MONTRÉAL - Maveric Lamoureux essuyait les larmes qui tombaient sur ses joues pendant qu’il couvrait la distance qui le séparait des dirigeants des Coyotes de l’Arizona, jeudi. Ceux-ci avaient conclu une transaction avec les Oilers d’Edmonton afin de pouvoir l’accueillir dans la famille avec le 29e choix du repêchage.

« J’avais les jambes qui voulaient lâcher quand j’ai entendu mon nom, a dit le sympathique défenseur des Voltigeurs de Drummondville. Au début je ne le réalisais pas vraiment. Là j’ai compris que c’était moi, tout le monde commençait à crier. C’est là que j’ai réalisé que ça se passait pour vrai. C’est mon rêve d’enfance qui se réalise. »

Le collègue Stéphane Leroux a rapporté qu’en mai dernier, le directeur général des Coyotes Bill Armstrong a fait seul le voyage à Boisbriand pour observer Lamoureux pendant un match de la série qui opposait l’Armada aux Voltigeurs.

Au terme d’une soirée où il avait aussi sélectionné les attaquants Logan Cooley (3e) et Morgan Geekie (11e), Armstrong a donné le crédit de cette découverte à Larry Pleau, un ancien directeur général des Blues de St. Louis qui agit maintenant à titre de conseiller chez les Coyotes.

« Larry est un mentor de longue date. Il a vu Lamoureux et il a l’adoré, a raconté le DG. [Maveric] est un gros joueur, son jeu peut manquer de constance, mais Larry et nos recruteurs du Québec n’arrêtaient pas d’en parler et de nous le pousser. Il a eu des bons résultats au Combine et c’est un gars qui nous intrigue. Mais c’est un projet, il aura besoin d’un peu de temps pour mettre tous les morceaux en place. »

Dans les nombreuses entrevues qu’il a accordées dans les derniers mois, Lamoureux (6 pi 7 po, 199 lbs) s’est comparé au défenseur des Blues de St. Louis Colton Parayko, un mur de 6 pieds 6 pouces qui a été repêché en troisième ronde en 2012. Armstrong, qui était le directeur du recrutement amateur des Blues à l’époque, a lui-même établi le parallèle jeudi.

« C’est un kid intelligent », a-t-il répondu, sourire en coin, quand on lui a fait savoir que son nouvel espoir partageait son avis.

Lamoureux a remporté son pari d’être le premier arrière de la LHJMQ sélectionné en 2022. Tristan Luneau et Noah Warren, des Olympiques de Gatineau, étaient vus comme ceux qui pouvaient potentiellement lui ravir cette distinction, mais ils devront revenir dans les gradins du Centre Bell vendredi afin de connaître leur prochaine destination.

Le repêchage de Lamoureux n’est peut-être pas terminé pour autant. Son bon ami d’enfance, l’attaquant des Wolves de Sudbury David Goyette, est lui aussi toujours disponible après avoir été ignoré au premier tour. « Je ne sais pas c’est quoi les prochaines étapes, mais si je peux c’est sûr que je vais revenir pour l’encourager », planifiait le sympathique gaillard.

Gaucher le premier Québécois

Nathan Gaucher a quant à lui commencé à ressentir les effets de la nervosité vers le milieu de la première ronde. Et plus le tour des Ducks d’Anaheim approchait, plus son cœur battait avec intensité.

Son petit doigt lui disait qu’il pourrait être l’homme de la formation californienne. Il avait eu trois rencontres avec ses dirigeants et « on s’entendait super bien dans les entrevues. Fait que oui, j’étais un peu plus stressé aux choix d’Anaheim », a admis le premier Québécois à entendre son nom dans les haut-parleurs du Centre Bell jeudi.

Gaucher, qui comptait sur un entourage d’une soixantaine de personnes dans les gradins, aura évité les mauvaises surprises. La Centrale de recrutement de la LNH le classait au 16e rang parmi les plus beaux espoirs nord-américains et sa sortie était prévue vers la fin de la première ronde. Son nom est finalement sorti du chapeau au 22e rang.

Le grand rouquin a été applaudi chaleureusement alors qu’il se dirigeait pour serrer la main du commissaire Gary Bettman. « Les partisans qui criaient, qui applaudissaient, tu ne le réalises pas. Tu te dis : ‘Ok c’est pour moi, ces cris-là?’ », revoyait-il, incrédule.

Les Ducks arrivent à la fin d’un cycle de reconstruction dont on devrait bientôt commencer à voir les résultats. Le repêchage 2022 était le quatrième consécutif dans lequel ils possédait un choix dans le top-10.

Gaucher se joint donc à l’un des plus profonds bassins d’espoirs du circuit Bettman. Son nom vient s’ajouter à ceux d’attaquants comme Isac Lundestrom, Trevor Zegras, Jacob Perreault et Mason McTavish. Les Québécois Benoît-Olivier Groulx et Maxime Comtois font aussi partie du projet dont a hérité le nouveau directeur général Pat Verbeek.

« Ils ont beaucoup de joueurs talentueux, de skills, alors je pense que je peux venir compléter ça avec ma force physique, mon style de jeu et mon éthique de travail. Je pense que je vais être un bon ‘fit’ », anticipait le gros joueur de centre des Remparts de Québec, qui a été reconnu comme l’un des meilleurs attaquants défensifs de la LHJMQ la saison dernière.

« Il ont un très bon futur et je trouve ça excitant ‘au boutte’. »

« Je suis extrêmement content »
« Les jambes allaient me lâcher! »