MONTRÉAL – À son premier match avec les Anciens Canadiens, en avril, Yann Danis n’était pas certain que les partisans se souviendraient de lui.
Mais Danis a encore constaté l’impact fascinant d’avoir évolué dans le chandail bleu-blanc-rouge.
« C’est spécial, le monde se rappelait de moi. Quand ça m’arrive, ça m’étonne toujours », a confié le gardien qui n’aura disputé que six matchs dans l’uniforme du Tricolore.
N’empêche que Danis s’est incrusté dans la mémoire de plusieurs partisans en obtenant un blanchissage à son tout premier départ dans la LNH. Le 12 octobre 2005, à Atlanta, il avait blanchi les défunts Thrashers en effectuant 32 arrêts dont sept contre Marian Hossa et cinq contre Ilya Kovalchuk.
« Je m’en souviendrai toute ma vie, c’était un rêve qui se concrétisait. Non seulement de jouer un premier match dans la LNH, mais avec mon équipe d’enfance, c’était assez incroyable et ça s’est bien déroulé. Je ne pouvais rien demander de plus pour ce premier match », s’est rappelé celui qui portait le numéro 75 avec le CH.
À Montréal, il aura côtoyé Alex Kovalev, Saku Koivu, Andrei Markov, José Théodore et Cristobal Huet. L’émergence de Jaroslav Halak et Carey Price avaient éventuellement mené à son départ de l’organisation.
Danis, qui est âgé de 45 ans, a pris sa retraite du hockey en 2017 après des arrêts dans la LNH - répartis de 2005 à 2016 - avec le CH, les Islanders, les Devils, les Oilers et les Devils, de nouveau.
On a voulu découvrir comment il avait occupé son emploi du temps depuis qu’il a accroché ses jambières.
« Je me suis lancé dans l’immobilier, j’ai obtenu ma licence d’entrepreneur général, j’ai fait mes propres projets et je gère des travaux pour d’autres également. J’essaie aussi de rester impliqué dans le hockey, je fais de l’analyse vidéo pour aider des jeunes. Finalement, dans les deux dernières années, je m’occupais des gardiens d’un programme géré par Pierre-Luc Létourneau-Leblond près d’Albany », a raconté Danis.
Sa plateforme dédiée aux gardiens, Elevate the Sixth, pourrait se développer davantage.
« L’immobilier me tient occupé, mais je m’ennuie de la game. C’est pour ça que je suis content de participer à cet événement. Il y aurait peut-être possibilité de pousser ça un petit peu plus parce que le hockey m’a tellement donné que c’est le fun de pouvoir redonner à de jeunes gardiens », a ciblé l’ancien gardien.
Quand il a été invité à participer des matchs des Anciens Canadiens, Danis n’avait pratiquement jamais remis son équipement de gardien depuis sa retraite.
« J’avais pratiqué seulement deux fois. J’avais promis à l’équipe de mon fils que, si on gagnait une partie, j’allais m’habiller en gardien pour la prochaine pratique et on a gagné donc j’ai tenu parole. Après ça, mon autre garçon voulait aussi que je pratique avec son équipe. Trois jours avant le match des Anciens, j’ai loué une patinoire et j’ai appelé des amis pour arrêter quelques lancers et me remettre dedans », a confié Danis en riant.
Il était bien loin de son sommet de la saison 2008-2009 alors qu’il avait joué 31 de ses 55 matchs dans la LNH.
« C’était une bonne saison dans l’ensemble, mais une drôle de saison avec beaucoup de va-et-vient entre la LNH et la Ligue américaine. Mais, à partir de Noël, ils m’ont gardé avec l’équipe et ça s’est très bien passé. À part mon premier match avec les Canadiens, c’est là que j’ai eu mes meilleures performances dans la LNH », a évoqué Danis qui avait conservé une efficacité de ,910.
En poursuivant sa carrière chez les Devils, Danis s’est immiscé dans la réalité de Martin Brodeur et Jacques Lemaire.
« J’ai moins joué (12 matchs) et ç’a été peut-être un petit peu plus dur. Mais ça reste, dans l’ensemble, une belle expérience. Je me souvenais que quand Martin avait gagné sa première coupe Stanley (en 1995), j’avais regardé ça à la télévision. Je me retrouvais à ses côtés et je le côtoyais tous les jours. Ç’a été toute une expérience de voir comment un grand, une légende, vivait sa carrière au quotidien. On était dirigés par Jacques Lemaire et Mario Tremblay, deux légendes des Canadiens. »
Danis a également été déstabilisé au New Jersey en travaillant avec Jacques Caron comme entraîneur des gardiens.
« Il avait une approche différente de ce que j’avais connu avec le style papillon enseigné par (François) Allaire. C’était un ajustement. Mais après avoir parlé avec lui et Martin aussi, ils m’ont fait comprendre que plus j’avais d’outils dans mon coffre, mieux c’était. Ça m’a ouvert l’esprit de sortir de ma zone de confort, il m’a grandement aidé. »
À la suite d’un passage dans la KHL, Danis est revenu dans la LNH avec les Oilers d’Edmonton se contentant de quatre matchs en deux saisons.
« L’ambiance était incroyable lors des matchs avec de très grands partisans. Un peu comme à Montréal, quand tu te promènes dans la rue, tu te fais reconnaître, même si je n’ai pas été là longtemps. C’est un environnement de hockey, c’était une belle étape », s’est souvenu Danis.
Il s’est donc retiré avec un coffre à outils bien garni et il a fini par l’utiliser au sens propre du terme. Danis aime également s’impliquer auprès de ses trois enfants alors que l’un d’eux, Ryder, s’illustre au tennis.