MONTRÉAL - Nick Suzuki et Cole Caufield forment un duo exceptionnel. Ils affichent sur la patinoire une complicité difficile à égaler.
Ce n’est pas pour rien que le capitaine s’approche du plateau des 100 points (94 points) et que le petit Cole flirte avec celui des 50 buts après les 48e et 49e qu’il a marqués, jeudi soir, à New York, aux dépens des Rangers et de leurs partisans qui sont encore un brin médusés par la victoire de 3-2 arrachée en fin de match par Caufield et ses coéquipiers du Tricolore.
Pour en rajouter sur Caufield et illustrer à quel point il connaît une saison « historique », il a marqué 17 buts à ses 18 derniers matchs. Ça ne vous impressionne pas? Ajoutons alors qu’il en a marqué 28 à ses 27 dernières parties.
De ses 49 buts – aucun dans une cage déserte en fin de rencontre et seulement 10 en avantage numérique – 28 ont brisé une égalité en faveur du Canadien. Ce qui le place parmi les meilleurs dans l’histoire de la LNH à ce chapitre au cours d’une saison.
Il est rendu à 26 buts enfilés sur la route cette saison. Seul Guy Lafleur – avec 33 en 1976-1977 – en a marqué davantage dans l’histoire du Canadien.
Son 12e but gagnant de la saison, obtenu aux dépens des Rangers, jeudi, lui a permis de rejoindre Yvan Cournoyer, Bernard Geoffrion et Maurice Richard au deuxième rang de l’histoire du Canadien. S’il en obtient un de plus lors des sept derniers matchs, il rejoindra Guy Lafleur qui détient le record (13) depuis la saison 1978-1979.
Quoi d’autre? Il est à un but de Nathan MacKinnon et de la première place dans la course au Trophée Maurice Richard.
Il est aussi à un petit but de devenir le premier joueur du Canadien à enfiler 50 buts au cours d’une seule saison depuis les 51 marqués par Stéphane Richer en 1989-1990.
Rien que ça!
Meilleur trio de la LNH
Mais voilà : aussi bon soit un duo, et celui composé par Suzuki et Caufield se hisse parmi les meilleurs de la LNH, un trio de premier plan c’est encore mieux.
Depuis que Martin St-Louis a décidé de « remonter » Juraj Slafkovsky à la droite de Suzuki et Caufield, le Canadien et ses partisans comptent non seulement sur un trio de premier plan, mais le premier trio du Tricolore est, depuis la pause olympique, le meilleur de la LNH au grand complet.
Bon! On pourrait débattre longuement sur la notion de meilleur. Ce qui est toutefois indéniable, c’est que les membres du premier trio du Canadien ont été les plus productifs avec les 77 points récoltés au fil des 18 derniers matchs.
C’est énorme!
Suzuki et Caufield jouaient avec Kirby Dach jusqu’au 6 mars : date limite des transactions. Le petit Cole a aussi raté la rencontre du 11 mars, à Ottawa, en raison d’une grippe.
Ce qui veut dire que Suzuki, Caufield et Slafkovsky disputaient, jeudi soir, à New York, une 14e rencontre – depuis la reprise des activités dans la LNH après les JO de Milan – au sein d’un même trio. Ils ont récolté 66 points au fil de ces 14 matchs. Plus que n’importe quel autre trio de la LNH au cours de la même période.
Martin St-Louis n’a pas sorti cette combinaison gagnante (13-14-20) du ciel ou d’une boîte à surprises. Il avait déjà, en début de saison, et plusieurs fois au fil des dernières années réunis Suzuki, Caufield et Slafkovsky.
La mutation de Slafkovsky avec Oliver Kapanen et Ivan Demidov a toutefois permis à St-Louis et au Canadien de s’offrir un deuxième trio digne de ce nom. Un deuxième trio qui a connu des succès instantanés et contribué aux succès du Tricolore.
L’ennui, c’est que les Zachary Bolduc, Alex Texier, Kirby Dach et autres prétendants au poste de choix à la droite de Suzuki et Caufield n’ont pas été en mesure de remplacer adéquatement Juraj Slafkovsky. Bolduc n’a pas créé de chimie avec les deux autres. Texier y est arrivé. Ça lui a valu une prolongation de contrat de deux ans. Cette complicité s’est ensuite étiolée. Kirby Dach? Il s’est à nouveau blessé avant qu’on puisse obtenir des réponses définitives.
