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Retraite d’Ovechkin : les réactions pleuvent

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Il y a 21 ans jour pour jour, Alexander Ovechkin disputait le tout premier match de sa carrière dans la LNH.

Sélectionné au tout premier rang du repêchage de 2004 par les Capitals de Washington, le franc-tireur russe doit attendre une saison complète avant de démontrer son savoir-faire en Amérique du Nord. Un conflit de travail annule la saison 2004-2005.

Le 5 octobre 2005, Ovechkin affronte les Blue Jackets de Columbus et inscrit deux buts, les deux premiers de sa carrière. Dainius Zubrus marque le but gagnant et les Caps l’emportent 3 à 2.

Cette performance pave la voie vers l’obtention du trophée Calder remis à la recrue de l’année en 2006, et ce, devant Sidney Crosby.

Depuis, le Great 8 est devenu beaucoup plus qu’un simple jeune russe flamboyant. Maintenant au sommet des buteurs de l’histoire de la LNH avec 929 buts, Ovechkin a remporté la coupe Stanley 2018, mais également le Conn-Smythe en tant que joueur par excellence des séries.

Il a mené Washington à dix titres de division, trois championnats de saison régulière et est élu huit fois sur la première équipe d’étoiles de la LNH.

« Ovi » a mis la main sur trois trophées Hart et prix Ted Lindsay. Il a surtout obtenu neuf fois le trophée Maurice « Rocket » Richard et il a aussi été récipiendaire du trophée Art-Ross en 2008.

Ovechkin a également ajouté l’honneur d’être nommé parmi les 100 meilleurs joueurs de tous les temps de la LNH à l’occasion du centenaire de la LNH en 2017.

Il n’est donc pas surprenant de voir des réactions provenir des quatre coins de la LNH à la suite de l’annonce de sa retraite à la fin de la présente saison.

En voici quelques-unes.

Une rivalité de tous les instants

Impossible de mentionner le nom d’Alexander Ovechkin sans parler de Sidney Crosby, deux talents d’exception repêchés au premier rang qui débutent leur carrière en même temps.

En 2009, les Penguins et les Capitals s’affrontent en séries. Les deux rivaux réussissent chacun un tour du chapeau lors du deuxième match de leur série de deuxième tour. Malgré une victoire des Caps, Pittsburgh remporte la série et met la main sur la coupe Stanley quelques semaines plus tard.

En 2018, les Penguins ont maintenant remporté sept séries consécutives face aux Capitals. Finalement, Washington réussit ce qui semble impossible, soit venir à bout de son adversaire.

Ovechkin obtient une passe sur le but victorieux d’Evgeny Kuznetsov et Washington soulève la coupe Stanley le mois suivant.

« Tu arrives dans la LNH à 18 ans et avant même qu’on se rencontre, on est déjà bâti l’un contre l’autre. Nous étions compétitifs et nous voulions nous prouver, donc ça aurait été difficile d’être si proche l’un de l’autre avec les confrontations en séries et l’histoire qu’il y a entre nous deux », a expliqué celui qui a affronté Ovechkin dans la LNH plus de 100 fois maintenant.

« Au cours des années, j’ai développé une amitié avec lui. J’ai énormément de respect pour lui. Quand tu joues contre quelqu’un pendant si longtemps, que vous êtes comparés et que vous vous voyez assez souvent, je crois que c’est quelque chose qui se construit avec le temps. »

« Nous avons eu de belles batailles au cours des années. À notre âge, la retraite est un sujet auquel tu réfléchis. Tant qu’il est heureux et qu’il est content avec ça, c’est l’important », a-t-il ajouté.

La retraite d’Ovechkin vue par Malkin

Coéquipier d’Ovechkin à plusieurs reprises avec la Russie avant même qu’ils débutent leur parcours dans la LNH, Evgeni Malkin a pu assister à l’épopée de son ami avec lui et contre lui.

« C’est difficile parce qu’il est une légende, les partisans l’aiment. Il a tout fait pour son équipe, pour la ligue. J’espère qu’il pourra bien jouer cette année, sans blessure, qu’il sera en santé, qu’il marquera des buts et qu’il en profitera », a souhaité Malkin qui s’est entretenu avec les médias lundi, bien qu’il ne le fasse normalement jamais après un entraînement.

« Quand il prendra sa retraite, ce sera une journée triste pour tout le monde. Mais il est une légende. C’est toujours plaisant d’affronter Washington et de se mesurer à lui, mais aussi de jouer avec lui. Il est un bon ami. Je lui envoie des ondes positives. J’espère qu’il profitera de cette saison. »

L’impact du no 8 sur les Capitals et la LNH

Entraîneur-chef des Capitals de Washington depuis la saison 2023-2024, Spencer Carbery a récemment pu apprécier Ovechkin différemment au cours des dernières saisons.

Lors des débuts de son capitaine en 2005, Carbery évoluait toujours en tant que joueur au Collège St. Norbert dans la NCAA.

« Il y a de la tristesse, mais je suis également tellement reconnaissant de notre relation et d’avoir pu rejoindre l’organisation des Capitals, d’être l’entraîneur-chef et lui le capitaine », a reconnu Carbery.

« Qu’il m’accueille à bras ouverts, que notre relation grandisse en tant qu’entraîneur et capitaine, qu’on parte à la chasse des records […] Notre relation est incroyable. Le fait qu’il dispute sa dernière saison ne mettra pas un terme à notre relation, l’amour et l’appréciation que j’ai pour lui et sa famille. Je suis sûr que nous allons vivre pleins d’autres moments mémorables même si ce ne sera plus en tant qu’entraîneur et joueur. »

Le pilote des Caps a également profité de son passage devant les micros pour démontrer l’impact que pourra avoir Ovechkin lors de sa dernière campagne.

