LES PRÉDICTIONS DE NOS EXPERTS
MONTRÉAL – Auston Matthews, Mitch Marner, William Nylander, John Tavares et Morgan Rielly ont renforcé leur réputation ô combien négative en s'écrasant une fois encore dans un match ultime en séries éliminatoires.
Pour perdre sept fois de suite un septième match de séries, il faut presque faire exprès… ou tout simplement ne pas avoir l'étoffe nécessaire pour se lever dans ces grandes occasions. Être victime d'un manque de caractère susceptible d'expliquer cette statistique moribonde.
Tout cela est vrai. Et c'est pour cette raison que le temps est certainement venu d'effectuer un grand ménage dans le vestiaire des Leafs. De laisser partir du talent qui coûte très cher en millions de dollars et en déception en séries pour le remplacer par du caractère.
Mais ce qui est tout aussi vrai, c'est que les joueurs des Maple Leafs, surtout les leaders, malgré tous les reproches qu'ils méritent, ont perdu contre des Panthers menés par de meilleurs leaders. Contre les Panthers qui forment une meilleure équipe de hockey. Une équipe qui a su prendre les choses en main lors du septième match alors que les Leafs ont laissé ce match leur glisser entre les doigts sans rien faire pour le retenir.
Des Panthers qui peuvent maintenant atteindre la grande finale pour une troisième année consécutive et soulever la coupe Stanley deux années de suite.
Ce n'est pas rien.
Hurricanes – Panthers
Pour réaliser l'exploit d'atteindre la grande finale trois années de suite – le Lightning de Tampa Bay est la seule autre formation à avoir réussi ce grand coup depuis 1984-1985 – les Panthers devront battre les Hurricanes de la Caroline.
Plus facile à écrire qu'à faire.
En battant Alex Ovechkin et les Capitals de Washington en deuxième ronde, les Hurricanes ont remis à l'ordre tous ceux et celles qui les avaient éliminés trop vite.
Je fais d'ailleurs partie du groupe.
Et le pire dans tout ça, c'est que je suis un inconditionnel de Rod Brind'Amour que je considère depuis des années comme l'un des trois à cinq meilleurs entraîneurs-chefs de la LNH. Je suis tout aussi élogieux à l'endroit des « Canes » quand vient le temps de louanger leur efficacité sur la patinoire. Leur manière de jouer en équipe. De gagner en équipe.
Les Hurricanes sont trop souvent regardés de haut par les amateurs et les journalistes autour de la LNH. Ils sont aussi regardés de haut par des joueurs vedettes qui refusent de s'établir dans ce petit marché.
Mikko Rantanan en a fait la preuve en y faisant une courte escale de 13 matchs (2 buts, 4 points) cet hiver avant d'obtenir la transaction et le gros contrat qu'il recherchait en passant des Canes aux Stars de Dallas avec qui il rayonne depuis le début des séries.
Mitch Marner a aussi levé le nez sur les Hurricanes en refusant une transaction qui l'aurait fait passer de Toronto à Raleigh. Peut-être croyait-il avoir de meilleures chances d'aller loin en séries avec les Leafs qu'avec les Canes. Maintenant que l'histoire a confirmé qu'il s'était royalement trompé, il sera intéressant de voir s'il pourrait joindre les rangs des « Canes » à titre de joueur autonome le premier juillet prochain.
Regardés de haut, de trop haut, les Hurricanes se contentent de bien jouer au hockey et de gagner.
Et ils gagneront quelques matchs aux dépens des Panthers.
Frederik Andersen est au sommet de son art devant la cage des Hurricanes. Ses sept victoires en neuf matchs disputés et surtout sa moyenne de 1,36 but alloué par match et son efficacité de 93,7 % le confirment avec éloquence.
Il est bien protégé par une défensive hermétique et par une équipe qui sait faire passer la défensive en premier tout en s'assurant de marquer les buts nécessaires pour gagner.
Est-ce que ce sera assez pour gagner quatre fois et passer en grande finale pour la deuxième fois de l'histoire de la franchise? Depuis que Rod Brind'Amour, alors capitaine des « Canes », a brandi la coupe Stanley à bout de bras au terme d'une victoire aux dépens des Oilers d'Edmonton?
Je ne crois pas.
Car aussi bons et aussi équilibrés soient les Hurricanes, les Panthers le sont tout autant. Peut-être plus.
