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Mondial junior : quoi suivre, qui surveiller?

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EDMONTON – Une édition atypique du Championnat du monde de hockey junior prendra son envol mardi. Voici quelques éléments sur lesquels vous voudrez garder un œil au cours de cette mouture estivale du tournoi, qui sera présentée en intégralité sur les ondes de RDS.

Ne le cherchez pas

En partant, petite entorse à notre prémisse. Avant de penser aux joueurs à surveiller, aussi bien vous épargner un peu de temps et vous avertir que certains de vos favoris n'y seront pas. Plusieurs patineurs qui avaient fait le voyage à Edmonton en décembre ont cette fois décidé de passer leur tour afin de se préparer pour la prochaine saison. D'autres n'ont pas reçu la permission de l'équipe professionnelle qui détient leurs droits.

L'équipe canadienne sera particulièrement touchée par cette réalité. Les deux piliers de sa défensive, Owen Power et Kaiden Guhle, seront absents. À l'attaque, Xavier Bourgault, Mavrik Bourque, Dylan Guenther, Jake Neighbours, Cole Perfetti, Justin Sourdif et Shane Wright ont cédé leur place.

Les Américains ont perdu un gros morceau à chaque position : l'attaquant Matthew Beniers, le défenseur Jake Sanderson et le gardien Drew Commesso ont fait d'autres plans pour le mois d'août.

Les trois pépites slovaques repêchées au premier tour le mois dernier à Montréal font aussi l'impasse : Juraj Slafkovsky, Simon Nemec et Filip Mesar ont tous refusé de prendre leur mulligan cet été. La Suède sera quant à elle privée de l'attaquant William Eklund tandis que les Autrichiens devront faire sans Marco Kasper et Vinzenz Rohrer.

Finalement, si vous êtes tentés de mettre un petit deux sur la Russie, retenez-vous. Les détenteurs de la quatrième place lors de la dernière édition complète du tournoi en 2021 ont été évincés de la compétition en guise de représailles pour l'assaut militaire lancé par le président de leur pays sur l'Ukraine.

Bedard sur le radar

Celui-là, vous n'aurez pas besoin de le chercher. Il devrait crever votre écran durant la majorité de ses présences sur la patinoire.

Il peut paraître déraisonnable d'entretenir des attentes aussi élevées envers un joueur qui vient tout juste de fêter ses 17 ans, mais Connor Bedard a couru après. Cet hiver, celui qui est considéré comme le plus bel espoir en vue du repêchage 2023 de la LNH a d'abord hérité du rôle de 13e attaquant d'ÉCJ. Quand le tournoi a subitement pris fin, il était le nouveau codétenteur d'un record d'équipe et on prononçait son nom et celui de Wayne Gretzky dans la même phrase.

Son match de quatre buts contre l'Autriche est encore frais en mémoire. Bedard, qui a amassé 51 buts et 100 points en 62 matchs la saison dernière avec les Pats de Regina, sera le joueur sur qui tous les projecteurs seront braqués à partir de cette semaine.

La LHJMQ bien représentée

Le remaniement de l'effectif canadien aura ouvert la porte à une belle cohorte de représentants de la LHJMQ au sein de cette ÉCJ 2.0. Membres de l'édition originale de l'équipe, le défenseur Lukas Cormier et l'attaquant Elliot Desnoyers seront maintenant rejoints par Joshua Roy et William Dufour, respectivement les meilleurs pointeur et buteur de la « Q » l'an dernier, en plus de Nathan Gaucher et Riley Kidney.

Ceux qui suivent les activités de la LHJMQ reconnaîtront d'autres noms au sein des différentes formations inscrites à la compétition. Ils sont Matej Kaslic et Oleksij Myklucha (Slovaquie), Jan Bednar, David Spacek et Ivan Ivan (République tchèque), Attilio Biasca, Noah Patenaude et Vincent Despont (Suisse), Senna Peeters (Autriche) ainsi que Niks Fenenko et Anri Ravinskis (Lettonie).

Notons aussi la participation du Québécois Thomas Bordeleau avec la formation américaine.

Intérêt montréalais

Outre Roy et Kidney, trois autres espoirs du Canadien seront en action sur la patinoire du Rogers Place au cours de la prochaine quinzaine.

Le plus ancien du groupe est le Tchèque Jan Mysak, choix de deuxième ronde du club en 2020. Celui qui devrait amorcer la prochaine saison avec les Bulldogs de Hamilton en sera à sa troisième présence au tournoi.

Les Finlandais Oliver Kapanen et Petteri Nurmi seront les deux autres propriétés du Tricolore à surveiller. Kapanen est un joueur de centre choisi en deuxième ronde en 2021 tandis que Nurmi est un défenseur qui a été sélectionné avec un choix de septième ronde cet été. Dans les deux matchs préparatoires de son équipe, Nurmi a complété un duo avec Topi Niemela, qui avait été élu meilleur défenseur du tournoi l'an dernier.

