MONTRÉAL - En signant une victoire importante, mais qu’ils ne méritaient pas le moins du monde, samedi soir, à Ottawa, les joueurs du Canadien ont offert un beau dimanche à leurs partisans.
Ils ont surtout remis dans une bouteille qu’ils ont ensuite bouchée avec le but en prolongation de Cole Caufield – son quatrième de la saison en période supplémentaire – la tempête qui prenait de la vigueur alors que les Sénateurs profitaient d’une avance de 5-3 avec un peu plus de trois minutes à faire en troisième période.
Après un excellent début de match, après avoir fait payer comptant aux Sénateurs les deux pénalités mineures écopées au cours d’une première période qui s’est soldée par une avance de 2-0, les joueurs du Canadien sont tombés à plat.
Ils ont été dominés par des Sénateurs qui ont ensuite bien mieux joué qu’eux. Qui ont été beaucoup plus rapides, beaucoup plus efficaces en échec avant, beaucoup plus incisifs. Beaucoup meilleurs, un point c’est tout.
Martin St-Louis l’a d’ailleurs candidement reconnu après la victoire inattendue et presque inespérée que ses joueurs célébraient toujours lorsqu’il a rencontré les journalistes à l’extérieur du vestiaire.
Il faut saluer ici l’honnêteté de l’entraîneur-chef du Canadien.
St-Louis s’attire souvent des critiques de la part des partisans quand il souligne, après une défaite, qu’il a « aimé le match » disputé par son équipe.
Pourtant, c’est tout à fait possible de perdre un match alors qu’on a bien joué, qu’on s’est bien battu, et que l’adversaire a simplement été un brin meilleur ou deux brins plus chanceux.
Comme il est tout à fait possible, on l’a encore vu au Centre Canadien Tire samedi, qu’une équipe totalement dominée pendant 37 des 60 minutes de temps réglementaire vole une victoire.
Il est donc juste normal que l’entraîneur-chef le reconnaisse.
Une telle franchise dans la défaite permet au coach de démontrer un soutien, une confiance et un respect à l’endroit de ses joueurs qui ont offert une bonne performance, ou à tout le moins une performance honnête.
Une telle franchise, dans une victoire comme celle de samedi soir, sert d’avertissement aux joueurs qui festoient qu’ils ne doivent pas se laisser aveugler par la victoire. Qu’ils doivent éviter de se mentir et de se mettre à croire qu’ils méritaient de gagner. Qu’ils doivent plutôt se considérer chanceux.
Un autre exemple que St-Louis semble très bien gérer les émotions de ses joueurs dans la victoire, comme dans la défaite.
Une remontée signée Montembeault
Martin St-Louis a joué un rôle dans la remontée du Canadien alors qu’il a rappelé son gardien au banc même s’il restait 4 min 40 s à écouler en troisième période.
Le Canadien profitait d’une mise en jeu en territoire ennemi et comme son équipe « ne générait rien avec cinq joueurs, il voulait voir s’ils seraient en mesure de créer quelque chose à six… »
Ils ont marqué deux fois en 65 secondes pour envoyer le match en prolongation et le gagner ensuite.
Phillip Danault a gagné la mise en jeu qui a mené au but de Slafkovsky qui a ravivé les espoirs.
Nick Suzuki a gagné la mise en jeu qui a mené au but égalisateur d’Alex Carrier.
Mais cette remontée a été rendue possible par Samuel Montembeault. Ses détracteurs qui sont encore très nombreux friseront la crise d’apoplexie en lisant ce que je viens d’écrire, mais c’est malgré tout la réalité.
Victime de cinq buts, Montembeault ne disputait pas un solide match. Au lendemain du renvoi à Laval de Jacob Fowler, Montembeault devait s’imposer devant son filet. Il devait raviver la confiance de tout le monde et surtout ne pas l’étioler.
Montembeault ne peut être directement blâmé sur les cinq buts des Sénateurs. Mais il aurait pu effectuer un arrêt ou deux de plus.
Ces arrêts sont venus plus tard.
