Toutes les fois que Rafaël Harvey-Pinard était descendu au sous-sol de la Place Bell pour gagner les quartiers du Rocket de Laval, il se dirigeait spontanément vers sa gauche à sa sortie de l’ascenseur avant de parcourir les quelques mètres le séparant de sa destination.
Mais cette fois-ci, l’attaquant québécois a dû faire fi de ses vieux réflexes et c’est plutôt vers sa droite qu’il s’est tourné pour trouver le vestiaire des visiteurs, endroit qu’il n’avait jamais fréquenté avant que les Penguins de Wilkes-Barre/Scranton – club-école des Penguins de Pittsburgh – ne débarquent sur l’île Jésus pour y affronter le Rocket ce mercredi soir.
C’est la première fois que Harvey-Pinard retrouve la seule organisation professionnelle qu’il avait connue avant qu’il ne se joigne à celle des Penguins après avoir signé un contrat d’un an pendant l’été. Évidemment, ce retour aux sources ne le laisse pas de glace. Au contraire.
« C’est un mélange d’émotions. Je suis très excité d’être ici pour revoir les amis et la famille, a-t-il avoué à RDS après l’entraînement matinal de son équipe. Puis, il y a un peu de stress, d’être pour la première fois de l’autre côté de la patinoire. Même le vestiaire ici... j’étais un petit peu perdu! Je ne connaissais pas du tout ce côté-là de la patinoire. C’était... spécial. »
Même si la fin de son association avec le Tricolore ne s’est pas finie comme il l’aurait désiré – le club ne lui a pas présenté d’offre qualificative au terme de la dernière campagne – il ne garde que de précieux souvenirs de son passage avec l’équipe qui l’avait repêché en 2019.
Il faut dire que le parcours de Harvey-Pinard est une belle histoire en soi. Sélectionné en 7e ronde à 20 ans, il a réussi à percer la formation des Canadiens à sa 3e saison, inscrivant 14 buts en 34 matchs en 2022-2023. Avec le Rocket, il s’était révélé la campagne précédente en obtenant 21 buts et 35 passes en 69 rencontres en plus d’aider l’équipe à atteindre les demi-finales des séries éliminatoires de la Coupe Calder avec 5 buts et autant de passes.
« J’ai juste de bons souvenirs, autant à Laval qu’à Montréal, a raconté Harvey-Pinard. Quand nous nous sommes rendus loin en séries (avec le Rocket en 2021-2022, NDLR) ou bien ma route avec les Canadiens (84 joutes, NDRL) qui m’a permis de réaliser un rêve de petit gars.
« Mais ça ne s’est pas terminé de la meilleure des façons, j’aurais aimé finir ça sur une meilleure note... »
Parce qu’après une entrée en matière réussie, Harvey-Pinard a vu son rendement décliner et des plus jeunes le devancer dans la hiérarchie. Une fracture à une jambe subie au cours de l’été 2024 en plus d’une blessure au haut du corps plus tard dans la saison ont plombé ses chances de renouer avec les succès d’antan et de demeurer avec l’organisation du CH.
Un accueil « incroyable »
C’est ainsi que Harvey-Pinard s’est retrouvé maître de son destin l’été dernier et qu’il a choisi celle des Penguins pour relancer sa carrière. Un pari qui s’est avéré payant jusqu’à maintenant, puisqu’il a marqué 15 buts et récolté 13 passes en 55 matchs cette saison.
« J’avais un certain stress avant de partir, car mon anglais n’était pas le meilleur, mais ça va de mieux en mieux, explique-t-il en riant. Je m’étais informé auparavant et j’avais juste entendu de bons commentaires au sujet des Penguins et de leur club-école dans la Ligue américaine.
« L’accueil a été incroyable au camp. [Sidney] Crosby et [Kristopher] Letang prenaient le temps de s’informer et d’avoir des nouvelles à mon sujet. L’organisation, le staff et les joueurs forment un groupe incroyable. C’est le fun d’être accueilli de même. Ç’a rendu l’adaptation plus facile. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre et ç’a super bien été. »
Avec un contrat d’un an seulement en poche, Harvey-Pinard souhaitait d’abord et avant tout montrer qu’il est capable de rester en santé. Une fois cela accompli, il a été en mesure de retrouver le niveau de jeu qu’il avait à ses débuts dans le monde du hockey professionnel.
« Je suis utilisé à toutes les sauces, autant en avantage qu’en désavantage numérique, ce qui me permet d’avoir le même genre de rôle qu’à mes premières années avec le Rocket, précise-t-il. Jouer en avantage numérique, ça me permet d’avoir beaucoup plus de touches avec la rondelle, ce qui fait une grosse différence pour la confiance. »
La confiance de Harvey-Pinard n’était certainement pas au maximum quand il a appris que les Canadiens ne voulaient plus de services, mais depuis qu’il s’est retrouvé à Wilkes-Barre, elle n’a cessé de remonter. Aujourd’hui, il croit de nouveau en ses chances d’évoluer au plus haut niveau et dans le meilleur des scénarios, c’est dans l’uniforme des Penguins qu’il le ferait.





