COLLABORATION SPÉCIALE
Après plusieurs saisons difficiles à San Jose où les blessures l'ont limité à un maximum de 56 matchs depuis 2018-2019, Erik Karlsson semble finalement être de retour à 100 %. Il se classe présentement 2e dans la LNH avec 10 buts et 4e en points avec 18, un rythme absolument ridicule de 63 buts et 113 points.
Évidemment, il serait extrêmement surprenant de le voir atteindre ces plateaux, mais il est bon de le voir de retour au sommet de sa forme. Il était l'un des défenseurs les plus électrisants lors de son temps avec les Sénateurs d'Ottawa.

Feu à volonté
Karlsson décoche évidemment une tonne de tirs à chaque match, mais il a deux armes de prédilection qui sont responsables pour ses buts cette saison. Tout d'abord, il excelle à trouver la cible au travers de la circulation dense devant le filet, en particulier après une mise en jeu. Il longe la ligne bleue et attend de voir une ligne de tir s'ouvrir. Dès que l'opportunité se présente, il décoche et réussit à éviter les nombreux corps entre lui et le gardien pour toucher la cible.
Deuxièmement, Karlsson aime s'avancer dans le territoire offensif et défier les gardiens de près. Le jeu agressif fera toujours partie de son arsenal et il l'a démontré particulièrement en prolongation cette saison, notamment avec un magnifique but en échappée dans une victoire contre les Maple Leafs de Toronto. C'est un des quatre buts qu'il a marqués de l'enclave cette saison. Rasmus Dahlin est le seul à la position qui a fait mieux cette saison avec cinq.
Son taux de réussite de 26,3 % (10 buts sur 38 tirs) est évidemment très élevé, surtout pour un défenseur, mais Karlsson à d'excellentes chances de s'approcher de son sommet en carrière de 21 buts s'il demeure en santé. Après tout, il n'a maintenant besoin que de 11 buts en 69 rencontres, quelque chose qu'il est amplement capable de faire s'il demeure en santé.
Une machine à revirements? Oui... mais pas vraiment
Tout au long de sa carrière, Karlsson a eu la réputation d'être un joueur qui commet énormément de revirements. Bien que cette réputation a un fond de vérité, dire qu'il est négligent avec la rondelle est injuste envers lui.
Chez Sportlogiq, nous utilisons une définition plus large que celle de la LNH pour les revirements. Pour nous, un revirement inclut tout jeu raté par un joueur qui donne possession à l'équipe adverse, que ce soit une passe ratée, un joueur qui se fait harponner le disque, une perte de contrôle de la rondelle, un dégagement raté, etc. À ce chapitre, Karlsson mène tous les défenseurs avec 115. Bon, je sais que ça ne lui fait pas de faveurs, mais laissez-moi une chance de m'expliquer.
Oui, Karlsson comment beaucoup de revirements, mais c'est aussi le cas de la plupart des meilleurs défenseurs offensifs de la LNH. Parmi les 10 défenseurs avec le plus de revirements, on retrouve Drew Doughty (3e), Adam Fox (4e), et Cale Makar (7e) derrière le défenseur des Sharks. Qu'est-ce qu'on ces trois joueurs et Karlsson en commun? Ils ont tous un trophée Norris à leur nom. Ils commettent autant de revirements, car ils manipulent la rondelle extrêmement régulièrement et jouent un rôle clé dans l'offensive de leurs clubs respectifs.

Karlsson tente une tonne de passes, de sorties de zone, et il est un de seulement trois joueurs à avoir eu la rondelle sur son bâton pour au moins 30 minutes cette saison. Un total de revirement brut très élevé est le prix à payer pour cette charge de travail offensive.
Si on se penche plutôt sur son taux de revirement, soit le nombre de jeux ratés versus le nombre de jeux réussis, Karlsson comment un revirement sur moins de 12 % de ses actions avec le disque, 26e dans la LNH. Relativement parlant, il se classe parmi les défenseurs les plus sécuritaires avec la rondelle.
Un défenseur en nom seulement
Par contre, s'il y a un aspect de son jeu que je ne peux pas encenser, c'est sa performance défensive. Pour estimer l'impact défensif, le différentiel de buts attendus est une excellente statistique à observer.
Les buts attendus donnent une valeur à chaque tir basé sur la qualité de la chance obtenue, selon sa location sur la glace et les jeux qui ont mené à cette chance. Par exemple, un tir non-voilé de la ligne bleue générera peu de buts attendus, tandis qu'une passe transversale dans l'enclave menant à un tir sur réception en générera beaucoup plus.
Ensuite, le différentiel prend en compte tous les buts attendus obtenus et accordés lorsque le joueur est sur la glace et estime quel pourcentage des chances sont en faveur du joueur et de son équipe. Cinquante pour cent est moyen, en dessous veux dire que le club accorde plus d'opportunités qu'ils en créent, et au-dessus de 50 % veut dire qu'ils ont généralement l'avantage sur leurs adversaires.
Le différentiel est essentiellement la même chose que le plus et mois, mais qui prend en considération tous les tirs et pas seulement les buts, ce qui nous donne un plus gros échantillon et donc est plus représentatif.
À forces égales, malgré le fait qu'il génère énormément d'offensive et commence la grande majorité de ses présences en zone offensive, Karlsson se retrouve à peine dans le positif, à 50,2 %. Il se classe au dernier rang chez les défenseurs des Sharks pour les jeux défensifs dans son territoire, soit une combinaison de passes bloquées, rondelles harponnées, tirs bloqués, et mises en échec qui forcent une rondelle libre, malgré le fait qu'il joue plus de 24 minutes par match. Il est également le pire Shark en entrée repoussée, alors que les joueurs qui tente d'entrer la zone de San Jose de son côté ont un taux de succès de pluie de 60 %.
Karlsson est un défenseur offensif pur et dur, pour le meilleur et pour le pire.






