LAVAL – Être laissé de côté par son entraîneur, ce n’est pas arrivé souvent dans la carrière d’Ethan Gauthier.
« C’était pas mal la première fois que ça m’arrivait », corrigeait l’attaquant du Crunch de Syracuse, mercredi, à quelques heures de la rencontre face au Rocket de Laval à la Place Bell.
Si vous êtes parmi la trentaine de ses proches qui seront dans les estrades pour le voir à l’œuvre et le supporter, soyez rassuré, vous l’aurez sous les yeux ce soir. Gauthier sera du premier duel de la saison entre ces deux rivaux de la division Nord.
Rayé de la formation par son entraîneur-chef Joël Bouchard en six occasions depuis le début du calendrier, l’espoir du Lightning de Tampa Bay jouera alors le 10e match de sa saison recrue.
« Dans les deux ou trois dernières games, je me sentais de plus en plus en confiance et à l’aise avec la rondelle pour faire des jeux. Ce qui me manquait un peu au début, c’est que j’avais un peu plus d’hésitation dans mon jeu », décortique le toujours volubile et sympathique Québécois.
« Ça ne s’est peut-être pas déroulé exactement comme je le voulais, mais je sens que ça s’en vient. Je sens que c’est une question de temps avant que ça débloque et que je prenne mon erre d’aller. »
À sa défense, non seulement la profondeur du Crunch en attaque a contraint Gauthier à livrer bataille avec des vétérans établis pour percer la formation en début de saison, il doit de plus s’acclimater au jeu de la Ligue américaine. À la vie chez les pros.
« Je suis un joueur habitué de jouer avec la rondelle, habitué d’avoir plusieurs chances de marquer au niveau junior. Dans une partie au niveau professionnel, tu n’as qu’une, deux, ou peut-être trois chances de marquer. C’est là que tu vois qu’il faut que tu capitalises sur les chances que tu as. »
Un apprentissage tout à fait normal pour un joueur qui n’a encore qu’un mois de vécu à temps plein dans les rangs professionnels, rappelle Joël Bouchard.
« Ce n’est pas différent de tous les jeunes que j’ai eus, que ce soit Jake Evans ici ou que ce soit d’autres joueurs que j’ai eus avec le Crunch ou même avec [les Gulls de] San Diego. Il vient d’arriver, il essaie de mettre les choses en place.
« La plus grosse surprise souvent pour les jeunes, c’est qu’ils ne s’attendent pas à ce que la Ligue américaine va être si bonne que ça. La plupart d’entre eux, ils ne regardent pas beaucoup de matchs ou ils ne comprennent pas. Ils ne pensent pas que les gars sont si forts que ça physiquement. Ils ne pensent pas que les gars sont si bons que ça, parce qu’ils [n’ont pas le temps de les regarder], ils sont dans leur année junior et c’est normal. »
Avec le temps toutefois, Gauthier s’adaptera, prédit Bouchard. Il est trop « investi » et « intelligent » pour échouer. Ce ne sont que quelques-unes de ses forces qui ont fait de lui un choix de deuxième tour du Lightning (37e) en 2023.
Il sera peut-être encore laissé de côté à l’occasion, mais l’ancienne petite boule d’énergie du Phoenix de Sherbrooke et des Voltigeurs de Drummondville finira par se démarquer et s’enraciner dans la formation.
« J’ajuste ma game, je ne suis pas un gros gabarit dans cette ligue-là (6 pi, 184 lb). Mon identité professionnelle, c’est vraiment de jouer avec de l’énergie, de jouer avec de l’engagement, de finir mes mises en échec, d’être intense sur la rondelle et de gagner mes batailles », expose celui qui a jusqu’à maintenant été limité à deux passes.
« Il faut que je sois fair avec tout le monde. C’est une business basée sur la performance. Il le savait et il comprend », témoigne Bouchard.
« La communication là-dessus est claire, ajoute-t-il. Quand tu ne joues pas, c’est pour deux raisons. C’est soit qu’on a beaucoup de joueurs et que j’essaie de garder tout le monde engagé, ou c’est parce que ta performance ne m’a pas forcé à te garder dans la formation. Tu as ouvert la porte à quelqu’un d’autre pour rentrer dans l’alignement. C’est le cas ce soir, Ethan va jouer parce qu’il y a des gars qui lui ont ouvert la porte. »
À lui d’en profiter. À la maison, devant les siens.
« Je n’ai pas encore scoré mon premier but, mais je vois que les gars veulent quasiment plus que moi! C’est le fun d’avoir ce support-là des gars. »





