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Flyers : sur les traces du Canadien

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Daniel Brière
Daniel Brière

MONTRÉAL - Avec six victoires et une récolte de 13 points au fil de leurs dix premiers matchs, les Flyers de Philadelphie ont pris bien du monde par surprise autour de la planète hockey.

Un revers de 5-2 aux mains des Maple Leafs et un autre, bien plus gênant celui-là, de 2-1 ans contre les Flames de Calgary qui connaissent un début de saison catastrophique a ramené les Flyers et leurs partisans sur le plancher des vaches.

Ces deux défaites consécutives ont bien sûr déçu Daniel Brière. Mais elles ont rappelé au Gatinois que le travail de reconstruction amorcé depuis son accession au poste de directeur général en mars 2023 est loin d’être terminé.

« On a très mal joué dimanche. Je veux bien croire qu’on était dans une situation de deux matchs en deux jours, mais on était à la maison et on n’a simplement pas offert une performance suffisante pour gagner. Cette défaite a laissé un goût amer. Mais ça arrive avec de jeunes équipes. Le Canadien l’a vécu au fil des dernières années et on le vit présentement. Au fond, on est deux ans en retard sur le Canadien. On va être patient et la patience va payer, comme à Montréal », que Daniel Brière a reconnu lors d’un entretien avec le RDS.ca une fois débarqué dans la métropole avec son équipe en fin d’après-midi lundi.

Bien qu’ils soient de retour au dernier rang de la section métropolitaine et qu’ils soient bons derniers dans l’association Est au grand complet, les Flyers ne sont qu’à deux points d’une place en séries. À cinq des Devils et du Canadien qui sont premiers dans la section métropolitaine et dans l’Est.

Mais la place de son équipe au classement général ne compte pas. Du moins pas pour le moment.

Ce qui prime aux yeux du directeur général c’est le développement des joueurs qu’il a greffés à l’organisation : des jeunes comme Trevor Zegras, acquis l’été dernier, Matveï Michkov repêché il y a deux ans, Jamie Drysdale acquis des Ducks d’Anaheim l’an dernier en retour de Cutter Gauthier qui refusait de se joindre aux Flyers. Des jeunes qui se sont ajoutés aux Cam York et Egor Zamula. Mais aussi des plus vieux comme le gardien Dan Vladar et les anciens du Canadien, le centre Christian Dvorak et le défenseur Noah Juulsen.

Un développement orchestré par son nouvel entraîneur-chef Rick Tocchet à qui Brière et son complice et président des opérations hockey, Keith Jones, ont donné le mandat de faire grandir les jeunes. De leur insuffler son caractère, sa passion pour le hockey et sa passion, plus grande encore, pour la victoire.

« Rick est très actif avec nos joueurs. Il fait du temps supplémentaire sur la patinoire. C’est un bon exemple pour nos jeunes. Mon principal objectif cette année est que nos jeunes deviennent de plus en plus constants. Qu’ils disputent des matchs importants le plus longtemps possible après Noël pour qu’ils comprennent ce que ça prend pour gagner et se rendre jusqu’au bout », assure Daniel Brière.

Relancer Zegras

Cette passion contagieuse de Rick Tocchet a d’ailleurs été prise en considération quand les Flyers ont décidé de parier sur Trevor Zegras.

L’Américain de 24 ans est bourré de talent. Mais sa propension à rechercher une place de choix dans les faits saillants d’une partie plus encore que la nécessité de faire ce qui doit être fait pour aider son équipe à gagner a terni sa réputation autour de la LNH. Les Ducks et leur directeur général Pat Verbeek se sont d’ailleurs contenté de choix au repêchage de deuxième et quatrième ronde en retour de Zegras, lui qui ne figurait plus dans les plans de l’équipe.

« Ta description de Trevor est juste. Et nous étions très au fait de sa réputation. Mais quand on analysait notre équipe, il était clair qu’on manquait de talent brut. On veut donc bâtir avec des jeunes de talent. C’est pour ça qu’on a sélectionné Michkov au 7e rang il a trois ans, même si on devait l’attendre longtemps. Zegras est encore jeune et il a encore beaucoup de talent. Il a déjà connu des saisons de 60 points. L’ennui, c’est qu’il semblait avoir perdu confiance. Je crois qu’il avait perdu plus que ça. Qu’il avait même perdu le goût du hockey tellement il semblait abattu, Un goût qu’on va lui redonner à Philadelphie », lance Brière avec confiance.

Le directeur général compte aussi sur le retour dans l’Est – il est originaire de l’État de New York – pour relancer Zegras.

« Ce n’est pas facile de jouer dans l’Ouest, loin de ta famille et de tes amis. Tu joues dans l’indifférence parce que les matchs sont trop tard. Je l’ai vécu quand j’étais en Arizona. Le fait de revenir dans l’Est, d’être plus près de ton monde qui vient te voir jouer ou te regarde tous les soirs parce que les matchs sont à des heures plus convenables aide beaucoup », a plaidé le DG des Flyers.

Trevor Zegras a connu des saisons de 61 et 65 points en 21-22 et 22-23. Des blessures et des performances en deçà des attentes l’ont forcé à se contenter de 47 points au fil de 88 matchs disputés lors des deux dernières années.

Après 12 rencontres avec les Flyers, Zegras a marqué quatre buts et ajouté neuf passes. Au Centre Bell, ce soir, l’Américain sera en quête de son 200e point en carrière.

Vladar : un pari risqué?

S’il reconnait avoir parié sur Matveï Michkov et Trevor Zegras, Daniel Brière assure qu’il n’a pas parié les yeux fermés.

Et c’est les yeux bien ouverts qu’il a aussi parié sur Dan Vladar malgré une saison très ordinaire du gardien – fiche de 12-11-6, moyenne de 2,80 buts alloués par match et efficacité de 89,8 % - l’an dernier à Calgary. Une fiche bien en deçà de celle de son jeune coéquipier et finaliste au trophée Calder, Dustin Wolf.

L’analyse de l’utilisation des gardiens par les Flames l’an dernier a donné des munitions aux Flyers, alors que Vladar était souvent envoyé dans la mêlée lors des deuxièmes matchs d’une séquence de deux en deux et contre les équipes de tête dans la LNH.

« La saison est encore jeune, mais Dan nous donne des chances de gagner tous les soirs », a commenté Brière.

Les performances de Vladar récompensent d’autant plus le pari des Flyers que le gardien tchèque de 28 ans doit prendre les bouchées doubles en raison de la blessure subie par le gardien numéro un Samuel Ersson plus tôt cette saison.