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Rien ne ralentit Patrice Bergeron

Publié le 

Patrice Bergeron

COLLABORATION SPÉCIALE

Dans une ligue qui semble devenir de plus en plus jeune et rapide, les Bruins de Boston n'ont apparemment pas reçu le mémo. Ils n'ont que deux joueurs avec le grand club qui sont présentement sur leur contrat de recrue. Leurs attaquants en particulier sont parmi les plus âgés de la LNH.

Parmi leurs 10 avants les plus utilisés, seuls David Pastrnak (26 ans), Jake DeBrusk (26), et Pavel Zacha (25) ne sont pas dans la trentaine. En fait, la moitié de leur top-6 est le même qui a mené les Bruins à la Coupe Stanley en 2011, alors que David Krejci et Brad Marchand étaient leurs deux meilleurs buteurs et Patrice Bergeron menait la formation pour les points lors de leur parcours en séries.

Et pourtant, les Bruins trônent présentement au sommet de la LNH après un mois d'octobre presque immaculé, avec une seule défaite en neuf matchs. Ils dominent grâce à une défense qui a tenu ses adversaires à deux buts ou moins dans cinq de leurs neuf rencontres. Ils n'accordent que 2,33 buts par match, et cette moyenne est enflée par les sept qu'ils ont alloués aux Sénateurs dans leur unique défaite de la saison. Sans cette performance, leur moyenne chute à seulement 1,75 but accordé, ce qui serait bon pour le premier rang.

Leur défense est supportée par une attaque qui compte plus de 4 buts par match, le tout sans les services de Marchand pour la grande majorité du mois après avoir été opéré aux deux hanches lors de la saison morte. Marchand n'a d'ailleurs pas perdu de temps pour montrer qu'il est de retour à 100%, avec deux buts et trois points dans un gain de 5-1 contre Detroit à son premier match de la saison, rendant une formation dominante encore plus intimidante et difficile à affronter. David Pastrnak est présentement le meilleur pointeur de la ligue avec 17 points, tandis que leur noyau vieillissant de Bergeron, Marchand, et Krejci marquent tous au moins un point par match.

Sur papier, la formation des Bruins est solide, mais elle n'est pas vraiment une des cinq meilleures de la LNH. La différence avec Boston est qu'ils ont une identité forte et bien définie. Et leur capitaine est le joueur parfait pour mener la charge.

Patrice Bergeron ne vieillit pas

Seulement 6 joueurs sont plus vieux que les 37 ans de Patrice Bergeron cette saison, mais le capitaine de Bruins ne montre absolument aucun signe de ralentissement. Défensivement, il a déjà cinq trophées Selke à sa fiche, plus que tout autre joueur dans l'histoire de la LNH. Sa performance cette saison pourrait facilement lui en valoir un 6e et pas seulement par réputation. Il domine encore la LNH dans plusieurs catégories défensives clés et mène la charge d'une excellente défense. Il est notamment premier parmi les attaquants en batailles à 1 contre 1 gagnées avec plus de 5 par match et il mène le circuit Bettman avec 136 mises en jeu remportées.

Tableau Patrice Bergeron Tableau Patrice Bergeron

Bergeron couple ce jeu défensif hors pair avec neuf points en autant de matchs, le tout sans Brad Marchand pour presque la totalité du mois d'octobre. Bergeron évolue aussi principalement sans David Pastrnak à forces égales, alors que ses compagnons de trios les plus utilisés sont Jake DeBrusk (78:19), Pavel Zacha (38:38), et Taylor Hall (31:02). Rien de tout ça ne semble vouloir ralentir le capitaine des Bruins.

Le natif de L'Ancienne-Lorette excelle en échec-avant cette saison, ce qui permet aux Bruins de prolonger leurs présences en zone adverse. Ces attaques prolongées fatiguent les défenseurs adverses et mènent à des chances de marquer en cycle offensif, un autre aspect ou Bergeron se classe parmi les meilleurs de la LNH.

Commencer en force, finir en beauté

Un aspect clé du succès des Bruins est leur jeu en début et en fin de match. Le club est plutôt moyen en deuxième période, avec 14 buts marqués et 11 accordés, mais ils sont presque imbattables en première et en troisième. En fait, ils ont accordé seulement 10 buts lors des premiers et derniers 20 combinés cette saison, soit moins qu'en deuxième période seulement, un fait assez impressionnant.

Boston commence ses matchs en lion, ou devrais-je dire en ours, alors qu'ils ont marqué 11 buts et en ont accordé seulement quatre en première période. Ils ont aussi ouvert le pointage dans sept de leurs neuf rencontres, ce qui leur permet de prendre contrôle du match rapidement et d'imposer leur style de jeu, forçant leurs adversaires à jouer sur les talons.

Les Bruins sont ensuite capables d'étouffer l'opposition en troisième période et d'empêcher toute tentative de remontée, avec 12 buts marqués contre 6 accordés. Avec de telles performances, pas surprenant qu'ils soient toujours parfaits lorsqu'ils marquent le premier but cette saison, avec une fiche de 7-0-0.

Résultat, ils ont un différentiel de plus-13 lors de ces deux périodes combinées. Pour mettre en contexte le niveau de domination que ça représente, Vegas est le seul autre club dans la LNH qui a un différentiel d'au moins plus-13, toutes périodes combinées.

Boston ne peut pas se permettre de ralentir, car de gros tests les attendent en novembre. Ils commencent le mois avec des matchs à l'étranger contre les Penguins, Rangers, et Maple Leafs, avant d'accueillir les Blues et les Flames à domicile. Si Bergeron et compagnie continuent de dominer contre cette compétition, ce noyau vieillissant devra être considéré comme l'un des favoris pour mettre la main sur la Coupe Stanley.