Passer au contenu principal

RÉSULTATS

Une compétition interne relevée, un heureux problème pour Kori Cheverie

Publié
Mise à jour

LAVAL – Gabrielle David n'en menait pas large samedi dernier. Après avoir passé quatre saisons à l'Université Clarkson, elle attendait avec impatience de prendre part au premier match à domicile de l'équipe montréalaise de la Ligue professionnelle de hockey féminin. Son enthousiasme en a pris pour son rhume quand on lui a annoncé que son nom serait rayé de la formation.

Marie-Philip Poulin est l'une de celles qui l'a aidée à surmonter sa déception. « Elle m'a dit de garder mon beau sourire », a partagé David en jetant un regard complice à sa capitaine tard mardi soir à la Place Bell.

Quelques heures plus tôt, David avait souligné son retour au jeu en inscrivant le premier but des Montréalaises dans une victoire de 3-2 contre l'équipe de New York. Sa vitesse et son agressivité en poursuite de la rondelle lui avait permis d'être idéalement positionnée pour recevoir une passe payante de Jillian Dempsey près de l'enclave.

« C'est sûr que c'était triste pour moi [d'être laissée de côté], mais après ça il fallait que je passe à autre chose et que je pense à l'équipe. Donc j'ai joué pour le logo en avant du chandail », a commenté David.

« C'est le genre de réponse que l'on souhaite voir de nos joueuses, a félicité l'entraîneuse-chef Kori Cheverie. Gab est une excellente joueuse et j'étais heureuse de la voir marquer ce soir. Elle aurait pu prendre une autre direction, mais elle a choisi d'afficher de l'intensité et de la hargne. Je suis toujours contente de voir une joueuse réagir ainsi. »

Cheverie a de quoi se réjouir. Au sein de la troupe montréalaise, David n'est que la dernière en lice à avoir saisi sa chance après s'être fait lancer une balle courbe.

Catherine Dubois a été retranchée au terme du camp d'entraînement et a dû se résigner à accepter un contrat de réserviste. Quand les blessures d'Ann-Sophie Bettez et Laura Stacey ont forcé son rappel, elle a fait en sorte que sa présence ne puisse passer sous silence. En combinant sa vitesse à son imposant gabarit, elle s'est donnée des airs de rouleau-compresseur. Elle a mérité du temps au sein de l'avantage numérique, a marqué un but et a été utilisée dans des missions importantes en fin de matchs. C'est justement la qualité de son jeu qui a incité Cheverie à mettre David dans les gradins le temps d'une partie.

Leah Lum pourrait aussi être incluse dans cette conversation. Invitée au camp d'entraînement en tant qu'attaquante, la joueuse de 27 ans a mis sa polyvalence au service du collectif quand des défenseuses sont tombées au combat. Elle n'est jamais sortie de l'alignement depuis et a elle aussi marqué son premier but de la campagne mardi.

Inévitablement, des décisions difficiles allaient devoir être prises et des cœurs allaient être brisés dans la création d'une ligue qui comptent seulement six équipes. Jusqu'à maintenant, la saine compétition qui s'est installée à l'interne chez la formation montréalaise semble avoir rehaussé le niveau du groupe.  

« C'est ça qu'on veut, a dit Poulin. On a créé cette ligue professionnelle en sachant que ce n'est malheureusement pas tout le monde qui va jouer. Chaque pratique démontre que c'est très important, il faut que tu sois là, que tu sois prête à faire ce qu'il faut sur la glace. Quand les filles sont laissées de côté et qu'elles reviennent le lendemain prêtes à step up, ça en dit beaucoup sur les personnes qu'elles sont. Ça fait juste me dire qu'elles sont prêtes à mettre l'équipe en avant de leurs intérêts personnels. »

« C'est l'environnement qu'on a voulu créer dans nos séances d'entraînement à Verdun, renchérit Cheverie. Tout le monde aura sa chance, suffit de savoir quand. On voit la place que prend le jeu physique dans cette ligue, on voit l'importance des joueuses de réserve. Cath Dubois a reçu l'appel et son impact a été immédiat. Des joueuses ont choisi de rester à Montréal avec un contrat de réserviste, de se présenter au boulot à chaque jour et de mettre leur compétitivité au service de l'équipe. Clairement, leurs efforts ont rapporté des dividendes quand leur tour est venu. »

Quelle suite pour Dubois?

Montréal a maintenant une décision à prendre concernant Catherine Dubois. En tant que joueuse de réserve, l'ancienne des Carabins de l'Université de Montréal ne peut jouer que si elle signe l'un des deux contrats de dix jours que son équipe peut lui décerner en cours de saison. La première de ces cartouches est maintenant écoulée.  

« Le règlement ne nous permet pas beaucoup de flexibilité avec les joueuses de réserve, a convenu Cheverie. Ça serait bien de simplement pouvoir compter sur 25 ou 26 joueuses à temps plein que l'on pourrait utiliser à notre guise. Je crois que la ligue continue de se pencher sur la question. Nous avons été la première équipe à utiliser une joueuse de réserve, mais avec la robustesse qu'on observe dans le jeu, il y en aura sans doute de plus en plus. »

La convention collective de la LPHF permet à une équipe de résilier, en cours de saison, le contrat d'une joueuse embauchée pour un an et de l'accorder à quelqu'un d'autre. En théorie, la directrice générale Danièle Sauvageau aurait donc le pouvoir de libérer une membre de l'effectif qu'elle a construit pour faire une place permanente à Dubois.

Est-ce un sacrifice que la DG pourrait envisager? On l'ignore, mais à la lumière de ce qu'elle a démontré durant sa plus récente audition, on voit mal comment Montréal pourrait se passer des atouts de l'imposante et dynamique attaquante.

Catherine Dubois semble taillée sur mesure pour le style de jeu de la LPHF. Quelle est donc la suite pour elle?

« Je n'en suis pas certaine, s'est exclamée Cheverie avec le rire d'une femme qui a un heureux problème sur les bras. C'est une conversation que je devrai avoir avec Danièle. Son impact a été très positif, c'est ce qu'on voulait voir. On verra pour la suite. »

Montréal compte sur deux autres joueuses de réserve, soit les attaquantes Mélodie Daoust et Alexandra Poznikoff.