Depuis le début des séries, la plupart des observateurs du hockey junior au Québec et dans les Maritimes prévoient une finale entre les deux meilleures équipes de la LHJMQ en saison régulière : les Wildcats de Moncton et les Saguenéens de Chicoutimi. Eh bien, nous y sommes! Ce sera la 19e fois dans l’histoire du circuit et la 4e année de suite que les deux meilleures équipes du calendrier régulier croiseront le fer dans l’étape ultime.
Les Saguenéens préparaient la saison 2025-26 depuis au moins quatre ans et de les retrouver en action en mai cette année ne constitue pas une véritable surprise. Pour ce qui est des Wildcats, personne n’aurait pu prédire, il y a un an lorsqu’ils ont mis la main sur le Trophée Gilles-Courteau, qu’ils seraient de retour cette année.
Allons-y donc pour une dernière fois en 2025-26 avec l’analyse des forces en présence pour cette série (4 de 7) qui débute vendredi soir au Centre Avenir à Moncton (match présenté à 18 h sur RDS2 et le RDS.ca).
Note : Prédictions réussies au cours des deux premières rondes : 12/14 dont 4 avec le bon nombre de matchs…
Moncton (104 pts) c. Chicoutimi (103 pts)
Un seul petit point de classement a séparé ces deux équipes en saison régulière. Les Wildcats ont eu besoin de gagner leurs 9 derniers matchs pour coiffer les Sags et s’assurer de l’avantage de la glace pour la grande finale. Les Wildcats misent sur huit joueurs qui ont soulevé le gros trophée l’an dernier : six attaquants (Desnoyers, Mercier, Smith, Lounsbury, Binkley et Sampson), un défenseur Adam Fortier-Gendron et le gardien Rudy Guimond, qui agissait comme second l’an dernier.
Le directeur général Taylor MacDougall a donné à son père Gardiner une équipe solide qu’il a colmaté avec la venue de neuf joueurs américains, dont Tommy Bleyl et Teddy Mutryn qui ont ajouté beaucoup de profondeur à l’attaque. Les Wildcats ont profité des nouveaux règlements qui permetten maintenant aux joueurs de la LCH de ne pas perdre leur admissibilité à éventuellement jouer dans la NCAA. Il faut être honnête, sans cette règle, il y a fort à parier que les Wildcats ne seraient pas en finale en ce moment.
Devant le filet, Rudy Guimond a démontré depuis sa venue dans le circuit en décembre 2024 qu’il était un portier solide. Sa fiche de 76-14 en 90 matchs (saison et séries inclues) est hallucinante. Défensivement, les Wildcats ne comptent que deux vétérans, soit le vétéran Adam Fortier-Gendron (4e saison) et Evan Dépatie, acquis de l’Océanic en décembre. D’ailleurs, contrairement aux Saguenéens, les Wildcats ont été beaucoup plus tranquilles sur le marché des échanges à la période des fêtes : Dépatie et le Suédois Max Vilen se voulant les deux seules acquisitions faites par Taylor MacDougall.
En attaque, les Chats Sauvages comptent sur le joueur par excellence des séries de 2025, Caleb Desnoyers, choix de 1re ronde du Mammoth de l’Utah. Contrairement à l’an dernier, Desnoyers semble à 100% cette année et se veut le leader incontesté de l’équipe, lui qui complète sa 3e saison dans le circuit. Desnoyers est bien appuyé par un autre espoir du Mammoth, Gabe Smith, qui est dominant depuis le début des séries avec 14 buts et 24 points en 15 matchs. Smith est imposant physiquement et les Sags devront l’avoir à l’œil. Les Mutryn, Cornforth, Chudzinski, Voronin, Tournas et Mercier se chargent de l’attaque des représentants du Nouveau-Brunswick qui ont enfilé 72 buts en 15 matchs.
Moncton mise sur une excellente formation, mais semble avoir un peu moins de profondeur que l’an dernier. Il faut noter aussi que les neuf joueurs américains de l’équipe n’ont jamais joué des saisons de 80 matchs. Est-ce que l’aspect fatigue se fera sentir? Même chose pour le gardien Rudy Guimond qui a été le portier le plus utilisé de la LHJMQ avec déjà 65 matchs au compteur.
