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Koivu est honnête sur sa saison peu productive

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Aatos Koivu

MINNEAPOLIS – Aatos Koivu est le premier à l’admettre, il ne connaît pas une saison éclatante dans la Liiga, mais il avait tout de même une raison légitime d’être fort souriant au Championnat mondial junior.

Difficile de trouver un hockeyeur européen qui était aussi impatient de jouer dans cette compétition internationale. Pourquoi, voici deux raisons qui sautent aux yeux :

-Son père Saku a adoré cette expérience avec la Finlande en 1993 et 1994 en récoltant un total de 18 points en 14 matchs.

-Son oncle Mikko a fait encore mieux au niveau collectif en savourant l’argent en 2001 et bronze en 2002.

Mais la raison la plus importante demeure qu’il a été terrassé par une mononucléose l’an dernier ce qui l’a privé d’être sélectionné par son pays.

Désormais âgé de 19 ans, il s’agissait de sa dernière chance de vivre les grandes émotions du traditionnel rendez-vous des Fêtes. Vendredi, il a enfin goûté à ce privilège alors qu’il a amassé un but dans un gain facile de 6-2 contre le Danemark.

« C’était merveilleux, j’ai attendu ce match depuis si longtemps ! Toute ma vie, en fait. J’ai commencé à regarder ces tournois quand j’étais tout petit. C’était vraiment spécial pour moi d’enfin jouer dans cette compétition et d’enfiler ce chandail », a confié Koivu à la sortie de ce match qu’il n’oubliera pas de sitôt.

Avec sa récolte timide au sein du TPS Turku – on y arrive bientôt – Koivu espère utiliser ce tournoi pour rehausser son niveau de confiance. En affrontant des joueurs de son âge, il s’attend à s’imposer.

Koivu ne peut pas en dire autant après 30 matchs dans le meilleur circuit professionnel finlandais. Il n’a amassé que deux buts et cinq aides. Loin de cacher la vérité, le droitier a été très honnête en dressant un bilan.

« Ce fut éprouvant depuis le début de la saison, mais positif en même temps. Je dirais que je traverse des hauts et des bas. J’ai connu de bons matchs et d’autres sur lesquels je dois travailler. Mais ça se passe mieux que la saison dernière, on peut dire ça », a-t-il exprimé avec humilité.

Pour avoir un portrait juste, on avait demandé l’avis d’un recruteur finlandais d’une équipe de la LNH et voici ses principales observations :

- Il a eu de la difficulté à se trouver un rôle dans la formation

- Son patin, ses habiletés et son lancer représentent ses forces, mais il doit trouver des façons de les utiliser plus souvent. Il a démontré quelques séquences intéressantes, mais il ne contribue pas d’une manière constante.

- Il devra aider son équipe sans la rondelle, car il ne produit pas assez offensivement.

- Aatos n’est pas assez costaud pour jouer dans sur le troisième ou le quatrième trio.

En le repêchant en troisième ronde, le Canadien savait que Koivu avait beaucoup de chemin à parcourir s’il veut atteindre la LNH éventuellement.

Mais, à 19 ans, avec sa charpente trop frêle de 181 livres à six pieds et un pouce, les résultats tardent face à une opposition plus aguerrie.

« Ce n’est pas facile de jouer contre des hommes, ils sont plus forts, plus grands et plus expérimentés aussi. Pour un jeune joueur comme moi, ce n’est pas facile. Je veux progresser, je donne tout ce que je peux et je suis confiant d’avancer chaque jour », a-t-il exposé.

D’autant plus que la Liiga est reconnue pour son style plus défensif.

« Ça ne ressemble assurément pas au hockey junior canadien ou la NCAA. La défense est la priorité pour plusieurs équipes. C’est difficile de conserver la rondelle et de créer de l’attaque. Je sais que je peux y arriver, mais ce n’est pas évident », a ciblé Koivu.

Depuis le début de la saison, Koivu a été presque toujours utilisé comme ailier. Il a eu besoin de temps pour s’adapter, mais il croit que ça aidera son arsenal.

Une autre adaptation, quelque peu différente, a été d’apprendre à évoluer pour son oncle Mikko qui agit, cette saison, à titre d’entraîneur adjoint.

« Au départ, je n’étais pas habitué. Quand on est à l’aréna, il est mon entraîneur et je suis son joueur si on peut le dire ainsi. Quand on se voit dans une occasion familiale, il est mon oncle et on ne parle pas de hockey. Je trouve que les deux, on gère bien le tout », a soutenu le volubile jeune homme.

En ayant joué plus d’une décennie avec le Wild, Mikko Koivu a refilé quelques restaurants incontournables du Minnesota à son neveu. Quant à son paternel, il arrivera samedi dans cette région où le hockey est fort populaire.

L’an dernier, la Finlande avait mérité la médaille d’argent et Aatos Koivu ne pourrait pas imaginer un meilleur scénario que de rafler l’or ce qui serait une première dans sa famille.