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Quand les vieux démons inspirent la perfection

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Hurricanes 4 – Canadiens 0

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Les visages sont longs, très longs au Centre Bell

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Stankoven porte un dur coup au CH avec un 3e but

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Une déviation subtile qui surprend Dobes et Anderson

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Oh oh! Aho ouvre le bal avec un tir sur réception

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Dobes fait plaisir à Halak avec un arrêt spectaculaire

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MONTRÉAL – Avant de devenir une pièce maîtresse de la défensive des Hurricanes de la Caroline, K’Andre Miller a été un jeune acteur de la reconstruction semi-réussie des Rangers de New York.

Pendant ses quatre vraies premières saisons dans la LNH – il a donné ses premiers coups de patins dans un calendrier modifié en raison de la pandémie – il a affronté les Hurricanes 27 fois. Un échantillon colossal dont le souvenir global devrait le remplir de joie et de fierté, puisqu’il inclut deux triomphes en séries éliminatoires.

De la joie et de la fierté, ce n’est toutefois pas ce que Miller ressent d’emblée lorsqu’il repense à ses vieux matchs contre son équipe actuelle. Dans ses propos, on décèle plutôt de la gratitude et de la compassion. Gratitude de ne plus avoir à se soumettre à un tel supplice et compassion envers tous ceux qui doivent encore vivre un tel cauchemar.

« C’est beaucoup, beaucoup plus facile maintenant! », s’est exclamé l’arrière de 26 ans quand on lui a demandé, mercredi soir, de comparer ses années dans le clan adverse avec celle qu’il est en train de conclure sous la gouverne de Rod Brind’Amour.

« J’en parle toujours, mais je me souviens très bien de mon premier match en Caroline. Après la première période, je crois qu’on était dominés 15-2 dans la colonne des tirs. Je m’étais peut-être essayé sur une douzaine de sorties de zone et j’en avais réussi une seule. Maintenant que je me retrouve de l’autre côté, ça permet de voir les choses d’une autre perspective. Je ne m’ennuie pas trop de ces matchs contre eux. »

« Nous devons continuer sur cette lancée » Commentaires d’après-match de Shayne Gostisbehere et Sebastian Aho après la victoire des Hurricanes dans le match no 4.

Les joueurs du Canadien risquent de garder un imposant bagage de leçons et d’émotions de cette finale de l’Est dans laquelle ils tirent maintenant de l’arrière 1-3. Mais à moins d’un revirement de situation qu’on se permettra de qualifier d’improbable, la nostalgie n’y aura pas sa place.

Dans un troisième match de suite, le Tricolore a été réduit à l’impuissance devant cette machine de hockey infatigable et parfaitement rodée venue de Raleigh. Ses 18 tirs cadrés ont porté son total à 43 au cours de cette séquence. L’équivalent d’une grosse partie, donc, réparti sur 197 minutes et 35 secondes de jeu à sens unique.

Une telle domination est sans précédent. Jamais, dans l’histoire des séries de la LNH, une équipe n’a été aussi menottée.

En ajoutant le premier match de la série dans le calcul, le Canadien a cadré 65 tirs sur le filet de Frederik Andersen. Seuls les Sharks de San Jose de 1994 ont dirigé moins de tirs dans les quatre premiers matchs d’une 4-de-7.

Dans le vestiaire des visiteurs au Centre Bell, les joueurs des Canes ont été aussi habiles à repousser les compliments qu’ils ne l’avaient été tout au long de la soirée pour protéger leur ligne bleue.

« Je crois que nos défenseurs méritent une bonne tape dans le dos, estimait Logan Stankoven. Ils donnent peu d’espace, ils interceptent beaucoup de jeux avec leurs bâtons et ils se sacrifient pour bloquer des tirs. »

« Nos attaquants font un travail fantastique, a dit Miller pour lui renvoyer la balle. Ils sont étouffants, ils donnent tout ce qu’ils ont pour appliquer une pression constante sur l’adversaire. Ils rendent notre travail facile. »

Une pression constante et structurée qui fonctionne pour la Caroline Nos panelistes décortiquent la manière dont les Hurricanes arrivent à mettre de la pression sur les joueurs du Tricolore.

Comme les Panthers

Comme Miller, Stankoven est relativement nouveau dans l’environnement des Canes. Il est arrivé en Caroline à la fin de la saison dernière dans l’échange qui avait envoyé Mikko Rantanen à Dallas.

Il n’était donc pas là en 2023 quand les Canes avaient été balayés en finale de l’Est par les Panthers de la Floride, mais il a vécu l’élimination en cinq matchs aux dépens des éventuels champions de la Coupe Stanley le printemps dernier. Il identifie cette série comme la plus physique qu’il ait joué dans sa carrière, mais aussi comme l’une des plus enrichissantes.

« Je me souviens de leur calme, de la manière avec laquelle ils parvenaient à nous imposer leur style robuste, de leur capacité à se tenir ensemble en tout temps et de leur constance dans le respect de leurs principes. Je crois que dernièrement, on a été capables de se coller à notre identité pendant 60 minutes. C’est difficile de jouer contre un adversaire qui vous frappe en vagues sans s’arrêter. »

« Je crois qu’on a appris à faire confiance en notre système, à croire qu’il nous suffit de bien l’exécuter pour arriver à nos fins, suggérait Andersen. Ça fait des années qu’on bâtit ça et on voit aujourd’hui où ça peut nous mener. Si on joue bien, on a de très bonnes chances de gagner. »

Après trois sorties presque sans tache, la plus grande menace des Hurricanes ne se retrouvera probablement pas sur le banc voisin vendredi lors du match no 5. Ils sont si près d’atteindre l’objectif qui leur a échappé ces dernières années et la précision avec laquelle ils maîtrisent leur art présentement devrait éloigner toute forme d’inquiétude. Le plus important sera de ne pas franchir la ligne qui les sépare de la complaisance.

« Il n’y a aucune chance que ça arrive, a prédit avec confiance Brind’Amour. On sait comment on doit jouer pour s’occuper de nos affaires. C’est ce qu’on doit apporter au prochain match. On est une équipe confiante, mais pas arrogante. Je vous promets qu’on respecte chaque minute de ces séries. »

Pour les Montréalais, une défaite serait crève-cœur, mais loin d’être dramatique. Ils n’auraient qu’à regarder l’équipe en face d’eux pour saisir l’ampleur des bénéfices qu’ils pourraient en tirer.

« On travaille fort, j’aime notre façon de faire les choses » Commentaires d’après-match de l’entraîneur-chef des Hurricanes Rod Brind’Amour après la victoire des siens dans le match no 4.