LAVAL – Au hockey, une minorité d’espoirs traversent les étapes dans l’ordre et le délai attendu. Pour les autres, finit par arriver un temps où les plus jeunes poussent derrière et où les occasions à saisir devant, et/ou la capacité à y parvenir, sont floues.
Joshua Roy pourrait bien être rendu à cette intersection dans l’organisation du Canadien.
Avec la conclusion récente de la saison du Rocket de Laval s’est refermé le contrat d’entrée de Roy dans la Ligue nationale. Le choix de cinquième ronde en 2021 pourrait devenir joueur autonome avec compensation le 1er juillet. Pour conserver ses droits, le Canadien devra lui soumettre une offre qualificative après le repêchage, fin juin. S’il ne le faisait pas, le Beauceron deviendrait, à 22 ans, libre comme l’air.
Lors du bilan de fin de saison du Rocket, lundi, Roy s’est clairement exprimé comme un gars capable d’envisager son avenir ailleurs qu’à Montréal.
« Mon but, ce que je veux, c’est d’entrer dans la LNH l’année prochaine. Ça peut être n’importe où. Je veux juste travailler fort et le reste, ce ne sont pas des choses que je contrôle vraiment. C’est juste d’avoir un bon été d’entraînement et d’arriver prêt l’année prochaine, peu importe ça va être où. »
À la lecture de la trajectoire de Roy depuis la fin de son parcours junior, il est de plus en plus difficile de lui prédire un brillant avenir en bleu-blanc-rouge. À sa première saison chez les professionnels, l’ancien des Sea Dogs de Saint John et du Phoenix de Sherbrooke avait joué 23 matchs dans la Ligue nationale. L’année suivante, sa contribution avec le grand club a été réduite de moitié. Cette saison, après avoir été victime des premières coupes au camp d’entraînement, il n’a joué que trois matchs « en haut », franchissant le cap des 10 minutes de temps d’utilisation à une seule reprise.
Depuis qu’il est dans la grande famille du CH, Roy a vu Oliver Kapanen, Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov passer de l’estrade du repêchage à un rôle régulier dans la LNH. L’équipe a aussi fait l’acquisition de joueurs comme Zachary Bolduc, Alexandre Texier et Joe Veleno, notamment, pour combler des postes pour lesquels il aurait pu être considéré.
Et parmi ceux qui, comme lui, attendent leur tour, rien ne donne l’impression que Roy est en avant de la file. À court terme, ses coéquipiers Owen Beck, qui a rejoint le Canadien lundi comme joueur de réserve, et Vinzenz Rohrer semblent davantage dans les plans des patrons. Dans un horizon plus lointain, la progression de Michael Hage et Alexander Zharovsky promettent de lui mettre d’autres bâtons dans les roues.
Les choses peuvent changer rapidement dans le monde du hockey professionnel. Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera pas nécessairement demain. Mais considérant toutes ces données, Roy apparaît présentement loin de son profit à Montréal.
« La beauté de Josh, il a tellement de talent, je ne pense pas qu’il a atteint son plateau encore, estime Pascal Vincent, qui l’a dirigé à Laval ces deux dernières années. S’il y a un joueur qui a été efficace dans les séries, c’est Josh. Il a joué du bon hockey. Je ne te parle pas nécessairement d’avec la rondelle, mais ses replis défensifs... J’ai vu des aspects de lui de façon plus constante que je n’avais pas nécessairement vu de façon constante durant les deux dernières saisons. »
« Il est encore jeune, a rappelé Vincent, et il y en a pour qui ça prend un peu plus de temps à se développer ou à se trouver une niche. Dans son cas, je pense qu’il est encore à la recherche de ça. »
« Je suis 100% d’accord avec ça, a répondu Roy lorsqu’on lui a relayé les propos de son entraîneur. Tu regardes chacune des équipes dans la Ligue nationale, tu as des gars qui défendent bien et tu as des gars qui sont plus offensifs. Je pense que c’est vraiment de trouver ton rôle. J’ai tout le temps été un joueur offensif, alors c’est sûr que si je suis capable de me tailler un poste dans un rôle offensif, ça serait ça mon objectif. Mais si c’est un rôle plus défensif, je pense que j’ai prouvé cette année que je pouvais rentrer dans cette chaise-là. C’est juste à moi d’être plus complet pour pouvoir jouer dans toutes les situations. »
Roy réalise qu’il est encore loin d’un produit fini et qu’il a « encore beaucoup à améliorer ».
« Et ça, ça m’appartient et c’est quelque chose que je veux travailler. Ça commence avec un gros été d’entraînement pour m’assurer d’arriver prêt l’an prochain. »
Arriver où? Nul ne le sait, mais Roy ne rejette aucun scénario.





