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Jordan Tourigny aime les taquineries et les conseils de son frère

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MONTRÉAL – Étant donné que Jordan Tourigny s'est amusé à dire qu'il aimerait être repêché à un rang plus hâtif que son frère, Miguel, on a cru bon contacter l'aîné pour qu'il puisse gentiment répliquer. 

Au bout de son téléphone, en Slovaquie, le grand frère n'a pas tardé à sauter sur l'occasion quand il a lu notre message. Après tout, ça prendrait une catastrophe pour que Jordan – un espoir de deuxième ou troisième ronde - ne soit pas repêché avant Miguel Tourigny que le Canadien a sélectionné en septième ronde en 2022. 

« Il était beaucoup plus têtu que moi quand on était jeunes. Ce n'était pas facile de le faire défâcher. Alors, comme grand frère, ça me faisait rire de le voir frustré quand on se chamaillait et ça le fâchait encore plus », a taquiné celui qui est âgé de 21 ans. 

Jordan, qui vient de fêter son 18e anniversaire, a trouvé amusant qu'on offre ce droit de réplique à son frère qui est une inspiration depuis plusieurs années. Quant à sa remarque sur son caractère entêté, les équipes de la LNH peuvent percevoir le tout positivement. 

« Quand j'ai quelque chose sur le cœur, que ce soit une défaite ou autre chose, ça reste longtemps. Je vais vouloir gagner la prochaine fois. C'est comme la défaite (en demi-finale) à la coupe Memorial, je m'en souviens encore et mon but est d'y retourner pour avoir une deuxième chance », a commenté Jordan, mardi soir, au Centre Bell. 

« Je n'aime pas perdre, un peu du style mauvais perdant. Contre mon frère, quand on jouait au mini hockey dans notre cave, c'était toujours sérieux et ça finissait souvent par de petites batailles », a rigolé Tourigny qui faisait partie des meilleurs espoirs de la cuvée 2023 de la LHJMQ qui rencontraient les médias. 

De leur sous-sol avec un bâton miniature, ils sont passés à des affrontements sur les patinoires de la LHJMQ. La saison dernière, ils ont croisé le fer quatre fois et, lors d'un duel, les frères Tourigny ont échangé quelques politesses devant le but. 

« C'est vrai. Quand j'ai su que c'était lui, je lui ai passé le gant au visage. En niaisant évidemment. Parce que c'est un rêve de jouer contre son grand frère, c'était incroyable comme partie », a confié Jordan qui évolue pour les Cataractes de Shawinigan. 

« Quand ma mère a vu ça, à partir des gradins, elle nous a dit de faire attention. Mais c'était pour le plaisir avant tout », a-t-il ajouté alors que son frère n'avait pas oublié non plus la réaction maternelle.  

Pour les deux frérots, le but ultime demeure de pouvoir s'affronter, un jour, dans la LNH. Afin que ça se produise, Jordan Tourigny sait ce qu'il doit peaufiner. 

« Ce sera vraiment de travailler sur mon efficacité défensive. C'est l'élément que je dois maîtriser pour atteindre le prochain niveau et je suis au courant. Avec les entraîneurs des Cataractes, je travaille beaucoup là-dessus, les recruteurs sont au courant », a-t-il indiqué. 

Cet été, au tournoi des recrues à Buffalo, Miguel a dû bûcher dans le même sens grâce à des conseils prodigués par Francis Bouillon.  

« Ça peut m'aider, à 100%, il a trois ans de plus et je vais passer par le même chemin que lui », a déduit Jordan. 

Les autres similitudes se situent autour du flair offensif de ces deux défenseurs droitiers. Miguel et Jordan se partagent d'ailleurs plusieurs trucs sur ce volet et ça rapporte puisque Jordan a déjà amassé 40 points en 59 matchs cette saison. 

« Sinon, je dirais notre détermination et notre travail acharné. C'est notre passion, on donne tout ce qu'on a pour se rendre loin et avoir une carrière au hockey », a identifié Jordan qui, à cinq pieds onze pouces, mesure trois pouces de plus que Miguel. 

Mais leur style affiche un contraste intéressant. 

« On est différents dans le sens qu'il va plus foncer dans le tas, dans l'action, et voir ce qui se produira ensuite. De mon côté, j'aime prendre une fraction de seconde de plus pour analyser avant d'agir », a précisé le numéro 49 des Cataractes. 

Le grand frère ne peut s'empêcher d'agacer Jordan en disant qu'il l'imite pour son ruban sur son bâton et même pour son protecteur buccal. En souriant, Jordan ne nie pas le tout, mais il veut surtout retenir les nombreux conseils venant de Miguel. 

« Il y a six heures de décalage avec la Slovaquie, mais on se parle chaque jour. Quand il joue, c'est souvent durant ma sieste donc je regarde sa première période et sa troisième quand je me réveille. Lui, il regarde souvent mon match, le lendemain matin, en déjeunant. C'est génial d'avoir un frère qui demeure présent même en étant loin. Il a quelques années d'avance sur moi donc, s'il a fait des erreurs, il peut m'aider à les éviter », a décrit Jordan. 

Comme tout bon grand frère, Miguel a insisté pour inclure cette remarque positive.

« Ce qui m'impressionne le plus, c'est qu'il progresse chaque jour.  Au début de la saison, on le comparait à moi, mais il s'est vraiment forgé son nom », a exposé Miguel qui a amassé 24 points en 39 matchs en Slovaquie. 

Ce constat a été validé par Daniel Renaud, l'entraîneur-chef des Cataractes. 

« Jordan est respecté et grandement apprécié de tous. Il est en mesure de rehausser une culture organisationnelle », a vanté Renaud.