie, l’objectif sera similaire même s’il apparaît plus complexe.
« Je m’attends à ce qu’on se présente. […] On n’est pas une équipe qui abandonne donc on va encore démontrer de la résilience », a ajouté l’entraîneur-chef du Canadien.
Ce serait difficile de contredire St-Louis sur cet aspect. Cela dit, sa troupe n’a pas suivi le rythme imposé par les Hurricanes depuis deux rencontres. L’exécution deviendra aussi cruciale que la résilience.
« On aurait pu mieux jouer, notre exécution n’était pas satisfaisante et on n’a pas réussi à la retrouver au fil du match. Il faut que ce soit mieux et qu’on joue avec du désespoir », a cerné le défenseur Kaiden Guhle alors qu’un déficit de 1-3 serait très ardu à effacer.
Sans même que la question lui soit posée, Guhle a reconnu ses torts pour sa dernière rencontre qui a été laborieuse.
« Mon rôle est d’abord de défendre notre zone de manière ferme. Je dois mieux me débrouiller à ce chapitre. Particulièrement dans le troisième match, j’ai tenté d’en faire un peu trop et je me suis retrouvé dans le trouble. Je dois retourner à la base », a précisé le défenseur de 24 ans qui vit sa deuxième expérience en séries.
Guhle n’a pas été le seul à éprouver des ennuis. Même Lane Hutson a commis des bévues incluant celle sur le but victorieux des Canes. La plupart du temps, St-Louis a visé le jeu collectif quand son clan gérait mal un aspect.
« On s’est tirés dans le pied un peu trop, surtout avec des revirements. C’était plus au niveau individuel », a, cette fois, reconnu l’entraîneur.
Comme si les Hurricanes était 6 ou 7 sur la patinoire
Avec leur pression intense et soutenue, les Hurricanes ont souvent embouteillé le Tricolore dans son territoire. L’attaquant Joe Veleno est celui qui a utilisé les mots les plus révélateurs pour décrire le défi de les affronter.
« Ça te fait presque croire qu’ils sont six ou sept sur la patinoire. Mais on doit gagner plus de batailles et se rendre davantage au filet. Ce serait nice d’avoir plus de lancers », a admis Veleno qui doit justement utiliser sa vitesse et son physique pour jouer profondément en zone offensive.
Lors de quelques séquences, lundi soir, les joueurs du Canadien étaient trop statiques dans leur territoire et ils ont semblé croire qu’ils auraient le temps de compléter une passe menant à une sortie de zone, mais les Canes ont anéanti leurs plans.
« Ils font un bon travail en échec-avant, on doit travailler ensemble et mieux exécuter. Quand on demeure coincés en zone défensive, ça provoque un effet boule de neige », a noté Alexandre Carrier.
Il ne serait pas farfelu de croire que le Tricolore est rattrapé par la fatigue qui s’accumule rapidement après avoir joué 17 matchs de séries contre 11 pour les Canes.
« Quand tu es rendu en finale association, l’adrénaline et l’excitation est là. On a joué beaucoup de matchs et tout le monde a des bobos en séries. Mais, à cette étape, tu as tes jambes peu importe et surtout au Centre Bell. Je ne pense pas que ce soit un facteur », a réagi Carrier avec professionnalisme.
On arrive ensuite aux mises en échec alors que les Hurricanes ont, jusqu’ici, dominé de manière écrasante 127 à 65. Rien pour aider le CH à retrouver son élan.
« Je m’attendais à plus de jeu physique que durant la saison (contre les Hurricanes). Il faut leur rendre crédit, mais on doit prendre un peu de blâme et se regarder dans le miroir, on peut mieux jouer. Je ne suis pas inquiet avec les ajustements qu’on effectuera », a mentionné Carrier.
Depuis son arrivée à la barre de l’équipe, St-Louis a énormément enseigné à ses protégés qui ont devancé les prévisions en se rendant en finale d’association. S’il le pouvait, St-Louis leur transmettrait toute son expérience des séries, mais ses joueurs doivent l’acquérir par eux-mêmes.
« Plus tu avances en séries, plus c’est difficile. On le savait, mais tu le réalises davantage quand tu le vis. On doit continuer de bûcher », a conclu St-Louis qui sera le dernier à rendre les armes.











