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Un vote de confiance avec un astérisque

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La douleur est encore vive chez la Victoire Catherine Savoie revient sur le bilan de fin de saison de la Victoire de Montréal, après une élimination très décevante contre la Charge d'Ottawa.

MONTRÉAL – Danièle Sauvageau a réitéré sa confiance envers son entraîneuse lors du bilan de fin de saison de la Victoire de Montréal. « Kori Cheverie est ici pour rester », a claironné la directrice générale quatre jours après l'élimination de son équipe au premier tour des séries éliminatoires de la LPHF.

« Recommencer et balayer d'un coup de la main tout ce qui a été fait au cours d'une saison, ça serait un manque de respect, ça serait un manque de reconnaissance et un moment de panique. Et on ne paniquera pas », a-t-elle ajouté plus tard dans l'exercice.

Le vote de confiance venait quand même avec un astérisque.

L'année dernière, après une sortie précoce contre Boston, il a vite été établi que les déconvenues de l'équipe retombaient sur la construction de l'effectif. La brigade défensive était trop mince et le groupe d'attaquantes avait besoin de profondeur. Dans l'entre-saison, Sauvageau a utilisé le repêchage pour ajouter deux défenseuses à son top-4 et deux ailières pour ses trois premiers trios.

« Chacun de nos choix, à l'exception du dernier, a joué dans la Ligue cette année », a souligné la DG en revenant sur un encan dont elle s'est dit « très fière ».

Le recrutement de l'état-major a permis de mettre sur la glace une équipe qui a terminé la saison régulière tout en haut du tableau. Mais en séries, celle-ci n'a pu faire honneur à son statut de favorite.

Cette fois, la composition du vestiaire semble avoir été évacuée de l'exercice d'introspection. À plusieurs reprises, mardi, Sauvageau a mentionné que la Victoire avait été vaincue par une équipe « bien préparée ». Elle n'a pas dit « mieux préparée », mais le sous-entendu n'était pas difficile à déchiffrer.

Cheverie, qui était assise à la droite de sa patronne pendant le bilan, semblait être celle vers qui le proverbial doigt était poliment pointé.

« Elles étaient bien préparées parce qu'elles ont été capables de mieux s'adapter à notre équipe, a dit Sauvageau au sujet des joueuses de la Charge d'Ottawa. Elles ont été capables de garder un certain momentum qu'elles avaient gagné en fin de saison. »

« On s'est retrouvés avec cinq points d'avance [au classement final], mais est-ce que notre équipe était bien préparée? Je croyais que oui. En même temps, il nous manque un petit quelque chose. On va devoir le trouver, ce petit quelque chose, parce que visiblement ça nous a manqué. »

Aux yeux de Sauvageau, la Charge « semblait plus rapide que nous sur la patinoire ». Elle a aussi nommé l'évidence : ses joueuses ont manqué de réussite près du filet adverse. À l'aube de la finale, Gwyneth Philips montre une moyenne de buts alloués de 1,14 et un taux d'efficacité de ,956.

« Offensivement, je pense qu'on se doit de marquer des buts. Ann-Renée Desbiens a fait des arrêts. Défensivement, oui on a donné des lancers, des chances de marquer, mais quand on regarde les statistiques, on a aussi eu ces chances-là sur lesquelles on n'a pas capitalisé. On ne peut pas arriver à dire que c'est une joueuse plus qu'une autre, mais on peut regarder comment l'entraînement se fait. Est-ce qu'il y a des choses à peaufiner? Est-ce qu'au niveau du hors glace, on doit regarder certaines situations? »

« On se doit de regarder comment ça se fait que ce vent-là ne semble pas tourner pour nous. Il faut se regarder dans le miroir et ne pas dire ‘bon, c'est le sport'. Il faut regarder ce qu'on peut faire par rapport à ça. »

« En tant qu'organisation, nous tentons de trouver des solutions ensemble en impliquant le staff et les joueuses, a commenté Cheverie. Présentement, je crois qu'il est un peu trop tôt pour plonger dans les détails stratégiques. J'ai mon idée sur certains points, mais je vais laisser les émotions se replacer avant de me projeter dans l'avenir. »

Plus tard, Sauvageau a ajouté : « Notre modèle fonctionne. Mais devrons-nous améliorer certaines choses à la lumière de ce qu'on a appris dans les séries? Fort probablement. »

Poulin et la fenêtre

La réflexion de Sauvageau ne pourra être que philosophique. La version papier de son équipe a beau lui avoir donné satisfaction cette année, tout sera à refaire cet été. Les règles de l'expansion dévoilées lundi par la LPHF amputeront assurément les six équipes originales d'une partie de leur noyau. Montréal, par exemple, risque de perdre deux joueuses parmi ses deux premiers choix de l'année dernière (Cayla Barnes et Jennifer Gardiner) et la défenseuse de l'année en 2024 (Erin Ambrose).

Dans ce contexte, le parcours éliminatoire raté de ce printemps est encore plus difficile à digérer. Le noyau dur de la Victoire, composé de Marie-Philip Poulin, Laura Stacey et Desbiens, est encore hyper performant, mais il est aussi vieillissant.

À 34 ans, Poulin peut encore clairement transporter une équipe sur ses épaules. Mais chaque année qui passe la rapproche de la fin de sa grandiose carrière. Les larmes qui coulaient sur ses joues après l'élimination à Ottawa pouvaient en être un douloureux rappel.

Il apparaît crucial, pour Sauvageau et son équipe de gestion, d'entourer adéquatement sa super vedette avant que ses bras meurtris ne tendent le flambeau.

« Cette année, les joueuses qui ont connu le meilleur succès, ce sont nos vétéranes qui continuent de jouer du meilleur hockey année après année. Oui elles vieillissent, mais en même temps le fait d'être sur la glace à tous les jours, ce qu'elles n'ont jamais eu dans leur carrière, je crois qu'elle va continuer à progresser avant de stabiliser », s'encourage la DG.

« C'est une ligue à court terme de toute façon. On le voit cette année, on est fiers du repêchage qu'on a eu l'année dernière. On va perdre des joueuses que nous avons recrutées et développées, pour le bien de la ligue, mais on va continuer de construire non seulement autour [de Marie-Philip Poulin], mais autour du noyau que nous aurons après le repêchage de l'expansion. »