« Nous n’allons jouer qu’une seule fois à Minneapolis. [Imaginez] un enfant de 12 ans et son père de 45 ans qui décide de l’amener voir Ovechkin jouer. Dans 30 ans, il pourra dire à ses enfants qu’il a vu jouer Ovechkin jouer à Minneapolis à sa dernière saison. Pour Ovechkin, bien qu’il n’aime pas que ce soit à propos de lui et des poignées de main, je crois qu’une partie de lui comprend que les gens veulent lui dire au revoir et veulent le voir pour une dernière fois et à quel point c’est important. »

Sur une note tout aussi personnelle, Tom Wilson a lui aussi discuté avec les médias après l’annonce de la nouvelle.

« C’est difficile et c’est beaucoup à digérer », a d’abord avoué son coéquipier de longue date. « Quand une légende de ce calibre se lève pour parler, c’est important. Il y avait beaucoup d’émotions [lors de son annonce]. Nous allons nous concentrer sur ici et maintenant et nous allons traverser le pont lorsque nous serons rendus à la rivière. »

« Pour plusieurs joueurs qui ont mis le pied dans ce vestiaire, c’est l’un des plus grands honneurs d’avoir pu partager la glace avec une légende comme lui », a souligné le no 43 des Capitals.

« Il sera dans chaque temple de la renommée et il est le meilleur buteur de tous les temps. Pour nous tous, ce fut un privilège et un plaisir de le voir chaque jour. Je me sens chanceux de pouvoir le considérer comme un bon ami. C’est une légende. Il a porté l’organisation et a dirigé le hockey dans la région comme une super vedette pendant 22 saisons. Je ne crois pas que ça va changer aujourd’hui, mais pour la suite des choses il y a aura beaucoup d’émotion, beaucoup de temps pour réfléchir et célébrer. »

« J’ai tellement appris avec lui depuis mon arrivée à Washington. Comment être un bon meneur, être une bonne personne, traiter les gens avec respect », a quant à lui observé Dylan Strome qui a rejoint les Capitals en 2022-2023.

« Tout le monde dans le vestiaire sait que quand tu arrives ici, tu es comme dans une famille. Je crois que c’est grâce à lui. Ce sera une dernière saison émotive […] Ce fut un honneur de jouer avec Ovechkin. »

Des réactions également présentes chez le Tricolore

L’entraîneur des Canadiens de Montréal, Martin St-Louis, a affronté Ovechkin 55 fois en saison, puis 11 autres fois en séries éliminatoires. Si le Russe a l’avantage en saison avec 73 points, dont 37 buts, et 33 victoires, St-Louis a eu le dernier mot lors des éliminatoires en remportant ses deux séries contre les Capitals.

St-Louis avait tout d’abord aidé le Lightning de Tampa Bay à vaincre les Capitals en quatre rencontres au deuxième tour en 2011, alors que la jeune équipe de la capitale américaine tentait toujours de transposer ses excellentes saisons en succès éliminatoires.

Le Québécois portait les couleurs des Rangers de New York dans une série beaucoup plus serrée qui s’est conclue en sept parties au deuxième tour, en 2015. Il disputait alors sa dernière saison dans la LNH.

« J’ai vu cette équipe-là repêcher Ovechkin, bâtir tranquillement et devenir une équipe dangereuse qui est allée chercher sa coupe, s’est souvenu St-Louis, lundi, au terme de la séance d’entraînement de son équipe.

« Tu regardes la carrière qu’il a eue, c’est extraordinaire. Et aussi la manière dont il joue, ce n’était pas juste un marqueur. Il fallait que tu saches où il est sur la glace parce qu’il pouvait faire mal physiquement. Il amenait beaucoup de passion. Mais toutes les grandes carrières ont une fin, et je lui lève mon chapeau », a-t-il ajouté.

Si le dernier match de St-Louis comme attaquant remonte maintenant à plus de 11 ans, les défenseurs du Canadien Lane Hutson et Alexandre Carrier ont également eu à défendre leur territoire face à Ovechkin plus récemment.

Champions en 2018, Ovechkin et sa bande ont d’ailleurs abruptement éliminé le Tricolore en 2025 en cinq rencontres en première ronde, alors que la formation montréalaise vivait sa propre reconstruction.

Les deux joueurs retiendront évidemment les talents de marqueur d’Ovechkin. Ils ont toutefois affirmé que l’aura du capitaine des Capitals va bien au-delà des chiffres.

« Une légende, le meilleur marqueur de l’histoire de la Ligue nationale, a affirmé Carrier. C’est un privilège de jouer contre lui. C’était un privilège d’avoir bloqué des lancers d’Alex Ovechkin. C’était l’une de mes idoles quand j’étais un petit bonhomme. Donc, d’avoir eu la chance de l’affronter, et encore de le faire cette année, c’est un privilège et un honneur. »

Hutson s’est mesuré à quelques reprises à Ovechkin depuis ses débuts dans la LNH. Il est également heureux que son frère Cole, qui évolue avec les Capitals depuis la fin de la dernière campagne, puisse avoir un aperçu de ce que le Russe représente pour sa propre équipe.

« Sa personnalité également, a lancé Hutson, lorsque questionné sur ce dont il se souviendra. C’est tellement amusant de le regarder et de voir l’excellence dont il a fait preuve. C’est cool que mon frère puisse être aux premières loges pour le voir. »