LAVAL – Pascal Vincent ne peut se permettre d’être égoïste.
S’il a été placé à la barre du Rocket de Laval, ce n’est pas pour gagner avant tout. C’est pour développer la relève du Canadien.
Quelques espoirs perceront le grand club, d’autres non, et certains s’épanouiront peut-être dans une autre organisation.
Quand William Trudeau a été soumis au ballottage le 30 octobre dernier dans le but d’être cédé dans la Ligue américaine par le Tricolore, l’entraîneur-chef du Rocket n’a pas immédiatement tenu pour acquis que le défenseur serait à sa disposition dès le lendemain à l’entraînement.
Le renfort était attendu, oui, mais il était tout sauf garanti.
Un club de la LNH en manque de profondeur à la ligne bleue aurait très bien pu sauter sur l’occasion, estimait-il à ce moment. Et Vincent n’aurait alors pu que se réjouir de voir son jeune protégé obtenir sa chance dans la LNH.
Mais le trou au sein de sa brigade défensive aurait été difficile à boucher, anticipait-il.
Heureusement pour le Rocket, l’équipe a échappé aux travaux de colmatage. Trudeau n’a pas été réclamé. Après une opération à un muscle pectoral le printemps dernier et une longue rééducation qui a prolongé son séjour avec le Canadien cet automne, Trudeau a enfin pu lancer sa campagne chez le Rocket.
L’impact de son retour a été immédiat. Littéralement.
À sa première présence de la saison sur la patinoire, le 1er novembre face aux Americans de Rochester, l’arrière gaucher récoltait une mention d’aide sur un but de Laurent Dauphin.
1er tir! 1er but!
— Rocket de Laval (@RocketLaval) November 1, 2025
1 shot! 1st goal! https://t.co/6FllRSxmer pic.twitter.com/Rt7TICYWvb
« C’était la première fois de ma carrière que j’étais tenu à l’écart pendant une aussi longue période à cause d’une blessure. Je ne savais pas comment j’allais me sentir ou réagir », analysait récemment le choix de 4e tour du Canadien en 2021 (113e).
« Je me suis surpris dans les premiers matchs, je pensais avoir plus de difficultés que ça, mais finalement ç’a super bien été. »
Trudeau a depuis joué un total de 17 matchs, montrant une fiche de 3 buts et 6 passes, de même qu’un différentiel de plus-8. Au-delà de sa production – la troisième meilleure chez les défenseurs du club derrière Adam Engström (16 points en 20 matchs) et David Reinbacher (10 points en 18 matchs) – Trudeau s’impose dans l’ombre comme une force stabilisatrice au sein de la brigade depuis son retour.
« Ça me fait un peu penser à quand Alexandre Carrier est arrivé chez le Canadien l’année passée et comment ç’a stabilisé un paquet de choses pour eux. Trudeau, c’est un peu ça pour nous autres », expose Vincent.
Car malgré son jeune âge, Trudeau est un joueur d’expérience. À 23 ans, le patineur originaire de Varennes en est déjà à sa quatrième campagne dans la LAH et a 215 matchs dans le circuit au compteur.
« C’est un joueur dont on ne parle pas souvent, mais il a de grandes qualités, signale son coach. Depuis l’an passé, sa game défensive s’améliore beaucoup. C’est un gars qui peut être physique, qui n’a pas peur d’aller dans le trafic devant le filet pour s’assurer que le goaler voit la rondelle. Et il a aussi des mains, il est capable de faire des jeux. »
William Trudeau quickly responds for the Rocket, and he's pumped. His first of the year, with assists to Clurman and Beck. pic.twitter.com/rmqccxyWLp
— Marc Dumont (@MarcPDumont) November 20, 2025
Des atouts qui valent leur pesant d’or, particulièrement en ce moment, alors que le Rocket doit se débrouiller sans deux membres réguliers de son top-6 défensif, soit Engström récemment rappelé par le CH, et Marc Del Gaizo, blessé vendredi dernier à la suite d’un coup sournois de Michael Pezzetta.
« Je me sens de mieux en mieux sur la patinoire, confie Trudeau. Je garde ça simple et j’essaie de ne pas me compliquer la vie. Je trouve que je recommence à voir ma game des années passées. »
Si bien qu’il s’approche plus de la LNH qu’il ne s’en éloigne. Engström et Reinbacher le devancent certes dans la hiérarchie des meilleurs espoirs à la position, mais Trudeau n’est pas en reste pour autant, lui qui a signé cet été une prolongation de contrat d’une saison à deux volets.
« C’est sûr que moi aussi, j’aimerais ça avoir ma chance. Mais je vais continuer à jouer ma game. »
« Je pense qu’il y a une possibilité qu’on le voit dans la Ligue nationale à un moment donné, avance de son côté Vincent. Je ne sais pas quand, ni avec qui, mais présentement il se donne une chance d’être vu par quelqu’un. Il met les chances de son côté, ça c’est sûr. »






