BROSSARD – Juraj Slafkovsky n’est pas l’unique espoir du Canadien à avoir participé aux Jeux olympiques et aux Championnats du monde. Sean Farrell, qui connaît une ascension fabuleuse depuis qu’il a été repêché tardivement, a également utilisé la scène internationale comme tremplin. 

Pour Slafkovsky, son rendement inspiré à ces deux compétitions d’envergure a incité le Canadien à investir son premier choix sur lui. 

Quant à Farrell, il s’est aussi démarqué. En enfilant maillot américain contre des adversaires de haut niveau – et surtout plus solide physiquement – Farrell a confirmé qu’il appartenait à l’élite. 

Disons que le souvenir de sa tardive sélection au repêchage – dernier échelon de la quatrième ronde – ne colle plus du tout à la peau de celui qui était l'un des plus vieux de sa cuvée. Lundi, pour cette première journée sur la patinoire au camp de développement, Farrell a été l’un des joueurs les plus impressionnants. 

Doté d’une vision du jeu si précise, Farrell a multiplié les passes habiles en zone offensive et il a d’ailleurs repéré Slafkovsky à plusieurs occasions. Précisons que le Slovaque a enfilé un véritable but de marqueur grâce à un tir balayé sans faille de l’enclave dans un exercice robuste à trois contre trois. 

Mais ne détournons pas notre attention vers Slafkovsky cette fois puisque Farrell mérite qu’on examine son cas. Le patineur de 20 ans vient de compléter sa première saison à l’Université Harvard et ses prestations aux Jeux olympiques (trois buts, trois passes en quatre matchs) et aux Championnats du monde (deux buts, quatre aides en dix parties) mènent à se demander s'il a ajusté son plan pour accéder aux rangs professionnels plus rapidement. 

« Non (le plan ne change pas), il y a toujours des choses à développer dans mon jeu avant de faire le saut au niveau professionnel et Harvard est un bon endroit pour cet objectif. J’aurai du temps cet été pour devenir plus fort et ça va paraître pendant la prochaine saison. Ensuite, je verrai ce qui arrivera », a-t-il exprimé. 

Quelques minutes plus tard, on a demandé à Farrell s’il avait cependant modifié le plan de carrière qu’il vise pour la LNH comparativement à ce qu’il avait en tête lors de son repêchage. 

« Pas vraiment, j’ai toujours été bien confiant envers mes capacités. Mais je trouve, en effet, que j’ai fait de belles avancées dans mon jeu dans les dernières années. Ça s’explique par le travail acharné et d’avoir été entouré de bonnes personnes », a témoigné l'attaquant. 

Farrell misait donc déjà sur une solide confiance à l’époque où il dominait ses opposants dans l’USHL, il admet cependant que l’expérience olympique et celle des Mondiaux a galvanisé le tout. 

« C’était incroyable, de jouer contre des professionnels représentait une grande étape. Ça m’a fait réaliser que je peux jouer à ce niveau. J’ai également appris que je dois encore devenir plus fort, mais j’ai pu confirmer que je pouvais jouer à cette vitesse d’exécution et réussir des jeux. [...] Ça fait que j’ai affronté une panoplie de bons joueurs, des hommes qui sont difficiles à dominer. Ça te pousse à progresser encore plus. », a commenté le joueur originaire de Hopkinton au Massachusetts. 

« Protéger des rondelles contre des défenseurs qui évoluent dans la LNH, c’est tout un défi. C’est l’apprentissage le plus concret que j’ai retenu. Réussir des jeux en zone offensive, c’est aussi une autre paire de manches contre ces adversaires », a-t-il convenu. 

Mais Farrell a profité de l’occasion pour perfectionner sa compréhension du jeu offensif. Il explique qu’il comprend mieux où il doit se diriger en zone ennemie pour créer des chances pour ses partenaires. 
 
Cette faculté était visible, lundi, à l’entraînement, alors qu’il pouvait s’éloigner de l’action quelques secondes pour repérer un coéquipier avec une grande facilité. 

D’un autre côté, en jouant contre des adversaires plus costauds et rapides, Farrell a encaissé de solides mises en échec. Un contact lui a notamment fait manquer quelques matchs avec Harvard. Avec une charpente de cinq pieds neuf pouces et 175 livres, le gaucher doit apprendre de ces situations.  

« Ouais, c’est le cas. C’est bien plus difficile contre de tels opposants, mais je crois que je suis assez intelligent pour éviter ces contextes. J’ai appris ceci au cours des dernières années et je continue de progresser à ce chapitre », a réagi l’auteur de 10 buts et 18 aides en 24 matchs avec la formation universitaire. 

Farrell était heureux que Marie-Philip Poulin et Vincent Lecavalier, « deux légendes du hockey », soient sur la patinoire avec les joueurs. Cela dit, il semblait encore plus intéressé par la présence de Martin St-Louis dans les gradins. 

« Il a été l’un des premiers joueurs de petit gabarit à exceller dans la LNH, ce sera merveilleux d’apprendre de sa part », a-t-il ciblé alors que St-Louis était accompagné d’une grande partie des dirigeants hockey comme Jeff Gorton, Kent Hughes, Martin Lapointe, Nick Bobrov et quelques recruteurs. 

Avec une tête solide sur les épaules, Farrell ne semble pas ébranlé par l’ampleur de sa première présence dans la région montréalaise depuis une participation à un tournoi vers l’âge de huit ou neuf ans. Les gradins remplis pour un entraînement et les nombreux journalistes, ça ne le déstabilisait pas. 

Quelques observations sur l’entraînement 

Pas moins de 13 entraîneurs, dont quelques invités, étaient présents sur la patinoire avec les espoirs. 

Adam Nicholas, le directeur du développement hockey, a dirigé la plupart des exercices et ses méthodes sont toujours très intrigantes. Les exercices comportent souvent des contraintes comme un nombre maximal de joueurs qui peuvent patiner dans un secteur précis de la zone. 

Emil Heineman disposait d’un avantage physique étant parmi les plus vieux et les plus solides du groupe. 

À l’autre bout du spectre, le petit défenseur Lane Hutson a réussi quelques belles séquences pour orchestrer des jeux et protéger la rondelle. 

William Trudeau a été impliqué dans plusieurs actions intéressantes. 

Sur une note amusante, Vincent Lecavalier a voulu s’amuser en se permettant une échappée contre l’un des gardiens, mais il a échappé le disque. De quoi faire rire bien des personnes dont Lecavalier lui-même.