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Une grosse année d’adaptation pour Emmy Fecteau

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« Après avoir fini deux fois dernières, ça prenait du changement » Dans le cadre de l'école de hockey de Caroline Ouellette et Marie-Philip Poulin, l'attaquante des Sirens de New York, Emmy Fecteau, s'entretient avec Raphael Guillemette et Nicolas Landry.

MONTRÉAL – Prenez n'importe quelle intersection de Manhattan, un matin de semaine, et vous y dénombrerez probablement plus d'êtres humains que n'en contiennent les 130 kilomètres carrés qui englobent le village de Saint-Odilon-de-Cranbourne.

Il y a tout un monde qui sépare la nouvelle vie professionnelle d'Emmy Fecteau de sa vie personnelle, encore bien ancrée dans sa Beauce natale.

Après avoir traversé les hauts et les bas d'une première saison chez les pros, la jeune joueuse des Sirens de New York n'a pas trop eu le temps de souffler. Elle a fait du remplacement durant la fin de l'année scolaire – elle est diplômée en enseignement – et a participé à quelques camps de hockey. Mais elle s'est permis d'aller passer un mois complet en campagne, parmi les siens.

Ça ne serait pas vraiment des vacances sans un retour à Saint-Odilon.

« Je suis vraiment proche de ma famille, racontait l'athlète de 26 ans cette semaine avant de sauter sur la glace au camp de perfectionnement organisé par Caroline Ouellette et Marie-Philip Poulin. Ce sont mes supporteurs numéro un. Mes grands-parents, c'est nos voisins. J'allais prendre un café avec ma grand-mère chaque jour dans le dernier mois. J'ai vu mes sœurs – une d'elles a des bébés, ça grandit vite. C'est pour ça que j'aime retourner en Beauce. »

La transition de Fecteau vers les grands centres s'était amorcée il y a plusieurs années déjà. Elle a terminé son adolescence en représentant les Titans du Cégep Limoilou, à Québec, et a ensuite déménagé à Montréal pour s'enrôler avec les Stingers de l'Université Concordia.

Aller gagner sa vie dans la région de New York représentait un saut d'une tout autre ampleur, mais Fecteau s'y est lancée avec le sourire qui est sa marque de commerce. Son atterrissage a été facilité par l'encadrement de ses compatriotes. Jade Downie-Landry, de Saint-Jean-sur-Richelieu, était sa colocataire. Élizabeth Giguère, de Québec, l'a aussi prise sous son aile.

Mais le choc n'a pas été que géographique, démographique.

Fecteau avait été gâtée durant son passage à Concordia. Son équipe a atteint la finale du championnat canadien à ses trois dernières saisons et a triomphé à deux reprises. En 2024, elle a connu une saison régulière parfaite – comme dans zéro défaite – avant d'être couronnée à l'échelle nationale.

À New York, ça n'a pas été aussi rose. L'équipe qu'elle a rejointe avait terminé dans la cave du classement l'année précédente et elle y est restée, par une marge considérable, pendant sa saison recrue. Les Sirens ont surtout été coulées par une séquence de neuf défaites consécutives entre le 31 janvier et le 5 mars.

« J'arrivais d'un environnement où c'est vraiment l'équipe en premier. Caro [Ouellette] et Julie [Chiu] nous apprennent de super bonnes valeurs. On arrive au niveau professionnel, c'est différent quand même! Mais j'ai essayé de rester positive, d'amener ce que j'avais appris à Concordia, d'accepter mon rôle et de faire du mieux que je pouvais. »

Le grand ménage

Le directeur général Pascal Daoust a pris les grands moyens durant l'été pour tenter de secouer la guigne qui s'acharne sur son équipe.

Il a frappé deux grands coups en échangeant l'internationale canadienne Ella Shelton à Toronto et la polarisante Abby Roque à Montréal. Les transactions lui ont donné deux cartouches supplémentaires au repêchage et une vétérane réputée pour son éthique de travail en Kristin O'Neill. Il a aussi décidé d'exposer, entre autre, la prolifique attaquante Alex Carpenter dans processus d'expansion. Elle est maintenant membre de l'équipe de Seattle.

Au total, il ne reste que cinq joueuses de l'édition originale de l'équipe qui joue ses parties locales à Newark, dans le New Jersey.

« Je pense que ça va être vraiment bon pour nous, prévoit Fecteau. On avait besoin de changement. Je pense que ça va faire un vraiment bon vent de changement, de jeunesse. Sur l'esprit d'équipe aussi, je crois que celles qui restent vont montrer aux jeunes qu'on veut être une belle équipe, qu'on veut être unies. »

La réponse de Fecteau laisse traîner des indices qui donnent de la crédibilité aux informations qui circulent à propos de la « culture » négative qui s'était installée dans le vestiaire des Sirens. Les rumeurs de dissension dans la Grosse Pomme flottent dans l'air depuis les balbutiements de la LPHF. Fecteau ne nie rien lorsqu'on aborde le sujet.

« Je crois que des fois, quand ça fait deux ans que tu finis au dernier rang, c'est dur pour certaines personnes de s'habituer à ça, de perdre, d'accepter leur rôle, des choses comme ça. Si tu rentres des nouvelles personnes et que ça commence bien, sur du nouveau, et que tu apprends des bonnes valeurs, je pense que ça peut bien repartir. »