Blake Biondi, Lane Hutson et Luke Tuch ont participé au camp de sélection de l'équipe américaine, mais ont été retranchés. Leur compatriote Ty Smilanic, présent en décembre, n'y sera pas cette fois.

Encore sur leur nuage

Huit joueurs repêchés en première ronde le mois dernier au Centre Bell reprendront le collier pour cet important rendez-vous international.

Logan Cooley, que les Coyotes de l'Arizona ont préféré à Shane Wright au troisième rang, a percé la formation américaine. Frank Nazar, que les Blackhawks de Chicago ont acquis au 13e rang avec le choix reçu du Canadien en retour de Kirby Dach, a été dans la course jusqu'à la fin mais a finalement été retranché par l'entraîneur Nate Leaman.

David Jiricek (6e, Columbus) et Jiri Kulich (28e, Buffalo) ont percé la formation tchèque tandis que Joakim Kemell (17e, Nashville) et Brad Lambert (30e, Winnipeg) ont gagné la confiance des entraîneurs finlandais.

La Suède a trouvé une place pour l'explosif Jonathan Lekkermimaki, repêché par les Canucks de Vancouver au 15e échelon. Le forfait de William Eklund a aussi créé une ouverture pour Liam Ohgren (19e, Minnesota).

Gaucher, l'élu des Ducks d'Anaheim au 22e rang, complète le groupe.

Regard sur 2023

Ce Mondial junior sera aussi l'occasion de se familiariser avec quelques espoirs qui seront admissibles au repêchage de 2023.

Derrière le Canadien Bedard, le plus beau joyau de ce groupe est le Slovaque Dalibor Dvorsky, un joueur de centre de 6 pieds 1 pouce et 190 livres. Dvorsky a amassé 40 points en 33 matchs l'an dernier avec l'équipe junior du club suédois AIK en plus de prendre part à 17 matchs avec les hommes en deuxième division suédoise.

Il y aura d'ailleurs de la grille au pied carré dans la formation slovaque, qui comptera sur trois autres joueurs de moins de 18 ans dans ses rangs. Il s'agit du défenseur Maxim Strbak et des attaquants Martin Misiak et Samuel Honzek.

L'Américain Charlie Stramel, un centre de 6 pieds 3 pouces enregistré à 216 livres, sera aussi à surveiller. Craig Button et Athlétique le placent tous les deux dans leur top-10 en vue de l'encan 2023.

Les Lettons (Rainers Rullers, Peteris Bullans) et les Autrichiens (Ian Scherzer, David Reinbacher) auront chacun deux joueurs au protecteur facial complet.

L'année de la Suède?

La Suède est en quête de sa première médaille d'or depuis 2012. Pourrait-elle reconquérir la plus haute marche du podium dix ans après son dernier sacre? L'édition 2022 du Tre Kronor est bourrée de talent, avec à son bord six choix de première ronde et six autres de deuxième ronde. Mais la réponse à cette question pourrait ultimement reposer entre les mains du gardien Jesper Wallstedt.

Le gardien d'avenir du Wild du Minnesota sera considéré comme le meilleur portier en ville à Edmonton. À 19 ans, le géant de 6 pieds 3 pouces vient de produire une superbe saison en Ligue élite suédoise. Il a affiché une moyenne de buts alloués de 1,98 et un taux d'efficacité de ,918 avec Lulea HF.

Sa plus grande compétition pour le titre de gardien par excellence du tournoi devrait venir du Canada. L'Unifolié compte sur un solide tandem d'hommes masqués avec la présence de Sebastian Cossa et Dylan Garand.

Les nuages gris de la controverse

La première fois que tout ce beau monde était en ville, c'est la menace de la COVID-19 qui planait au-dessus de la compétition et qui en a finalement eu raison. Pour la reprise, ce sont les nuages gris de la controverse qui flottent au-dessus d'Edmonton.

Au moment où l'une de ses sélections phares s'apprête à partir en mission, Hockey Canada est dans la bouse jusqu'au cou. Jeudi, la fédération annonçait qu'une révision de son système de gouvernance s'amorçait sous la supervision d'un ancien juge de la Cour suprême. Deux jours plus tard, Michael Brind'Amour démissionnait de son poste de président du conseil d'administration.

L'organisation opère dans le tumulte depuis que le journaliste Rick Westhead a révélé en mai dernier qu'elle avait camouflé une histoire de viol collectif datant de 2018. Son président, Scott Smith, est sur un siège éjectable. De nouveaux dominos tomberont-ils dans cette affaire au cours des deux prochaines semaines? On serait surpris que ça ne soit pas le cas.