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Jonathan Drouin aurait aimé avoir Martin St-Louis comme entraîneur plus tôt

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BROSSARD, Qc - Jonathan Drouin n'a pas pu s'empêcher de déclarer avec un sourire en coin qu'il aurait aimé avoir un entraîneur aussi patient avec les jeunes que Martin St-Louis quand il a fait ses débuts dans la Ligue nationale de hockey.

St-Louis a rarement puni les nombreux jeunes joueurs qui ont enfilé l'uniforme du Canadien de Montréal cette saison. Il a plutôt répété que c'était correct qu'ils fassent des erreurs, en autant qu'ils apprenaient de celles-ci.

« C'est bon pour un jeune de ne pas manquer deux ou trois présences sur la glace après une erreur quand c'est 0-0 en première période, a souligné Drouin après l'entraînement du Canadien, vendredi. Martin a ses règles, il faut suivre certaines choses, mais il laisse aussi les joueurs jouer au hockey. »

« J'aurais aimé ça avoir un entraîneur comme ça il y a peut-être six ans! Mais c'est la tendance aujourd'hui pour les entraîneurs. Martin veut que nous choisissions les bons moments pour faire les bons jeux et nous devons aussi comprendre le contexte du match. »

Drouin a souligné par exemple qu'un joueur n'aura peut-être pas la même latitude s'il commet une erreur en prenant une mauvaise décision alors que l'équipe mène 3-1 en troisième période.

« Ça permet aux joueurs de gagner en confiance et c'est parfois la chose la plus difficile à avoir dans le hockey, a renchéri Alex Belzile. Quand vous sentez que l'entraîneur comprend la situation et en donne plus aux jeunes, vous allez mieux vous sentir sur la glace et sur le banc. Quand vous savez que vous allez rejouer même après une erreur, ça donne confiance. »

St-Louis a lui aussi admis que la situation était bien différente aujourd'hui comparativement à l'époque où il tentait de se tailler une place dans la LNH. Les entraîneurs étaient moins patients avec les jeunes et ils pouvaient être cloués au banc après une erreur, puis exclus de la formation lors du match suivant.

S'il est vrai que St-Louis a pu se permettre d'être plus patient avec les espoirs du Canadien cette saison puisque l'accent était mis sur le développement et non les résultats, le membre du Temple de la renommée du hockey a également rappelé que c'était le fruit de l'évolution du sport.

« La génération d'aujourd'hui est différente, a-t-il noté. Il y a aussi le contexte selon lequel la ligue est plus jeune, les joueurs peuvent atteindre l'autonomie plus tôt, ils signent de gros contrats quand ils sont plus jeunes, etc. Avec le plafond salarial, vous avez besoin de jeunes qui se développent et d'obtenir un bon retour plus tôt sur votre investissement. Tout rentre en ligne de compte. »

« Mais ça va être dur pour un joueur d'aller sur la patinoire s'il pense qu'il ne peut pas faire d'erreur », a ajouté St-Louis.

Le gardien Jake Allen croit également que l'approche de St-Louis permettra de maximiser le talent des joueurs qu'il a sous la main.

« Je pense que les meilleurs entraîneurs laissent les joueurs jouer, a dit le Néo-Brunswickois âgé de 32 ans. Les bons et mauvais joueurs vont commettre des erreurs. L'important, c'est de voir comment le joueur va se racheter ou compenser ses erreurs. »

« Si un joueur n'a jamais l'occasion de s'exprimer, vous ne saurez jamais ce qu'il peut faire. Je parie qu'il y a plein de joueurs qui ont pris leur retraite sans pouvoir le faire et qui auraient pu avoir de belles carrières. Je pense que Martin comprend ça. »

Et c'est l'une des raisons qui font de St-Louis un entraîneur moderne.