Alors que les joueurs du Canadien semblaient avoir baissé les épaules, semblaient être prêts à rentrer bredouilles (0-2-1) du voyage de trois matchs qu’ils complétaient à Ottawa, Montembeault s’est dressé devant Shane Pinto arrivée en échappée devant lui.
Un sixième but aurait scellé l’issue du match. Martin St-Louis n’aurait sans doute pas envoyé six patineurs en fin de match. Et même s’il l’avait fait, il aurait été utopique de croire aux chances de réaliser une remontée de trois buts.
Même avec Leevi Merilaïnen devant le filet.
Samuel Montembeault a disputé, samedi, le même genre de match disputé par Jacob Fowler à Buffalo jeudi.
Les détracteurs de Montembeault, ou partisans de Fowler, n’ont pas lapidé le jeune gardien de critiques bien qu’il ait accordé quatre buts sur 26 tirs. Aucun de ces buts ne pouvait être placé dans la colonne des cadeaux, ou des mauvais buts.
Mais comme Montembeault samedi soir à Ottawa, Fowler aurait pu ajouter un ou deux arrêts. Ce qui aurait amélioré l’efficacité de 84,6 % associée à sa soirée de travail.
Samedi soir, Montembeault a été lapidé de critiques. Ses 29 arrêts sur les 35 tirs reçus lui confèrent une efficacité de 85,3 %. Rien pour célébrer, on en conviendra tous.
Mais c’est quand même une statistique un brin supérieure à celle de Fowler jeudi. Et pourtant, il a été varlopé bien plus que celui qui héritera du rôle de numéro un l’an prochain… ou avant!
Sur les médias asociaux, Montembeault a même été ridiculisé après le but marqué par Tim Stützle qui a logé la rondelle dans la lucarne en tirant avec le bâton entre ses jambes.
Stützle a marqué un but qui aura sa place au sein des 10-12 plus beaux buts de la saison 25-26.
Ceux et celles qui préfèrent ridiculiser Montembeault plutôt que de reconnaître le grand talent affiché par Stützle sur ce jeu devraient cesser de louanger Cole Caufield lorsqu’il marque le même genre de but.
Car comme l’a déjà écrit un grand philosophe, ce qui est bon pour « pitou » doit aussi être bon pour « minou ».
Mais bon!
Caufield : l’homme des grandes occasions
Pas question ici de minimiser la portée des exploits de Cole Caufield. Son grand talent de marqueur est indéniable. Il est même impressionnant.
Il est capable de marquer de partout, de loger la rondelle dans les plus petites ouvertures ou de surprendre un gardien avec un tir frappé comme il l’a fait en prolongation samedi.
Je l’ai écrit plus haut, c’était le quatrième but de Caufield cette saison en prolongation. Il a donc propulsé le Canadien vers la moitié de ses huit gains en prolongation. Il a aussi un but décisif marqué en tirs de barrage.
Caufield a directement scellé cinq victoires du Canadien jusqu’ici cette saison. Il est premier chez le Canadien avec six buts gagnants. Une statistique qui lui permet de partager le deuxième rang dans la LNH derrière Steven Stamkos qui en revendique sept. Je vous rappelle ici que les buts décisifs en tirs de barrage ne sont pas ajoutés aux buts gagnants.
Mais plus important encore, à mes yeux en tout cas, c’est que des 24 buts que Caufield revendique, 12 ont donné des avances d’un but au Tricolore.
Quatre ont été marqués alors que le Tricolore tirait de l’arrière par un but.
Je sais! Tous les buts sont importants. Mais Caufield a marqué 16 de ses 24 buts dans des situations corsées. Et c’est justement dans les situations corsées qu’on peut identifier les joueurs qui sont en mesure de se lever et ceux qui ont tendance à s’effacer.
On le sait depuis un bout de temps, mais Caufield s’assure d’être l’homme des grandes occasions pour le Canadien.
Zachary Bolduc (huit) et Juraj Slafkovsky (six) suivent Cole Caufield au chapitre des buts donnant les devants par un but au Tricolore.
Oliver Kapanen (six) et Ivan Demidov (cinq) devancent Caufield au chapitre des buts marqués lorsque le Canadien tire de l’arrière par un but.











