MONTRÉAL — La Victoire de Montréal a atteint pour la première fois de son histoire la finale de la Coupe Walter en éliminant les doubles championnes en titre du Frost du Minnesota, mardi. Plus que de mettre la main sur un premier titre, les joueuses de la Victoire veulent gagner pour celles qui occupent son vestiaire.
«Un peu comme l'an dernier, on sait que c'est la dernière fois qu'on va jouer avec cette équipe-là, qu'il y aura beaucoup de changements», a noté la gardienne Ann-Renée Desbiens, qui sait bien ce qui risque d'arriver dans les prochaines semaines, en visioconférence mercredi.
La LPHF vient d'annoncer mercredi deux nouvelles équipes, à Hamilton et Las Vegas, qui rejoindront Detroit pour le début de la saison 2026-27. Une 12e équipe pourrait bien rejoindre les rangs du circuit féminin dans les prochains jours. Avant la présente saison, la ligue avait ajouté deux nouvelles équipes et les clubs existants s'en sont trouvés profondément transformés.
Desbiens sait très bien que la prochaine édition de la Victoire aura un visage bien différent.
«On a un excellent groupe de joueuses, un vestiaire incroyable, a souligné la gardienne. On essaie de jouer les unes pour les autres; d'aller chercher les arrêts clés, les buts clés, de bloquer des lancers pour la fille assise à tes côtés.»
Elle admet que l'expansion n'est pas un sujet de discussion dans le vestiaire de la Victoire, même si le sujet meuble l'actualité de la ligue.
«On se concentre sur le travail qu'on a à faire (en finale)», a-t-elle noté.
Et ce travail, c'est à compter de jeudi, à la Place Bell, contre la Charge d'Ottawa que la Victoire devra l'abattre.
Même si la Victoire a battu la Charge trois fois en quatre rencontres cette saison et récolté 10 points sur les 12 à l'enjeu entre les deux clubs, elle sait que de mettre la main sur une première coupe Walter ne sera pas aisé.
«Ottawa nous a donné de très bons matchs tout au long de la saison, a rappelé l'entraîneuse-chef Kori Cheverie. Elles n'arrêtent jamais, elles jouent de façon physique, elles sont rapides en contre-attaque. Leur jeu est très agressif. Nous avons appris beaucoup à leur contact et on pense en savoir suffisamment sur elles pour savoir comment les vaincre.
«Nous devrons cependant puiser jusqu'au bout de nos ressources, a-t-elle ajouté. Je suis certaine que ce sera une série serrée. Je crois que les deux équipes, même si elles ont eu des séries très différentes au premier tour, ont connu l'adversité tout au long de la campagne et ont réussi à passer au travers. Ça démontre beaucoup de caractère.»
Desbiens a fait la même lecture que son entraîneuse de la Charge.
«C'est une équipe très agressive, il sera important pour nous de gagner nos bagarres à un contre un. Si on fait preuve de la même résilience que nous avons démontrée (au premier tour), je pense qu'on est bien placées.»
Si la Victoire compte sur Desbiens devant le filet, la Charge compte de son côté sur Gwyneth Philips, joueuse par excellence des dernières séries et l'une des meilleures du circuit. Il s'agit là d'un autre obstacle à surmonter.
«Je ne mentirai pas: on dirait que dans cette ligue, chaque match est un duel de gardiennes, a lancé Desbiens. (...) Gwyneth a très bien fait pour Ottawa. Il faudra faire ce qu'on tente de faire contre chaque gardienne: mettre du trafic devant le filet, prendre les rebonds, tenter de faire dévier des tirs. La recette ne change pas avec la gardienne; elle reste la même.»
Les deux premiers matchs de la série au meilleur de cinq rencontres auront lieu à Laval, jeudi 19 heures et samedi 14 heures.
Frédéric Daigle, La Presse Canadienne