Les acquisitions de Seth Jones et Brad Marchand auréolent davantage le directeur général Bill Zito. Jones et Marchand donnent aux Panthers des résultats qui dépassent largement ce qu'on était en droit de s'attendre au moment de leur acquisition.
Ils complètent à merveille des joueurs qui étaient déjà très bons et qui le sont encore plus maintenant qu'ils sont mieux appuyés.
Paul Maurice demeure un grand stratège qui a son équipe bien en main. Un club expérimenté difficile à déstabiliser. Les Panthers l'ont d'ailleurs démontré en revenant de l'arrière dans la série face aux Leafs alors qu'ils avaient perdu les deux premières rencontres et tiraient de l'arrière 3-1 dans la troisième partie.
Je crois les Hurricanes capables de gagner deux ou trois fois aux dépens des Panthers. Mais je considère les Panthers trop forts pour échapper une éventuelle septième partie.
Prédiction : Floride en 7
Stars – Oilers
Les Stars et les Oilers ont rendez-vous pour une deuxième année de suite en finale de l'Ouest.
Comme j'ai déjà choisi les Stars pour gagner la coupe, il va de soi que je les sélectionne pour prendre leur revanche aux dépens des Oilers.
Mais ce sera plus difficile que je l'anticipais.
Les Oilers m'ont impressionné face aux Golden Knights. En fait, ce sont les joueurs de soutien qui m'ont le plus impressionné. Trop souvent les Oilers ont été l'affaire de Connor MacDavid et Leon Draisaitl. Bon! Le monstre à deux têtes devra toujours s'imposer pour maximiser les chances de victoire des Oilers. Mais si les joueurs de soutien arrivent à contribuer en prime, ça pourrait contribuer à prolonger la finale de l'Ouest.
Surtout que les Stars, aussi bons soient-ils, n'ont rien cassé pour battre les Jets en deuxième ronde.
Mikko Rantanen domine les marqueurs de la LNH depuis le début des séries avec ses neuf buts et 19 points récoltés en 13 matchs jusqu'ici.
C'est très bien!
Mais les Stars n'ont marqué que 34 buts en 13 matchs. Pis encore, 12 de ces 34 buts sont venus lors d'attaques massives.
Ce qui explique en partie pourquoi trois joueurs seulement affichent des différentiels positifs : Rantanen, Mikael Granlund et le défenseur de soutien Lian Bichsel affichent des différentiels de plus 1. Quatre sont à zéro. Les 14 autres joueurs utilisés sont dans le rouge. Dont Wyatt Johnston et Matt Duchene qui affichent des moins-13 et moins-9.
Les Oilers sont bien plus efficaces à ce chapitre. Non seulement ils ont marqué neuf buts de plus (43), mais seulement six l'ont été lors de supériorités numériques.
Ça veut dire que si les Oilers s'améliorent en attaque massive, ça pourrait grandement compliquer le travail des Stars.
Mais bon.
Les Stars sont en santé. Ça aidera alors que les Oilers attendent toujours le retour de Mattias Ekholm.
Tout comme les performances de Jake Oettinger – 2,47 buts alloués par match et efficacité de 91,9 % – attisent plus la confiance que celles de Stuart Skinner. Cela dit, Skinner, qui est capable du meilleur comme du pire, vient de signer deux jeux blancs consécutifs. S'il se contente d'être bon devant la cage des Oilers, s'il ne fait pas de cadeaux aux Stars qui n'en ont pas vraiment besoin, les Oilers auront une chance d'aller croiser les Panthers en grande finale pour une deuxième année de suite.
Mais je crois que les Stars sauront hausser leur niveau de jeu pour minimiser l'impact du monstre à deux têtes tout en offrant plus d'opposition aux trios de soutien que les Knights l'ont fait en deuxième ronde.
Et Jake Oettinger sera sans l'ombre d'un doute bien plus solide devant la cage des Stars qu'Adin Hill l'a été devant celle des Knights en deuxième ronde. Ce qui compliquera encore plus la quête des Oilers.
Mais on aura une grande finale. Du moins, je le crois.
Prédiction : Dallas en 7
Après avoir frappé seulement pour ,500 en première ronde avec quatre bonnes prédictions sur les huit proposées, je me suis contenté du même résultat en deuxième ronde. Je suis donc six en douze jusqu'ici. Pas de quoi pavaner j'en conviens.
Mais cette parité qui rend les prédictions si difficiles à confirmer rend les séries si intéressantes qu'il est facile de composer avec des résultats mitigés.
Bonnes finales avant la grande finale.