Les Saguenéens misent sur une défensive très hermétique et sur un gardien Lucas Beckman au sommet de son art. L’espoir des Sénateurs acquis de Baie-Comeau à la période des fêtes est pratiquement imbattable depuis sa venue au Saguenay. Depuis janvier, en 28 matchs avec Chicoutimi, Beckman a un dossier de 25-3 et une moyenne de buts alloués de 1,47. Si Beckman continue sur cette lancée face aux Wildcats, les Saguenéens seront champions dans les prochains jours.
Beckman est appuyé par une brigade défensive qui mise pratiquement sur cinq défenseurs qui seraient des numéros un dans la plupart des formations de la LHJMQ. Les Tourigny, Lavoie, Huang, Bulans et Bernier sont très solides et n’oublions pas Alonso Gosselin qui complète à merveille ce quintette. Jordan Tourigny possède l’expérience de la grande finale du circuit ayant remporté les grands honneurs avec les Cataractes de Shawinigan en 2022. Tourigny, Bernier et Lavoie ont été acquis à fort prix à la période des fêtes, mais font des Saguenéens une équipe très difficile à percer.
En 14 matchs des séries, les Sags ont limité l’adversaire à 2 buts ou moins en 10 occasions. En attaque neuf joueurs différents ont déjà enregistré 10 points en séries et Maxim Massé, joueur par excellence et champion compteur en saison, a poursuivi sur sa lancée avec 20 points en 14 sorties.
Derrière le banc, l’entraîneur-chef et architecte de cette équipe Yanick Jean atteint finalement l’étape ultime pour la première fois de sa longue carrière. Meneur de tous les temps avec 682 victoires comme entraîneur-chef, Jean espère redonner aux gens de Chicoutimi un premier championnat depuis 1994, ce qui constitue la plus longue disette sans gagner un championnat dans la LHJMQ. Aujourd’hui âgé de 50 ans, Jean faisait partie de l’édition championne des Sags lors de la dernière conquête de l’équipe il y a 32 ans.
Les Saguenéens sont aussi dominants sur les unités spéciales, et ce à l’image de la saison régulière. L’avantage numérique fonctionne à plein régime avec un taux de réussite de 34 % et en désavantage numérique on parle de 85 % d’efficacité.
Précédemment, je disais que c’est la 19e fois que les deux meilleures équipes en saison régulière se retrouvent en grande finale et 12 fois, l’équipe numéro un en saison a gagné le gros trophée. Six fois, l’équipe de deuxième place a gagné le trophée Gilles-Courteau, la dernière en lice : les Voltigeurs de Drummondville en 2024.
La confrontation ultime mettra en vedette les choix no 1 et 2 de la séance de sélection de la LHJMQ en 2023 Caleb Desnoyers et Émile Guité. Les deux comparses ont fait partie de l’équipe championne du Trophée Jimmy-Ferrari des Gaulois de Saint-Hyacinthe dans les rangs M18AAA.
L’entraîneur-chef des Saguenéens Yanick Jean va tenter de devenir le 6e entraîneur-chef à remporter la Coupe du Président/Trophée Gilles-Courteau après l’avoir gagné comme joueur. Les cinq qui ont réalisé l’exploit avant lui sont Guy Chouinard, Robert Mongrain, Gerard Gallant, Gilles Bouchard et Carl Mallette.
Les Wildcats de Moncton tentent de devenir la 8e équipe à gagner l’étape ultime deux ans de suite après Québec (70 et 71), Québec (73 et 74), Trois-Rivières (78 et 79), Cornwall (80 et 81), Laval (89 et 90), Gatineau (03 et 04) et Saint John (11 et 12).
En résumé, les Sags sont meilleurs sur les unités spéciales, meilleurs devant le filet et en défensive, et leurs éléments de premier plan toutes positions confondues semblent aussi plus reposés et ont faim de donner un premier championnat à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean en plus de 30 ans...
Pour toutes ces raisons... Chicoutimi en six!