Et comme le « deuxième trio » fonctionnait très bien, il était difficile de le démembrer.
C’est là qu’entre en scène Alex Newhook.
Après un début de saison plus qu’intéressant qui dépassait sa production de six buts et 12 points après 17 matchs, Newhook est tombé au combat. Il a raté 40 matchs.
Dès son retour, le 26 février, il a démontré le même aplomb qu’en début de saison. Il n’avait rien perdu de sa vitesse, de sa fougue, de ses capacités à attiser l’attaque au lieu de l’éteindre.
Il est donc devenu un candidat de premier plan pour remplacer Slafkovsky à la gauche de Kapanen et Demidov. Il le fait depuis avec beaucoup de conviction et de succès.
Bon! Le deuxième trio a peut-être perdu un brin de «punch» avec le départ de Slafkovsky. Mais avec tout ce que le premier trio a gagné depuis le retour du Slovaque, le Canadien sort grand gagnant de cette transaction.
Ses partisans aussi.
Slafkovsky à « sa » place
Le retour en forme et en force de Newhook a donc permis à Slafkovsky de reprendre « sa » place avec Suzuki et Caufield.
Slafkovsky a démontré plusieurs fois depuis son retour au sein du premier trio que c’était bel et bien sa place. Il l’a confirmé jeudi soir en faisait dévier, de l’arrière du but des Rangers alors qu’il était dos au jeu, une rondelle vers Cole Caufield qui n’a eu qu’à décocher un tir avec la puissance et la précision qu’on lui connaît.
« C’est un bel exemple de complicité sur la patinoire, qu’a expliqué Guy Carbonneau sur le plateau de l’Antichambre après la victoire du Canadien. Il faut passer beaucoup de temps ensemble sur la patinoire pour développer le genre de complicité qui permet de réaliser un jeu comme celui-là. C’est pour ça que j’aime que les entraîneurs soient patients avec leurs trios et leurs duos de défenseurs pour leur donner la chance d’apprendre à se connaître et à se comprendre », que Carbo a poursuivi.
Et quand les choses vont comme elles vont depuis quelques semaines pour le Canadien, Martin St-Louis a toutes les raisons au monde d’être patient, même si ça ne tourne pas toujours aussi rondement que tout le monde le voudrait.
Sept de suite
En battant les Rangers, jeudi, le Canadien n’a pas encore confirmé sa place en séries. Mais c’est tout comme. De fait, le Canadien, qui vient de prolonger à sept sa séquence de gains consécutifs, peut toujours viser le premier rang de la section Atlantique.
Ce qui serait une très bonne chose, car ça lui permettrait d’éviter un affrontement contre les Sabres ou le Lightning dès la première ronde.
Oui le Canadien est bien meilleur qu’il ne l’était à pareille date l’an dernier. Oui il compte sur Jakub Dobes et Jacob Fowler qui multiplient les bonnes sorties devant le filet et les victoires pour auréoler ces bonnes performances. Et oui, il est mieux préparé à faire face à la recrudescence du jeu physique une fois en série après l’expérience acquise contre Washington le printemps dernier.
Mais Buffalo et Tampa représentent tout de même des adversaires redoutables.
La dernière fois que le Canadien a gagné sept matchs de suite, c’est en début de saison 2016-2017 alors qu’il avait signé huit gains de suite.
Huit gains qui lui avaient permis de gonfler à 9-0-1 sa fiche après les dix premières rencontres.
Les Blue Jackets avaient servi tout un rappel à l’ordre dès le 11e match en faisant tonner leur canon à 10 reprises dans une victoire de 10-0. Une victoire dont Al Montoya, gardé devant le filet pour les 10 buts, se souvient sans doute encore…
Le Canadien avait terminé la saison régulière avec une fiche de 47-26-9.
Il avait ensuite été éliminé en sept matchs par les Rangers de New York dans le cadre d’un duel impressionnant que s’étaient livré Carey Price et Henrik Lundqvist.











